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Pierre-Emmanuel Taittinger
Pierre-Emmanuel Taittinger
©Reuters

L'interview Atlantico Business

Pierre-Emmanuel Taittinger : "80% de notre production part à l’export"

268 millions de bouteilles, c’est la production en 2012 des 349 Maisons de Champagne françaises. Les fêtes de fin d’années approchent, une période où le secteur réalise environ 30% de son chiffre d’affaires annuel dans un marché estimé à environ 4,4 milliards d’euros. Pour Pierre-Emmanuel Taittinger, qui dirige la Maison Taittinger, le comportement des consommateurs évolue vers davantage de consommation durant l’année.

Atlantico Business : Les fêtes de fin d’année approchent, une période importante pour vos ventes, comment préparez-vous cela ?

Pierre-Emmanuel Taittinger : En effet, les deux derniers mois de l’année sont importants pour notre chiffre d’affaires puisqu’ils représentent environ 35% de nos ventes annuelles. On met donc en place notre champagne dans nos différents circuits de distribution mais l’on constate que l’on boit de plus en plus de champagne tout au long de l’année. D’une part parce qu’il est de plus en plus consommé comme un vin, c’est-à-dire au cours d’un repas avec tout les symboles de fête et de célébration qu’il représente. D’autre part parce qu’avec la crise, on réduit dans beaucoup de choses, les grands achats, les voyages… pour se recentrer autour de la famille. Les Français restent par exemple attachés à la bonne cuisine. En cela, le champagne représente un luxe accessible.

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Les fêtes de fin d’années déclenchent, également, une guerre des prix chez les distributeurs. Est-ce de fait, une période plus compliquée dans vos négociations avec eux ?

Pas nous concernant, je suis bien sur d’accord pour dire qu’il faut que le prix soit accessible. Il faut être raisonnable dans la fabrication de prix, nous le sommes, et les distributeurs le sont avec nous. Je crois que si les producteurs vendent trop bas, c’est qu’ils ont accepté de le faire. Personne n’est obligé de vendre à des prix trop bas. L’important, c’est de bien répartir ses ventes pour ne pas être dépendant de tel ou tel client. L’autre aspect, c’est qu’il faut avoir une offre de qualité. Nos produits se vendent parce qu’ils sont reconnu par le public comme étant de qualité constante. En cela, la notion de marque est importante. Pour nous une marque c’est une quelque chose que l’on fait de qualité et de manière régulière. C’est comme cela qu’Hermès est devenu Hermès ou que L’Oréal est devenu L’Oréal. C’est pour le consommateur une sécurité.

Vous parliez de "répartir vos ventes". Est-ce plus compliqué de vendre des produits français à l’étranger ou vendre des produits français en France ?

C’est plus compliqué de vendre des produits français à l’étranger parce que la compétition est forte dans le monde entier. C’est, pour nous, 70% de notre production qui s’exporte dans 120 pays, à 80% en Europe et aux États-Unis. Mais pour en arriver-là, il a fallu se battre, voyager, dépenser de l’argent, et je dois dire que l’on n’est pas aidé du tout en ce moment par les différentes taxes qui nous tombent dessus. Tout ce que l’on va payer en impôt supplémentaire, c’est de l’argent que l’on ne mettra pas pour se développer davantage à l’export. On va devoir couper dans les budgets communication, marketing etc… C’est un vrai sujet d’inquiétude en France pour les chefs d’entreprises. 

Comment s’annonce la cuvée 2013 ?

Ce sera normalement une bonne année aussi bien sur la qualité que la quantité même s’il est un peu tôt pour le dire car la récolte vient d’être terminée et mise en cuve pour la première fermentation. Je pense que cette année nous pourrons produire du Comte de Champagne qui est un blanc de blanc fait avec les 5 grands crus classé 100% Côte des Blancs en Champagne. C’est un vin toujours millésimé qui vieilli entre 8 et 10 années. Il devrait être particulièrement apprécié car la qualité des grands chardonnays est au rendez-vous.

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