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Pour François Hollande, le plan de rigueur, présenté lundi 7 novembre par François Fillon "incohérent, injuste et inconséquent".
Pour François Hollande, le plan de rigueur, présenté lundi 7 novembre par François Fillon "incohérent, injuste et inconséquent".
©Reuters

Plan de rigueur

Rigueur : Fillon-Hollande, à chacun sa vision des choses

Le candidat PS François Hollande juge le plan de rigueur présenté lundi par François Fillon, "injuste, incohérent et inefficace". Une critique "politicienne" pour le Premier ministre, qui a défendu le "courage" de son gouvernement.

[Mis à jour le 8 novembre à 10h]

Pour François Hollande, le jugement est sans appel : invité du JT de France 2, lundi soir, il a estimé le plan de rigueur, présenté plus tôt dans la journée par François Fillon "incohérent, injuste et inconséquent". Le candidat socialiste s’est insurgé, à l’unisson du PS, sur le fait que le plan demanderait selon la gauche, des efforts financiers aux moins aisés.  "Des efforts, il en faut, qui pèseront sur les plus favorisés." Pour François Hollande, les "75 milliards de cadeaux fiscaux" ne sont pas supprimés. Dans un entretien paru dans Libération, avant l'annonce du plan, le candidat PS a estimé qu'en terme de fiscalité "le gouvernement poursuit une politique faite de bricolages et de rapiéçages".

Sur TF1, le Premier ministre a vanté le "courage" de son gouvernement et a dénoncé une "critique polémique et politicienne qui est fausse", et estimé que le gouvernement a "soigneusement protégé les minimas sociaux, les retraites qui ne sont pas concernées par cette mesure, les produits de première nécessité, l'énergie".

Le match s’est aussi joué sur la TVA. Le chef du gouvernement a défendu "un taux de TVA réduit de 7%" qu’il juge être une mesure "parfaitement raisonnable". Pas son adversaire,  qui a rappelé que Nicolas Sarkozy ne voulait pas d'une augmentation de la TVA. François Hollande s’est également fendu d’une critique sur le gel annoncé du salaire du président de la République : rappelant que le chef de l'Etat avait augmenté son salaire de "170%",  il s'est engagé à le baisser de 30% s’il était élu.  

L'annonce des nouvelles mesures a provoqué des réactions dans la classe politique.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle a réagi sur France 2 : "C'est un contresens total, une nouvelle fois, l'activité va être contractée et par conséquent, tous les déficits vont augmenter." "C'est terrible ce qui vient d'être décidé", a insisté l'eurodéputé, "une agression de plus contre les gens du commun".

Du côté du Parti socialiste, Benoît Hamon n'a pas maché ses mots lors du point presse hebdomadaire de son parti. Le porte- parole du PS qualifie le plan de rigueur d'"immense opération de mystification". "Nous avons une opération beaucoup plus grave de dilapidation du modèle social français", a-t-il dénoncé. Et d'insister : "La droite va réaliser le rêve des plus idividualistes et des plus libéraux des Français : offrir la dépouille du modèle social français, ses services publics et sa sécurité sociale, comme principale victime."

Martine Aubry, la première secrétaire du PS, dénonce "une politique dangereuse pour l'économie et injuste socialement." Elle estime que "sans croissance, la réduction des déficits et de la dette ne sera pas au rendez-vous et dans quelques semaines ou quelques mois, on nous présentera un nouveau plan de rigueur."

A l’UMP, Jean-François Copé parle de "courage politique" qui contraste selon lui avec "l’absence de courage" du parti socialiste et de François Hollande. Il estime que le programme est "à la hauteur des difficultés qui sont face à nous."

Le député-maire de Nice, Christian Estrosi, qualifie le plan de "réaliste, crucial et efficace."

Sur Itélé, François Bayrou le président du MoDem déplore "un manque de justice parce qu’on ne demande pas aux plus favorisés l’effort que l’on demande aux classes moyennes et aux petits revenus."

Un avis partagé par la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Eva Joly. Dans un communiqué, elle déclare "A nouveau, ce ne sont pas les plus riches qui vont les supporter. Ce sont les services publics, la santé, l'éducation, l'environnement, la sécurité et le logement social qui vont payer."

A l’extrême droite de l’échiquier politique, Marine Le Pen s’insurge : "Le gouvernement Sarkozy porte un nouveau coup très violent contre le pouvoir d'achat des Français : hausse de la TVA, quasi gel des allocations sociales, coupes dans les dépenses de santé." Elle estime qu'encore une fois "c'est le peuple qui paie : salariés, classes moyennes et populaires, retraités."

[Mis à jour le 7 novembre à 13h00]

Après avoir rappelé que la France a vécu à crédit pendant 30 ans, le Premier ministre a dévoilé les mesures supplémentaires de rigueur :

- Le budget de l’Etat va baisser de 1,5 milliard d’euros au lieu du milliard annoncé.

- L’âge de la retraite à 62 ans rentrera en vigueur un an plus tôt que prévu, en 2017.

- Les prestations sociales en 2012 et 2013 seront revalorisées de seulement 1% et non plus sur l’inflation.

- La progression des dépenses de l’assurance maladie sera ramenée à 2,5% à partir de 2012 au lieu des 2,8% fixés.

- Le salaire des membres du gouvernement et du président de la République seront gelés jusqu’au retour de l’équilibre budgétaire.

- Les niches fiscales seront rabotées de 2,6 milliards d’euros.

- Le taux de TVA réduit de 5,5 % (notamment dans la restauration) passe à 7% sur tous les produits et les services (à l'exception des produits de première nécessité).

- Le dispositif Scellier qui offre un avantage fiscal en cas d'investissement locatif sera supprimé dès 2013.

- L'impôt sur les sociétés sera majorée de 5%. Cette mesure est temporaire et concerne seulement les grandes entreprises.

[Mis à jour le 7 novembre à 11h35]

Nicolas Sarkozy se rendra à Strasbourg mardi pour assurer le service après-vente du nouveau plan de rigueur, devant des étudiants d'un pôle européen de gestion et d'économie.

[Mis à jour le 7 novembre à 10h]

Le nouveau plan de rigueur n'est pas encore dévoilé, mais déjà il fait réagit la classe politique.

Michel Sapin, ancien ministre de l'économie et proche de François Hollande, a vivement critique au micro d'Europe 1 les mesures envisagées par le gouvernement. Pour lui, "il fallait rééquilibrer les comptes publics, non pour faire plaisir aux marchés et aux agences de notation", mais "pour que la France soit en bonne santé". Il a ajouté que François Fillon ne se concentrait pas sur les bonnes recettes : il se dit "obsédé par la baisse de la dépense publique, mais n’a pas été arrêté de faire le contraire puisqu’il n’a pas arrêté de baisser la recette publique".


Sapin moque "le père la rigueur" Fillonpar Europe1fr

Sur France Inter, Michel Rocard a lui admis la nécessité pour la France de faire des économies supplémentaires pour ne pas prendre le risque d'être à son tour touchée par la crise de la dette. Il s'est toutefois inquiété du fait que certaines mesures pouvaient compromettre les chances de croissance économique pour le futur.


Michel Rocardpar franceinter

[Mis à jour le 7 novembre à 7h15]

Les Echos révèlent ce lundi matin que le gouvernement envisage d'accélérer la réforme des retraites dans le cadre du nouveau plan de rigueur. L'âge légal devrait être porté à 62 ans dès 2016 ou 2017, au lieu de 2018.

[Mis à jour le 7 novembre à 7h]

François Hollande, le candidat socialiste pour 2012, sera lundi soir l'invité du 20h de France 2 pour commenter le nouveau plan de rigueur dévoilé par le gouvernement dans la journée. En face de lui sur TF1, le Premier ministre François Fillon défendra cette série de mesures.

Il s'exprime également lundi matin dans les colonnes de Libération. Pour lui, il faut "donner un sens à la rigueur (...) comme gestion sérieuse des finances publiques et la rigueur à l’égard des plus fortunés dès lors qu’ils ont beaucoup reçu". Dans cet interview, François Hollande présente un visage très volontaire : "Je ne suis pas un contre-Président, je suis le prochain".

[Mis à jour le 7 novembre à 5h30]

Le Premier ministre François Fillon dévoilera ce lundi à midi le contenu de son "plan d'équilibre des finances publiques" , à l'issue d'un conseil des ministres exceptionnel. C'est le deuxième plan de rigueur prévu par le gouvernement en moins de trois mois. Censé dégager entre 6 et 8 milliards d'euros, il a pour but d'aider la France à conserver son triple A et la confiance des marchés, après la révision de sa prévision de croissance pour 2012 (1% contre 1,75%).

Les ultimes arbitrages ont été rendus dimanche au cours d'une réunion à l'Elysée en présence du Premier ministre et du conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino. 

Invité dimanche du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, le ministre des finances François Baroin a écarté l'hypothèse de la création d'une seconde journée de solidarité, évoquée au cours du weekend : "nous sommes dans une démocratie sociale active et ce n'est pas un sujet que l'on peut prendre à la légère [...] En ce sens, il n'est pas adapté à la situation présente d'ouvrir un tel débat à travers une mesure du style, une 'journée de solidarité' en plus, c'est un débat qui va beaucoup plus loin".

Parmi les mesures annoncées devrait en revanche figurer le relèvement du taux de TVA réduit à 7% ou 9% (contre 5,5% actuellement) dans plusieurs secteurs : restauration, travaux de rénovation des logements ou encore emplois à domicile. On évoque également une augmentation exceptionnelle sur l'impôt des sociétés pour les grands groupes (chiffre d'affaire supérieur à 500 millions d'euros).

Le souci d'une baisse des dépenses semble toujours être au coeur de la vision du gouvernement, comme Nicolas Sarkozy l'avait expliqué le 28 octobre dernier : « Il faut dépenser moins en fonctionnement, et plus en investissement pour soutenir la croissance ». Sur M6, la ministre du Budget, Valérie Pécresse, a insisté dimanche sur la bonne gestion des dépenses de fonctionnement, et sur la nécessité de répartir l'effort de la rigueur : « Tout le monde paiera à due proportion de ses capacités ».

François Hollande a dénoncé l'"inconsistance" de Nicolas Sarkozy sur la TVA"Il y a quelques jours à peine, Sarkozy disait que la TVA était un impôt injuste. Si ces taux devaient être relevés (...), si cette décision est confirmée, c'est la preuve de l'inconstance, de l'incohérence de la politique qui est menée depuis 2007". Le candidat socialiste à la présidentielle a rappelé que c'était le chef de l'Etat lui-même qui avait fait baisser la TVA dans la restauration.

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