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Petit traité d'anti-écologie (à l'usage des lecteurs méchants) : pourquoi ce monde est foutu
©Antoine Jeandey - WikiAgri

Bonnes feuilles

Petit traité d'anti-écologie (à l'usage des lecteurs méchants) : pourquoi ce monde est foutu

Vous aimez les plantes et les petites bêtes, à condition d'avoir la bonne sauce. Vous adorez les éoliennes lorsqu’elles sont installées chez votre lointain cousin. Vous prenez votre vélo pour aller travailler et, avec l’habitude, il ne vous faut plus que deux minutes pour le rentrer dans le coffre de votre voiture diesel. Vous appréciez tendrement le tri de vos déchets qui permet de multiplier l’emploi de gros camions poubelles consommant 70 l/100 km pour chaque nouveau type de poubelles. Vous apprécierez donc ce petit traité d’anti-écologie, qui réconciliera enfin vos observations personnelles avec le discours catastrophile des écologistes politiques. Extrait de "Petit traité d'anti-écologie", de H16, publié aux Editions Les Belles Lettres (2/2).

Hash H16

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H16 tient le blog Hashtable.

Il tient à son anonymat. Tout juste sait-on, qu'à 37 ans, cet informaticien à l'humour acerbe habite en Belgique et travaille pour "une grosse boutique qui produit, gère et manipule beaucoup, beaucoup de documents".

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Ah mon dieu, mon dieu, mais ce n’était qu’une boîte de thon, pas très grosse pourtant Ahahaahargh ! J’ai du mal à écrire tant mes yeux sont mouillés de larmes dont la salinité n’est pas sans rappeler cette mer qui baigna jadis le berceau de toutes les civilisations ! Et même si des rapports alarmants nous sont parvenus sur des bateaux coincés dans les glaces de plus en plus étendues, même si le nombre de réfugiés climatiques dus à la hausse des mers est dramatiquement ridicule, même si on susurre de plus en plus que les ours se reproduisent limite un peu trop, le doute n’est pas permis !

Nous allons tous mourir, et cette fois, on va mourir encore plus que les fois précédentes avec la grippe, la bactérie, Fukushima et ce réchauffement qui hésite franchement depuis une dizaine d’années ! Non parce que ça commence à bien faire cette histoire ! Regardez autour de vous, on a beau utiliser des adjectifs de plus en plus *choquants* avec du gras italique et des décorations de *folie* autour, les gens semblent s’en foutre, quoi, merde à la fin ! Comme le dit dans son vibrant article Le Figaro, ce journal d’une droite qu’on peine décidément à classer ailleurs que dans les mollassons socialoïdes : « Une prise de conscience mondiale est nécessaire. »

Oui ! Minimum ! Avec un truc-machin au niveau mondial qui permettrait enfin de coller une bonne série de lois, d’interdictions, de régulations, de règlements bien clairs, avec des ponctions massives sur les contribuables des pays qui polluent pour trouver l’argent nécessaire afin de faire de bonnes grosses campagnes de propagande publicité pour laver les cerveaux sensibiliser les pigeons citoyens au nouveau problème qui se pose à toute l’humanité !

Mais le pire, ce n’est même pas tout ce bazar avec les pets de vache au méthane, les voitures qui rotent du CO2, les centrales nucléaires qui pètent un peu partout en faisant des millions d’irradiés ! Non, le pire, c’est que même la nature s’y met pour s’autopolluer !

Ainsi, avec le tsunami japonais, les eaux sont maintenant chargées de toutes les cochonneries qui traînaient bêtement sur la terre ferme, comme les voitures, les maisons, les planches pour faire des toits, des pompes à essence, des bouts de route, des niches avec marqué « Pluto » dessus en japonais, des ours en peluche (oui, même des putains d’ours en peluche) et des millions de sacs en plastique qui servent à emballer les boîtes de thon qu’on ramène des courses !

On ne s’en sortira pas ! Même si tous les chercheurs qui s’alarment se retiennent de respirer, de péter et de roter pendant les 30 millions d’années prochaines, la nature va s’employer dans le même temps à multiplier les méchants raz-de-marée qui viendront la polluer (la conne), à rejeter des kilomètres cubes de particules radioactives dans l’air à chaque éruption volcanique (600 tonnes d’uranium vaporisées par Eyjafjöll, tout de même !), bref, même la nature met des bâtons dans nos roues écologiques !

On est foutus ! Ce monde est foutu !

Ce soir, je vais devoir me rabattre sur des raviolis !

Extrait de "Petit traité d'anti-écologie", de H16, publié aux Editions Les Belles Lettres, 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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