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Pour Chirac comme pour Sarkozy :
Juppé, le meilleur d'entre eux
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Coulisses d'un remaniement obligé

Pour Chirac comme pour Sarkozy : Juppé, le meilleur d'entre eux

Comment remplacer une Michèle Alliot-Marie, devenue un boulet pour Nicolas Sarkozy, sans déséquilibrer "son" gouvernement ? Yves Derai révèle les coulisses du remaniement.

Yves Derai

Yves Derai

Yves Derai est éditorialiste à Atlantico. Chaque semaine, il écarte les lourds rideaux de velours des palais de la République pour nous en révéler les secrets.

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Un seul être vous manque, dit-on, et tout est dépeuplé. Comment Nicolas Sarkozy a-t-il pu gouverner la France pendant trois ans sans celui que Jacques Chirac avait un jour surnommé « le meilleur d’entre nous » ?

En novembre dernier, la nomination d’Alain Juppé au ministère de la Défense avait été présentée comme l’événement marquant du remaniement. Hier soir, rebelote. Succédant à Michelle Alliot-Marie au ministère des Affaires étrangères, Alain Juppé est à nouveau le gros coup de Nicolas Sarkozy, qui lui confie un poste stratégique dans cette période de mutation démocratique que traversent plusieurs pays arabes. Le nommer recelait pourtant quelques inconvénients dont ont débattu samedi soir à la Lanterne Nicolas Sarkozy, François Fillon et Claude Guéant notamment.

Déserter après trois mois d’exercice le ministère de la Défense pouvait donner le sentiment aux militaires qu’ils ne comptent pas dans la réflexion sarkozyenne. « C’est la réalité, confie le collaborateur d’un ministre proche du dossier. Nicolas Sarkozy a toujours préféré les flics aux soldats. Pour lui, ces derniers sont aux ordres, point barre. » Ils héritent donc de Gérard Longuet, le grand oublié de novembre 2010, point barre…

Autre difficulté potentielle, celle causée par Alain Juppé lui-même, refusant d’avoir dans les pattes le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, et sa fameuse diplomatie parallèle en Afrique. Qu’à cela ne tienne, le Président a décidé de promouvoir Guéant en lui proposant le ministère de l’Intérieur, quitte à sacrifier son ami de trente ans, Brice Hortefeux. Il serait nommé quant à lui conseiller spécial à l’Elysée.

« On va faire de la politique ensemble, tu vas voir » lui a dit Nicolas Sarkozy pour le consoler. Si cette nomination se confirmait, Brice Hortefeux redeviendrait donc ce collaborateur de Nicolas Sarkozy qu’il fut très longtemps, ce qui, dans la nouvelle organisation présidentielle, n’est pas anodin. Car l’homme qui assure l'intérim en l'absence d'un secrétaire général de l’Elysée, Xavier Musca, est un économiste brillant, mais il n’a jamais été un politique et n’a pas l’ambition de le devenir. Hortefeux pourrait donc, s’il se prend au jeu, s’imposer comme le véritable remplaçant de Claude Guéant.

Y avait-il une alternative à Juppé pour succéder à MAM ? Il s’est beaucoup dit que le ministre de l’Agriculture Bruno Lemaire a été envisagé. En réalité, c’est surtout Lemaire lui-même qui a fait le forcing pour s’installer au quai d’Orsay. Diplomate de formation, ancien bras droit de Dominique de Villepin au ministère des Affaires étrangères entre 2002 et 2005, cet énarque lettré et trilingue semblait crédible.

Tentant le tout pour le tout, il aurait même appelé Alain Juppé la semaine dernière pour le tester sur ses intentions. Un coup de fil qui, semble-t-il, a agacé l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac plus qu’il ne l’a dissuadé.

Reste « l’affaire Villepin ». L’on a pu lire ces derniers jours que lors de leur tête-à-tête d’1h40 le jeudi 24 février, Nicolas Sarkozy aurait tenté de recruter le président de République solidaire. En réalité, selon un proche de Dominique de Villepin, il n’en a rien été. En revanche, Nicolas Sarkozy se serait largement inspiré de son entretien avec celui qui reste la cible de l’Elysée dans le procès Clearstream pour nourrir son discours de dimanche soir. L’idée, entre autres, d’un Conseil européen exceptionnel consacré au monde arabe lui aurait été soufflée par Villepin.

De toute évidence, Nicolas Sarkozy ne reculera devant aucun compromis sur la route de son second mandat.

 

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