Blurred backgroundUn garçon regarde le candidat démocrate à la présidence américaine, Barack Obama, sur les écrans de télévision d'un magasin d'électronique de Wheaton, dans le Maryland, le 29 octobre 2008.
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POINT DE BASCULE

2008, l’année où la vie politique des démocraties occidentales a basculé dans la polarisation (et devinez ce qui a été massivement adopté au même moment…)

Le smartphone a-t-il vraiment cassé la démocratie ? C'est la thèse, aussi dérangeante que rigoureusement démontrée, de Markus Hofer et Stefan Thurner. Dans une étude qui s'appuie sur la physique des transitions de phase, les deux chercheurs autrichiens montrent que la polarisation politique en Occident n'a rien d'une dérive progressive : elle a basculé brutalement autour de 2008, au moment précis où l'essor des réseaux sociaux a fait doubler notre nombre de connexions sociales. Leur modèle révèle un paradoxe vertigineux, plus on se connecte, plus on se déchire, et une mauvaise nouvelle : une fois le seuil critique franchi, revenir en arrière est beaucoup plus difficile qu'on ne le pense. Entretien.

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A PROPOS DES AUTEURS

Markus Hofer est chercheur et doctorant dans le domaine des sciences de la complexité. Depuis juillet 2022, il est Research Assistant et PhD Candidate au Complexity Science Hub de Vienne, où ses travaux portent sur la mécanique statistique des systèmes complexes. Après avoir obtenu un bachelor en physique à la TU Wien, Markus Hofer a poursuivi ses études à l’Université de Copenhague, où il a réalisé un master en physique.


Ses recherches s’inscrivent à l’interface entre physique statistique et sciences des systèmes complexes. Markus Hofer poursuit actuellement son doctorat à la Medical University of Vienna, tout en développant ses recherches au Complexity Science Hub.

Stefan Thurner est physicien et économiste, cofondateur et président du Complexity Science Hub (CSH). Depuis 2009, il est titulaire de la chaire Science of Complex Systems à la Medical University of Vienna et professeur externe au Santa Fe Institute, au Nouveau-Mexique. Son parcours scientifique s’inscrit à l’interface de la physique, des mathématiques, de l’économie et des sciences sociales. Ses travaux portent notamment sur les principes et les fondements de ces systèmes, ainsi que sur la dynamique des réseaux et leurs applications à des problématiques aussi diverses que la médecine, les chaînes d’approvisionnement, les marchés financiers, les risques systémiques, les dynamiques sociales et les systèmes de santé.


Ses recherches couvrent un large éventail de domaines, allant de la physique fondamentale — notamment les excitations topologiques dans les théories quantiques des champs et les statistiques et l’entropie des systèmes complexes — aux mathématiques appliquées, à la théorie des réseaux et aux systèmes coévolutionnaires. Ses recherches s’étendent par ailleurs à l’économie et à la finance, avec des contributions sur la dynamique des chaînes d’approvisionnement, la formation des prix, la régulation et le risque systémique, ainsi qu’aux sciences sociales, où il étudie notamment les comportements collectifs, la formation des opinions, l’inefficacité bureaucratique et la résilience des systèmes de santé.