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Alors qu'il faudrait redoubler d'efforts pour relancer l'activité du pays, François Hollande adopte une attitude défaitiste.
Alors qu'il faudrait redoubler d'efforts pour relancer l'activité du pays, François Hollande adopte une attitude défaitiste.
©Reuters

Editorial

Pourquoi François Hollande a déjà démissionné

Alors qu'il faudrait redoubler d'efforts pour relancer l'activité du pays, François Hollande adopte une attitude défaitiste face aux réalités qui témoigne d'un refus de se battre.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Avis de gros temps pour l’économie française. La croissance reste un thème de discours, mais reste de plus en plus insaisissable. Une sorte de rupture est apparue depuis l’automne comme si le pays s’acheminait lentement mais sûrement vers un début de récession. Certes, la consommation résiste encore et les grandes entreprises tournées vers l’international et dont la production est largement délocalisée, tirent leur épingle du jeu. Mais pour l’ensemble du tissu économique, la situation est de plus en plus difficile, comme en témoigne l’ampleur des destructions d’emplois depuis le quatrième trimestre de l’an dernier. 100 000 postes de travail ont ainsi disparu en 2012 et le mouvement se poursuit avec des prévisions pessimistes de l’Insee puisque le premier semestre 2013 pourrait enregistrer 75 000 pertes d’emploi supplémentaires, qui pourraient conduire le chômage à dépasser cette année la barre des 11%. Les carnets de commandes restent désespérément plats, tant le pessimisme est grand au sein des entreprises, surtout les petites qui restent l’arme au pied, 7% d’entre elles seulement envisageant de recruter du personnel dans les mois à venir.

Alors qu’il faudrait redoubler d’efforts en mobilisant les énergies pour relancer l’activité du pays, c’est le moment où François Hollande opère une reculade. Il saisit la balle au bond que lui offre la Commission européenne qui n’hésite pas aujourd’hui à prévoir que le déficit des finances publiques pourrait atteindre 3,7% cette année, loin de l’objectif des 3% sur lequel le gouvernement s’était arcbouté pendant des mois. Au lieu de critiquer les chiffres émanant de Bruxelles et de tenter de leur apporter un démenti, le gouvernement en fait la nouvelle référence. Une attitude défaitiste face aux réalités et qui témoigne d’un refus de se battre pour remonter le courant, alors que de nouvelles dépenses continuent sournoisement d’apparaître malgré des coups de rabots souvent plus médiatiques que réels. Par ailleurs, la morosité de la conjoncture pèse sur les rentrées fiscales, qui se révèlent déjà inférieures aux prévisions malgré les hausses d’impôts annoncées. D’ici la fin de l’année, le manque à gagner pour le budget pourrait se chiffrer à quelques dizaines de milliards supplémentaires. De sorte que le déficit global pourrait flirter avec les 4% du PIB. Avec les risques qui ne manqueraient  pas de s’ensuivre sur son financement et une hausse inévitable des taux d’intérêt.

Pour l’instant, la France bénéficie de l’indulgence trompeuse d’une Europe divisée, incapable de proposer des remèdes efficaces et où règne le chacun pour soi. C’est dire que les réformes indispensables seront une fois de plus repoussées aux calendes grecques, car le laxisme ambiant encourage tous les groupes de pression qui profitent d’avantages particuliers à durcir leurs positions pour maintenir le statu quo actuel. Et ce n’est pas la menace de gouverner par ordonnance, au demeurant tout de suite désamorcée, qui permettra à un président dévalorisé par sa chute dans les sondages de s’attaquer au bunker si protégé de la dépense publique.

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