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Politiques et électorat, qui se ressemble s'assemble ?
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Political Marketing

Politiques et électorat, qui se ressemble s'assemble ?

Arnaud Montebourg, l'avocat, le candidat socialiste saupoudré d'une pincée de noblesse et auquel l'on ajoutait volontiers une particule, a créé la surprise au premier tour de la primaire PS. En rassemblant au-delà des espérances, il pose la question du marketing politique. Faut-il ressembler à son électorat pour être élu ?

Daniel Robert

Daniel Robert

Daniel Robert est un publicitaire français, né le 1er juillet 1947. Il est par ailleurs le créateur qui a donné naissance à de nombreuses formules entrées dans le patrimoine publicitaire français, telle que « Tu t'es vu, quand t'as bu ? ».

Il a notamment publié "Lettres à une jeune publicitaire" (Balland 1995. Traduction japonaise en 1997 ), et "Meurtres dans la pub" chez Calmann-Lévy en 1989 (France Loisirs 1989. Poche 1990).

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Atlantico : Arnaud Montebourg, avec 17% des voix au premier tour de la primaire socialiste, a créé la surprise. Candidat de tous les peuples de gauche, depuis les classes populaires jusqu'à la classe moyenne désabusée, il n'en reste pas moins décrié quant à son allure guindée et son phrasé "précieux". Un homme politique se doit-il d'être à l'image de son électorat ?

Daniel Robert : Tout d’abord, il me semble que Montebourg parle à un public beaucoup plus large qu’on ne le dit. Si le premier tour des primaires avait duré deux semaines de plus, il aurait été encore beaucoup plus haut dans les voix récoltées. Non pour une question de look, mais de contenu.

En publicité, il faut des promesses claires, et des « supports de promesse » qui laissent penser qu’elles seront tenues. Fini le temps où pour parler au peuple, il fallait avoir l’air con.

Montebourg a la particularité d’avoir fait des formulations compréhensibles quelque soit le niveau culturel. Tandis que ses compétiteurs, forcés d’utiliser des formulations abstraites du type « justice, égalité, ensemble, plus et mieux, pluie, soleil… » afin de ne rejeter aucun courant utile au deuxième tour, se réduisaient à un concours de beauté obligé.

En termes de marketing, il faut se rappeler que 40% des français sont prêts à voter alternativement à droite ou à gauche. Seuls 60% des français, et peut être ce chiffre est il en baisse, sont encore dans la lutte des classes dure, avec d’un côté les "salauds de riches" et de l’autre "les salauds de pauvres". L’identification à une tribu existe toujours, mais n’a plus un poids suffisant pour gagner.

En définitive, est-il possible pour nos représentants politiques de forcer leur nature, ou celle-ci revient-elle systématiquement au galop ?

Heureusement, les hommes politiques, comme tous les êtres humains peuvent chercher à s’améliorer ! C’est d’ailleurs l’un des charmes de la vie de tout un chacun. Mais fondamentalement, la construction d’une personnalité se fait sur un socle immuable.

En revanche, le danger que j’ai souvent observé est l’effet dévastateur du pouvoir sur le mental.

Parmi l'ensemble des candidats en lice, lequel vous semble le mieux correspondre à l'image et au charisme d'un futur Président de la République ?

S’il faut un pur français, bien sûr Sarkozy est recalé en tant que récent immigré. Si on ne le raccompagne pas à la frontière, il fait partie des impétrants.

Pour l’image… C’est assez frustrant de ne pas avoir un grand beau noir bien élevé et brillant comme les américains en possèdent. Il faudra donc faire avec ce que nous avons. Et ce sera triste pour tout le monde.


Beaucoup ont évoqué l'américanisation des pratiques politiques durant cette primaire socialiste. Qu'en est-il du rapport marketing entre politiques et électorat aux États-Unis

En France, la loi interdit toute publicité commerciale trois mois avant le scrutin, ce qui revient à rendre inutile ou interdite, celle-ci. Aux États-Unis, non seulement celle-ci est autorisée, mais en plus elle peut être mensongère. Il n’est même pas nécessaire de s’excuser. 

Les primaires, elles, sont des shows très violents. L’argent des candidats, qui ne vient pas des pays africains, mais des fortunes personnelles le plus souvent, mais aussi des arrangements avec les mafias, lobbys de l'armement, du pétrole, des finances, permet de s’offrir ou mieux de s’acheter une campagne d’ego… pour commencer.

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