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Nos élites sont nulles en géographie et voilà ce que cela coûte concrètement à la France
©Flickr / Gianfranco Goria

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Nos élites sont nulles en géographie et voilà ce que cela coûte concrètement à la France

S'ils connaissent (un peu mieux) leur histoire, les dirigeants français souffrent de réelles lacunes en géographie, ce qui les rend beaucoup moins efficaces pour comprendre que leurs décisions ont des enjeux et conséquences territoriales.

La géographie est une discipline qui, traditionnellement, intéresse peu le commun des mortels, paraissant ennuyeuse pour les générations les plus âgées, qui gardent en tête la longue énumération de noms de lieux à apprendre par cœur pendant leur scolarité, et étant mal définie pour les générations les plus jeunes, du fait de la portion congrue accordée à cette discipline dans les programmes d’histoire-géographie, la majorité des enseignants ayant une formation d’historien. 

Cependant, elle a un impact primordial au sommet de l’Etat car elle est indispensable, aussi bien dans le cadre de la politique intérieure, pour pouvoir mener une politique d’aménagement du territoire équilibrée, que dans le cadre de la politique internationale, où les rapports géopolitiques sont extrêmement dépendants de la connaissance de la carte du monde et des enjeux qui vont avec. Comme le titrait en son temps le célèbre géographe Yves Lacoste, « la géographie, ça sert d’abord à faire la guerre ». En conséquence, les dirigeants mauvais en géographie risquent de commettre de nombreuses erreurs du fait d’une incompréhension des réalités du terrain, conduisant à des résultats catastrophiques (la politique américaine au Moyen-Orient en constitue un exemple-type).

Or, il est à regretter qu’au fur et à mesure du temps le niveau en géographie de nos dirigeants se dégrade de manière extrêmement rapide, à tel point qu’ils sont dans l’incapacité d’avoir une vision géopolitique globale de la place de la France dans le monde, contrairement à d’autres dirigeants de la planète, à commencer par le président autoritaire russe, Vladimir Poutine, dont les succès géopolitiques incontestables sur la scène internationale sont le produit d’une très bonne maîtrise de la carte du monde. Cette baisse de niveau explique les nombreuses erreurs de diagnostic, les stratégies à courte vue, les alliances contradictoires…

Il s’ensuit un problème à deux niveaux. Concernant la politique intérieure, la mauvaise connaissance du territoire français et de ses dynamiques entraîne une sous-estimation des problèmes, des tensions, des souhaits des habitants… Les territoires « oubliés » sont, bien souvent, tout simplement des territoires inconnus des élites politiques parisiennes, qui se désintéressent totalement de la France qui va mal. Concernant la politique internationale, pour un pays qui continue de jouer dans la « cour des Grands », avec son droit de veto à l’ONU, une armée déployée sur tous les continents et une francophonie active, la méconnaissance du globe et l’absence de stratégie globale ne font qu’affaiblir sa voix. En effet, comment expliquer que la France puisse lutter contre les islamistes au Mali, mais les soutenir en Syrie, alors que cette idéologie constitue le danger le plus important pour notre pays. De même, la politique d’opposition systématique de la France vis-à-vis de la Russie relève d’un manque de réalisme impressionnant concernant le rapport de force entre la puissance moyenne que nous sommes et l’Etat possédant la plus vaste superficie, les plus importantes ressources naturelles et le principal arsenal nucléaire de la planète.

Face à ce constat, il s’ensuit que la formation géographique des dirigeants français, appelés à exercer les plus hautes fonctions, se doit d’être grandement améliorée. Par définition, s’il y a peu de chances que le président soit issu d’une formation géographique (sait-on jamais !), il n’en demeure pas moins qu’il se doit d’avoir un bon niveau dans cette discipline pour espérer exercer sa fonction de manière adéquate. 

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