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Mobilisation contre les violences conjugales : pourquoi le risque de l’inefficacité plane
©ALBERTO PIZZOLI / AFP

Complexité des situations

Mobilisation contre les violences conjugales : pourquoi le risque de l’inefficacité plane

Les violences conjugales cachent souvent des réalités plus complexes qu'il n'y paraît. Il est nécessaire d'apprécier cette complexité pour y apporter des réponses efficaces.

Anne-Marie Le Pourhiet

Anne-Marie Le Pourhiet

Anne-Marie Le Pourhiet est juriste, professeur agrégé de droit public à l'université de Rennes 1.

 

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Atlantico : Les violences conjugales sont aujourd’hui largement théorisées en tant que « violences contre les femmes ». Cela reflète-t-il la réalité selon vous ? 

Anne-Marie Le Pourhiet : Si l’on parle de la violence physique il est clair que les hommes la pratiquent plus que les femmes pour des raisons anatomiques évidentes. Pour ce qui est des violences psychiques et verbales, en revanche, les femmes ne sont pas à la traîne. J’ai connu personnellement un bon nombre de femmes qui n’avaient de cesse que de critiquer, rabaisser, humilier voire insulter leur conjoint. Pour reprendre les termes imprécis utilisés dans les définitions pénales du harcèlement et de l’outrage sexuels, les femmes ne sont pas les dernières à créer à l’encontre de leur compagnon « une situation dégradante, humiliante, hostile ou offensante ». Ajoutons que cette violence psychique n’est pas non plus absente dans les couples lesbiens, loin s’en faut. 

Les chiffres et les énoncés des associations féministes sur les violences physiques ne sont pas crédibles puisqu’elles reposent sur de prétendues déclarations ayant été faites lors de questionnaires ou d’appels téléphoniques dont on ignore tant les règles de fonctionnement que les contenu et les échantillons. Les militants, quelle que soit la cause qu’ils défendent,  trouvent de toutes façons toujours ce qu’ils cherchent, quittent à tricher copieusement avec la vérité. Beaucoup de ces associations fonctionnent à coups de subventions et ont donc intérêt à grossir les statistiques pour alimenter leur budget. Elles prétendent que le nombre de plaintes enregistrées seraient en dessous de la réalité parce que les femmes « n’oseraient pas » porter plainte, ce qui les déçoit beaucoup mais qui empêche par définition d’avoir des chiffres fiables.

On devine bien qu’une femme ne va pas vouloir envoyer facilement le père de ses enfants en cour d’assises ou en correctionnelle parce qu’il lui arrive de la gifler ou de lui imposer une relation sexuelle qui l’ennuie. L’emploi et le salaire du père de famille sont indispensables à tous et on ne prend pas aisément le risque de l’en priver ou de garnir son casier judiciaire. Les militantes « agitées du porte-plaintes » semblent parfois avoir une singulière méconnaissance des « choses de la vie ».    

Pour ce qui est des violences physiques les plus graves, de type meurtre, tentative de  meurtre ou coups et blessures ayant entrainé la mort, on dispose de chiffres plus sûrs auprès des ministères concernés puisqu’il y a obligatoirement une enquête. Les chiffres révèlent évidemment qu’il y a plus de violences graves chez les hommes que chez les femmes, ce que l’on sait depuis toujours, mais ils montrent aussi que la violence s’exerce souvent contre toute la famille, y compris les enfants ou d’autres personnes présentes au moment de la crise. Le suicide de l’auteur suit fréquemment le carnage familial et le profil dominant est plutôt celui de la crise dépressive déclenchée par un abandon, le chômage, la maladie, etc…. Je ne suis pas certaine que l’on puisse descendre au-dessous d’un certain seuil incompressible de crimes familiaux, comme d’ailleurs de criminalité en général. Ce sont, en tout état de cause, des  psychiatres et des sociologues honnêtes et indépendants qui peuvent, seuls, tenter de renseigner sur les ressorts profonds de ces violences et les moyens possibles de les réduire. 

Afin de servir au mieux la lutte contre les violences conjugales, quelles seraient les actions efficaces à envisager ?

L’arme pénale montre évidemment ses limites. Je ne suis pas anthropologue mais il semble que la violence masculine soit depuis longtemps nettement plus fréquente dans certaines sociétés que dans d’autres, indépendamment de l’outil militant et répressif, et il conviendrait peut-être d’identifier objectivement les facteurs en cause. J’ai observé personnellement que ce ne sont pas forcément les sociétés dites « patriarcales » qui connaissant le plus de violence conjugale mais, au contraire, les sociétés matriarcales qui engendrent des hommes faibles et immatures. L’adage psychanalytique « père manquant, fils manqué » se vérifie assez clairement dans les sociétés dominées par les mères qui ne sont pas, loin s’en faut, les plus propices à la fabrication d’hommes équilibrés. Mais cela, jamais les féministes ne l’admettront.

En opposant de cette manière les sexes entre eux, ne risque-t-on pas de passer à côté du débat ? La réalité n'est-elle pas plus complexe que cela ? 

La toxicité des discours et slogans féministes et de leur arsenal répressif aussi délirant qu’inefficace n’est plus à démontrer. La loi Schiappa du 3 août dernier, dont l’exposé des motifs se termine par la formule imbécile « Pour que la honte change de camp ! » en est une nouvelle illustration. C’est un ramassis absurde de formules insensées se terminant par un nouveau délit d’ « aperçu de fesse » ainsi rédigé : « Le fait d'user de tout moyen afin d'apercevoir les parties intimes d'une personne que celle-ci, du fait de son habillement ou de sa présence dans un lieu clos, a caché à la vue des tiers, lorsqu'il est commis à l'insu ou sans le consentement de la personne, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende ». On ne sait s’il faut en rire ou en pleurer.   

Tous les grands principes libéraux du droit pénal sont bafoués par le féminisme : imprécision et approximation de définitions pénales incompréhensibles abandonnées à la parfaite subjectivité de l’interprète, mépris du principe contradictoire, des règles d’administration de la preuve, de la présomption d’innocence et de la prescription. Même les droits de la défense sont refusés aux hommes violents dont les avocats se font réprimander par le ministre ! Quant à ceux qui ont purgé leur peine, comme Bertrand Cantat, pour des coups et blessures ayant entrainé la mort sans intention de la donner, on les traite quand même d’assassins en voulant leur interdire de reprendre leur métier. C’est absolument terrifiant.

Nous osons donner des leçons à la Hongrie et à la Pologne décrétées « illibérales » mais nous pratiquons une politique ultra-répressive digne de l’inquisition, violant délibérément tous les principes enseignés depuis les Lumières. Nous nageons dans le populisme pénal le plus nauséabond mais nul ne semble s’en apercevoir. 

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