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Coronavirus

Petits conseils pour gérer votre argent par temps de crise

En pleine crise sanitaire, et alors qu'une crise économique se profile, voici quelques conseils pour (mieux) gérer votre argent.

Sébastien Laye

Sébastien Laye

Sébastien Laye est un spécialiste franco-américain des banques et des fonds d'investissement.. Il est le fondateur de la société de conseil en asset management et corporate finance Laye Holdings. Il est l'auteur du rapport "BPI : Bureaucratie, Protectionnisme, Inefficacité".

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Atlantico : La crise du coronavirus ne cesse de faire baisser les actions et les dommages économiques semblent s’aggraver… Les investisseurs devraient-ils vendre leurs actions dès à présent, et les racheter plus tard lorsque celles-ci continueront de baisser ? 

Sébastien Laye : Toute appréciation du niveau des cours de Bourse (et donc de l'opportunité d'acheter des titres aujourd'hui) doit etre ancrée sur deux interrogations :1) les marchés ont-ils pris en compte toute l'étendue de la crise sanitaire et de ses conséquences économiques ? 2) les niveaux de valorisation sont ils revenus sur des ratios raisonnables ?

Sur la première question, si les marchés ont pris en compte la crise sanitaire, l'impact du bilan humain et celui économique du confinement (d'où la brutale chute de Mars), ils ne me paraissent pas incorporer les problèmes économiques à la sortie du confinement. Demeure comme en 2009 cette croyance magique en l'efficacité de la politique monétaire (ce sont les interventions des banques centrales avec leurs politiques d'assouplissement quantitatif qui expliquent les rebonds à la hausse assez brusques qui se sont produits au milieu meme de ce maelstrom boursier) voire des interventions publiques (garanties de prets, aides directes) durant le confinement. Mais les marchés n'anticipent pas les difficultés qui risquent de surgir pour l'économie réelle après le printemps, ils hésitent entre le scénario en V (rapide redressement) et le U (redressement plus lent, qui est aujourd'hui une quasi certitude); il y a donc une dichotomie entre les données économiques de la crise et leur incorporation par les marchés. Or et c'est le second point, les marchés boursiers étaient survalorisés avant la crise: cette correction de 25% en moyenne ne les ramène pas encore à des niveaux raisonnables, si on regarde tous les ratios (capitalisation boursiere/PIB, cours/benefices, cours/valeur comptable). En général après une période de marché haussier, à la baisse on retrace une perte de la moitié des gains..par exemple aux Etats Unis, on peut s'attendre à un S&P vers 2000-2100 au plus bas...il est à l'heure actuelle vers 2500, soit un potentiel de baisse sur le niveau actuel d'un peu moins de 20%.

Avec l'effondrement des marchés, les retraités peuvent-il espérer un retour sur investissement prochainement ? 

Oui car l'épargne de capitalisation pour les retraites s'analyse sur plusieurs années. Ainsi, le plus haut des marchés en 2007 a été à nouveau ré-atteint aux Etats Unis fin 2011, moins de quatre ans plus tard. Et personne n'avait accumulé toute cette épargne investie sur la seule année 2007; par ailleurs les actions ne représentent jamais plus de 40% des plans de capitalisation: on y retrouve des obligations, de l'immobilier, des infrastructures, de l'or, et la dynamique de prix de ces autres classes d'actifs peut etre très diverse: certaines perdront moins que la Bourse (comme l'immobilier) tout en étant négatives, d'autres seront au contraire positives (infrastructures, or). La Bourse n'est pas l'alpha et l'omega de l'investissement en général, et encore moins le seul pilier des retraites ou de l'épargne....

Avec des taux d’intérêts au plus bas, les investisseurs devraient-ils emprunter de l’argent aux banques pour acheter des actions ? 

C'était déja vrai avant la dislocation actuelle. Mais de manière générale, cette pratique (le margin loan) qui consiste à s'endetter pour acheter des actions est très risquée. S'endetter avec un collatéral tangible, comme l'immobilier ou une usine, est possible du fait de la relative stabilité du prix de ces actifs; mais en Bourse, le collatéral bouge chaque jour et en cas de chute (et j'ai bien précisé dans la premiere  réponse qu'il fallait s'attendre à des rechutes avant cet été), le preteur peut faire un appel de marge et exiger un  paiement. Exploiter des opportunités de marché oui, se lancer dans la Bourse casino non !

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