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Pari perdu pour HP, premier fabricant mondial d'ordinateurs
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EDITORIAL

Pari perdu pour HP, premier fabricant mondial d'ordinateurs

Quel avenir pour le géant qui plonge en bourse après l'abandon de son rival raté de l'iPad, et peut-être de ses PC.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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David a mis KO Goliath ? Apple a mis à genoux HP ? Ce n'est pas aussi simple que cela, la situation est plus complexe, mais c'est un fait : HP, un mois et demi après son lancement arrête la fabrication de sa tablette ratée, la TouchPad, qui devait concurrencer l'iPad d'Apple. Et, globalement, HP annonce aussi dans un communiqué, l'abandon de ses smartphones tout en évoquant la fin de son activité de vente d'ordinateurs PC.

Tout ceci contredit totalement les déclarations tonitruantes du PDG d'HP, qui fanfaronnait il y a moins de deux mois, dans des interviews à la presse internationale.

Après la décision de Google d'acheter le constructeur de mobiles Motorola (et donc de concurrencer les autres marques de mobiles qui utilisent son système Android) c'est un nouveau coup de tonnerre dans l'univers high teck. HP, entreprise née il y a 72 ans dans un petit garage, toujours visible à Palo Alto, dans la Silicon Valley, aux portes de San Francisco, subit un changement historique.

Certains de ses clients, et quelques-uns de ses 300 000 employés vont en subir les conséquences, comme ses actionnaires. Il y a six mois, HP qualifiait d'irresponsables, les informations évoquant l'abandon de son activité PC. Les temps ont changé.

On s'étonne donc que fin juin 2011, le PDG, Leo Apotheker ait été aussi lyrique dans une interview sur le lancement du TouchPad : "Nous offrons une nouvelle interface utilisateur très conviviale: ­WebOs. HP ne vise pas seulement le marché des tablettes. Il vise celui beaucoup plus large des objets connectés: smartphones, tablettes, téléviseurs, réfrigérateurs, automobiles… C'est un marché énorme, car 20 milliards d'objets seront connectés. Et au milieu, il y aura le TouchPad."

Apotheker ajoutait "HP vend deux PC chaque seconde" et aussi "En 2012, WebOs sera aussi disponible sur nos PC et nos imprimantes."

Pour HP, la sanction ne s'est pas fait attendre. Hier matin, à la l'ouverture de la bourse de New York, l'action HP a perdu jusqu'à 22% de sa valeur. Au même moment la chaîne de magasins BestBuy soldait les tablettes TouchPad HP qui passaient de 399 $ à ... 99 $. On dit que BestBuy USA se retrouve avec un stock de 270 000 TouchPad dont il voudrait bien se débarrasser.

Mais les acheteurs avertis savent que le TouchPad utilise ni l'Android de Google, ni IOS d'Apple, mais un système propre à HP, un WebOS basé sur celui de Palm (fabricant d'agenda électroniques qui ont connu leur heure de gloire) lourdement racheté l'an dernier pour 1,8 milliard de dollars. Et HP semble aujourd'hui s'en désintéresser.

Le possesseur de TouchPad se retrouve avec une tablette mal conçue, qui ne bénéficiera pas de mise à jour, tandis que les développeurs de logiciels ne vont pas perdre du temps à concevoir des programmes pour un matériel retiré du marché qui n'existe donc déjà quasiment plus.

Nul doute que beaucoup d'acheteurs vont profiter du délai légal leur permettant, aux USA, de ramener un produit qui ne leur plaît pas. Le stock d'invendus détenu par HP va lui coûter, selon ses propres dires, 0,05 dollar par action, soit plus de 103 millions de dollars.

103 millions de dollars plus 1,8 millard pour PalmOS, l'addition est lourde, sans parler de l'image de marque auprès du grand public surpris par ce revirement. La note est encore plus salée, puisqu'HP évoque son désengagement (vente ou fermeture pure et simple on ne sait pas encore) de l'activité ordinateurs PC.

Or, HP a payé 25 milliards de dollars pour racheter le fabricant de PC Compaq, il y a une dizaine d'années, et prendre la première place mondiale : les PC étaient jusqu'à présent la principale source de revenu d'HP.

Mais aujourd'hui les PC se vendent de moins en moins, alors que les tablettes style iPad ont le vent en poupe. Avec la décision qu'il vient d'annoncer, HP semble tourner le dos aux activités grand public, et viser l'univers du logiciel et des entreprises, en rachetant pour 10 milliards de dollars le britannique Autonomy : soit 64% de plus que la valeur de l'action Autonomy la veille de l'annonce.

Si ce tournant se confirme, HP marche, tardivement, sur les traces d'IBM qui a vendu son activité PC au chinois Lenovo fin... 2004, il y a sept ans !

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