La peur du chaos finira-t-elle par sauver l’Europe ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
La peur du chaos finira-t-elle 
par sauver l’Europe ?
©

EDITORIAL

La peur du chaos finira-t-elle par sauver l’Europe ?

Plutôt que de crise européenne c'est de crise mondiale qu'il convient de parler. Du sort de l'Euro dépendent également les États-Unis et la Chine...

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

Voir la bio »

Depuis les origines, l’Europe s’est construite dans la douleur. Son développement s’est toujours effectué de crise en crise. Au fur et à mesure de son élargissement, en passant de six pays à l’origine à dix-sept, voire vingt-sept aujourd’hui, le cheminement est de plus en plus ardu d’autant que la loi de l’unanimité reste la règle, alors que la crise qui s’est abattue sur le monde depuis trois ans complique la marche en avant. Pourtant, les efforts ne manquent pas pour tenter d’éviter la faillite de certains membres et écarter la récession qui menace. Mais ils apparaissent au niveau individuel de chaque État, avec une ampleur très variable selon les pays et une réactivité trop faible face à la gravité de la crise, en mettant en relief les divisions internes, qui sont exploitées par les marchés.

Les décisions qui sont prises interviennent trop lentement, trop tardivement et demeurent trop timides pour les créanciers internationaux. Il en résulte une impatience générale, qui entretient un climat dépressif, sur l’incapacité des Européens à faire face ensemble à l’adversité. Cela conduit à la baisse des cours des actions sur les places financières et incite les chefs d’entreprises à différer leurs projets d’investissement, sans oublier le climat d’inquiétude chez les salariés qui redoutent une aggravation du chômage.

L’Europe tient pourtant une trop grande place dans le monde pour qu’on la laisse à son sort. Elle représente un potentiel comparable à celui des États-Unis avec 330 millions d’habitants contre 280 pour l’Amérique et un produit intérieur brut de 16 000 milliards de dollars, contre un peu moins de quinze pour les États-Unis. Un effondrement du vieux continent aurait des conséquences immédiates sur la Chine dont la croissance repose en grande partie sur les exportations vers l’Europe et aussi sur les États-Unis dont l’économie n’a pas retrouvé un bon rythme de croisière malgré les milliards de dollars qui ont été injectés dans les circuits depuis trois ans.

Les nations émergentes savent aussi que la mondialisation n’est pas un vain mot et qu’ils n’ont pas intérêt à un affaiblissement trop marqué du vieux continent. Au demeurant, les contacts se multiplient depuis quelques semaines avec une intensité accrue, entre les dirigeants pour faire cesser l’engrenage maléfique des discussions byzantines dans lesquelles sont engagés les Européens sur le montant de la recapitalisation des banques ou les fonctions du fonds européen de stabilisation financière. Une sorte de marathon est désormais engagé pour arriver à un compromis au moins provisoire, sur fond de dialogue permanent avec les responsables des grands partenaires internationaux en vue de transcender les points de vue encore divergents en faisant naître une véritable volonté politique, seule susceptible de désarmer les marchés et d’opérer un retour de la confiance. Le spectre toujours présent du chaos peut être la condition première qui débouche sur l’espoir d’une réussite.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !