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Pour éviter des pénuries, l'humanité devra-t-elle se tourner vers une alimentation quasi végétarienne ?
Pour éviter des pénuries, l'humanité devra-t-elle se tourner vers une alimentation quasi végétarienne ?
©Reuters

Régime

Pour sauver le monde, les hommes doivent-ils devenir végétariens ?

Des scientifiques estiment que l’homme devra radicalement changer ses habitudes alimentaires pour préserver les ressources en eau qui s’amenuisent sous la pression démographique qui ne cesse d’augmenter.

Que vous le vouliez ou non, vous pourriez bien devenir végétarien prochainement. Régulièrement les experts et les organisations s’alarment du manque à venir de ressources alimentaires dans le monde. Des analystes IRD Dexia Asset Management ont par exemple expliqué dans le rapport « Pénurie alimentaire : tendances, défis et solutions » que d’ici 2050, les besoins alimentaires de la population mondiale estimée à 9 milliards de personnes seront 100% supérieurs à ce que nous produisons actuellement. Et il faudra bien faire quelque chose pour pallier ces demandes de nourritures. Le végétarisme pourrait alors être la solution. C’est en tout cas ce qu’affirment dans un rapport les scientifiques du Stockholm international water institute (SIWI).

Selon eux, la population mondiale devra se tourner vers une alimentation quasi végétarienne d’ici 2050 pour éviter des pénuries que le journal anglais The Guardian qualifie de catastrophiques. Les chercheurs expliquent la pénurie de ressources à venir, et plus particulièrement celle de produits carnés par la raréfaction de l’eau. Par ailleurs, l’eau économisée par ce nouveau régime permettrait bien évidemment de produire plus dans un monde aux climats de plus en plus hostiles aux récoltes.

L’élevage demande une quantité d’eau considérable. « 70% de l’eau mondiale est utilisée par l’agriculture, et cela ne cessera d’augmenter avec les deux milliards d’humains de plus d’ici à 2050 », estiment les scientifiques dans leur rapport, qui préconisent donc que la part d’aliments carnés consommés actuellement par les hommes – d’environ 20% par repas – soient baissée à 5%. Un régime à base d’aliments issus des animaux utilise en effet selon l’étude dix fois plus d’eau qu’un régime végétarien.

Ce n’est pas la première fois que la question est soulevée. Déjà en 2008, John Anthony Allan, professeur au King’s College de Londres, et surtout lauréat du prestigieux Stockholm Water Prize, pressait la population mondiale de se tourner vers le végétarisme en raison de l’énorme gâchis d’eau lié à l’élevage.

Ces  cris d’alarme ont été entendus. Le directeur général de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Jose Graziano Da Silva, a en effet déclaré lundi à la Semaine internationale de l’eau (World Water Week) à Stockholm qu’ « il ne peut y avoir de sécurité alimentaire sans sécurité de l’eau ».

Les hausses des prix des matières premières agricoles en raison de la sécheresse en Amérique du Nord indiquent bien comme eau et alimentation sont liées. Un troisième élément s’ajoute à l’équation : l’énergie. Les scientifiques rappellent en effet que la demande en énergie, qui peut faire appel aux ressources en eau notamment lorsqu’il s’agit de produire de l’électricité grâce à la force hydraulique, devrait augmenter de 60% d’ici à 2040. L’eau est donc au centre de tous les débats.

Si Anders Jägerskog, éditeur du rapport, assure que « nous aurons besoin d’une nouvelle recette pour nourrir le monde dans le futur », et plutôt une recette végétarienne, d’autres pistes sont évoquées. Limiter le gâchis, mais aussi augmenter le commerce, les échanges entre les pays en surplus alimentaire, et les autres, en déficit sont notamment cités dans le rapport. Sinon, il y a toujours la nourriture artificielle, évoquée par plusieurs scientifiques comme une possibilité de sauver le monde de la pénurie alimentaire.

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