Nicolas Sarkozy candidat préféré de 65% des sympathisants UMP pour 2017 devant Alain Juppé à 17% | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
Aux yeux des sympathisants de droite - UMP compris - et d'extrême droite, Nicolas Sarkozy reste le premier choix pour les prochaines présidentielles.
Aux yeux des sympathisants de droite - UMP compris - et d'extrême droite, Nicolas Sarkozy reste le premier choix pour les prochaines présidentielles.
©

Sondage exclusif CSA/Atlantico

Nicolas Sarkozy candidat préféré de 65% des sympathisants UMP pour 2017 devant Alain Juppé à 17%

Nicolas Sarkozy reste en tête de liste pour les prochaines présidentielles face à Alain Juppé, pourtant en montée, aux yeux des sympathisants de droite - UMP compris - et d'extrême droite, d'après un sondage CSA pour Atlantico. Les accusations dont a fait l'objet l'ancien président de la République s'avèrent sans effets significatifs, une condition notamment liée à la crise de leadership de l'UMP.

Yves-Marie Cann

Yves-Marie Cann

Yves-Marie Cann est Directeur en charge des études d'opinion de l'Institut CSA.
Voir la bio »

Atlantico : Selon un sondage CSA pour Atlantico.fr, les sympathisants de droite et d'extrême droite placent toujours Nicolas Sarkozy en tête pour représenter l'UMP aux prochaines présidentielles. Comment expliquer que malgré les dernières révélations sur les affaires judiciaires qui l'occupent, il demeure le candidat favori des sympathisants ? 

Yves-Marie Cann : Notre sondage pour Atlantico révèle en effet que Nicolas Sarkozy conserve un capital élevé auprès des sympathisants de droite (UMP inclue) et d’extrême droite pour représenter l’UMP à la prochaine élection présidentielle. 42% désignent l’ancien chef de l’Etat comme leur premier choix, soit un score très proche, quoiqu’en léger recul (-4 points), de celui enregistré dans un précédent sondage réalisé en juillet 2013. Auprès des seuls sympathisants UMP, il est crédité d’un score encore plus élevé : 65% le choisissent en premier choix, un score équivalent à celui de juillet 2013 (67%).

A la lecture de ces résultats, un constat s’impose : les accusations dont a fait l’objet Nicolas Sarkozy au cours des dernières semaines s’avèrent sans effet notable sur les préférences exprimées. Ceci confirme d’ailleurs ce que nous avons observé dans d’autres enquêtes. A titre d’exemple, dans notre Observatoire politique mensuel pour Les Echos et Radio Classique, Nicolas Sarkozy était crédité début avril de 77% de bonnes opinions chez les sympathisants de droite, un score en progression de deux points par rapport à l’enquête de mars, pourtant réalisée avant les polémiques le concernant.

De toute évidence, Nicolas Sarkozy profite toujours de la crise de leadership que connaît l’UMP. Suite à sa défaite à l’élection présidentielle, aucune personnalité ne s’est imposée comme recours potentiel incontesté. Il faut dire que les « cartes postales » envoyées à échéances régulières par l’ancien président ne favorisent pas l’émergence d’une relève au sein de son ancien parti. Dès lors, nombreux sont les sympathisants à miser sur son retour pour effacer la défaite de 2012.

Toujours au sujet d'un retour de Nicolas Sarkozy, on constate une corrélation dans les souhaits des sympathisants de droite et d'extrême droite ainsi que ceux de l'UMP, que pouvez-vous en dire ?

A la droite de l’échiquier politique, le poids des sympathisants UMP est prépondérant, ce qui explique cette corrélation apparente. Toutefois, lorsque l’on isole chacune des principales familles politiques composant notre échantillon, des nuances importantes se font jour. Ainsi, le premier choix des sympathisants de l’UDI se porte sur Alain Juppé (40%), reléguant l’ancien chef de l’Etat en deuxième position (19%). En parallèle, si 31% des sympathisants du Front National citent Nicolas Sarkozy comme leur premier choix, 47% qui n’optent pour aucunes des personnalités proposées. Ce dernier résultat témoigne en creux du rapport ambigu que peuvent aujourd’hui entretenir de nombreux sympathisants frontistes avec l’ancien Président : déçus par la période 2007-2012, ils misent désormais avant tout sur Marine Le Pen dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.

La percée d'Alain Juppé dans l'opinion des sympathisants UMP est l'un des éléments marquants de cette étude. Comment expliquer cette ascension ? A-t-il une chance pour la présidentielle de 2017 ?

La percée d’Alain Juppé auprès des sympathisants UMP est indéniable. En premier choix, il progresse de 9 points par rapport à juillet 2013. Sur le total des réponses données, cette progression est même de 20 points. Ceci ne lui permet pas de rattraper Nicolas Sarkozy dont la domination est incontestable aujourd’hui. Toutefois, elle révèle une dynamique intéressante en faveur du Maire de Bordeaux et ancien Premier ministre. Celui-ci profite de plusieurs facteurs : sa victoire confortable à Bordeaux dès le premier tour des élections municipales, sa stratégie de retrait par rapports aux conflits internes à l’UMP et sans doute, aussi, les faux pas commis par François Fillon à l’automne 2013. A ce stade, reste une inconnue majeure : Alain Juppé atteint-il ici un niveau plafond ou dispose-t-il de marges de progression ? Seules les prochaines enquêtes de ce baromètre permettront d’y répondre.

François Fillon chute aussi bien auprès des sympathisants de l'UMP, de droite, que d'extrême droite. Quels événements ont contribué à cette baisse de popularité ?

Ceci nous amène aux faux pas commis par François Fillon à l’automne 2013. Nous l’avons vu dans nos enquêtes : les déclarations ambigües de l’ancien Premier ministre sur la conduite à tenir dans l’hypothèse d’un second tour de scrutin opposant un candidat de gauche à un candidat du Front national ont semé le trouble une partie de son camp. S’en est d’ailleurs suivi une baisse de popularité dont il ne s’est toujours pas tout à fait remis. En clivant davantage et en donnant, à tort ou à raison, l’impression de rompre avec la ligne qu’il s’était fixée, François Fillon a perdu le soutien d’une partie de l’électorat modéré, et donc de l’électorat du centre droit. Celui-ci lui préfère désormais Alain Juppé, qui cultive quelque peu la figure du « grand sage » au sein d’une droite encore convalescente après les différends de 2012.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !