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Parti communiste français
(1920 - 2011)
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Paix à son âme

Parti communiste français (1920 - 2011)

Désigné candidat du Front de gauche pour la présidentielle 2012, Jean-Luc Mélenchon a tenu ce mercredi soir un meeting place Stalingrad, à Paris. De quoi achever le Parti communiste français qui s'est porté derrière sa candidature ?

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Il était une fois dans un pays appelé la France un grand parti. Le Parti Communiste français. On disait pour faire court le PC. Et ceux qui l’aimaient le désignait avec respect et foi par deux mots : le Parti ! Né en 1920, il vécut plutôt longtemps jusqu’à l’âge canonique de 91 ans. Il ne fut pas, contrairement aux contes qui se terminent bien, toujours très heureux mais il eut beaucoup, beaucoup d’enfants. Des millions, certaines années.

Il fut grand. Parfois, et rarement, pour le meilleur. Plus souvent, bien plus souvent, pour le pire. Le meilleur ce fut le dévouement et l’abnégation de ceux qui croyaient en lui. Ce fut aussi la fierté redonnée aux gens humbles, ouvriers, paysans, employés, convaincus grâce à lui qu’ils portaient en eux l’avenir de l’humanité. Ce fut enfin l’adhésion de grands noms de la littérature, des arts et de la science : Aragon, Eluard, Picasso, Joliot-Curie…

La liste du pire est, hélas, infiniment plus longue. Mensonges, dissimulations, trahisons, délations. Ce grand parti promettait le paradis sur Terre et il assistât, consentant toujours, enthousiaste souvent, à la fabrication de l’enfer, à l’Est de la France, là où les siens avaient conquis le pouvoir. Il approuvât tout, les assassinés par millions, les déportés condamnés à la mort lente, les pendaisons, les tortures, les chars tirant sur le peuple. Il avait prôné l’utopie du bien. Il se prosternât devant la contre utopie du mal avec une formule abominable d’hypocrisie : le bilan de l’enfer était, disait-il, « globalement positif » ! Et ainsi, petit à petit, ses enfants finirent par ouvrir les yeux et quittèrent, écœurés, le domicile paternel. 

Qu’il repose en paix, au cimetière des illusions perdues

Ils furent bientôt plus nombreux à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le grand parti avait approuvé tous les crimes qui s’accomplissaient en son nom. Il en commit un, terrible, contre l’esprit : il tua à jamais l’espoir. Et le grand parti, ployant sous le poids de l’âge et de ses péchés, devint petit, tout petit, rabougri et voûté. Mais à défaut de vitalité – il n’en avait plus aucune – il était encore habité par un tenace instinct de survie. Il se déplaçait en chaise roulante ou, dans ses bons jours, avec des béquilles. Mais il refusait obstinément de mourir.

On peut quand on est un parti choisir sa mort. Mourir dignement c’est possible. Mourir de façon indigne c’est aussi possible. Le grand parti n’hésita pas. Telle une vieille pute défraichie, ne trouvant plus de clients sur le trottoir qu’elle arpente, il se jeta, gratuitement, dans les bras du premier venu, pas trop regardant sur la chair avariée qui se proposait. Ce fut un nommé Jean-Luc Mélenchon qui bénéficia de cette dernière étreinte. Un personnage fort en gueule, vulgaire et démagogue. Ainsi lors d’un meeting rouge, très rouge, place de la bataille de Stalingrad, un mercredi 29 juin 2011, mourut le Parti Communiste français. Qu’il repose en en paix, au cimetière des illusions perdues.

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