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Un impact de balle à Paris.
Un impact de balle à Paris.
©Reuters

Boouuh…

Messieurs les djihadistes, veuillez accepter mon mea culpa

Je sais que j’ai tardé. Mais vos actions lumineuses de ces derniers jours m’ont enfin ouvert les yeux.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Je suis français et je n’y peux rien : c’est la faute de mes parents. Mais je mesure maintenant à quel point cette appartenance fait de moi un maudit.  J’en ai honte. J’ose pour cela implorer votre pardon. Je m’excuse pour les crimes que j’ai commis en Algérie où j’ai colonisé à tout va. Où j’ai fait une guerre qui, heureusement, a quand même été gagnée par votre peuple.

Je suis français et je vous demande pardon pour les horreurs que subissent les cités. Ghettoïsées, martyrisées, abandonnées… Ce sont vos frères qui souffrent là-bas. Quant à vos sœurs c’est encore pire. Nous les avons perverties et nous les avons détournées du chemin de la pureté. Nombreuses en effet sont celles qui ont été victimes de notre propagande et se promènent en minijupe, dépoitraillées même. Et ça c’est le crime des crimes. Mea culpa.

Je suis juif aussi. Et là il faudrait un texte aussi long que le Coran pour détailler mes infamies. Oui je suis coupable car certains des miens tuent vos frères du Hamas. Oui je suis coupable car il est dit dans votre livre sacré que je suis un singe et un porc. Oui je suis coupable d’avoir traqué comme un animal le courageux Dieudonné alors qu’il est un être humain comme nous tous et en tout cas plus humain que les Juifs. Oui je suis coupable parce qu’il y a une flopée de Juifs à la direction des parties politiques, à l’Académie Française, dans les universités, à la télé, dans l’édition et même sur Atlantico. Ils ont pris la place qui revenait légitimement aux talents issus de la diversité. Mea culpa.

Je suis aussi blanc. Et les abominations infligées par nos ancêtres aux Noirs dépassent l’imagination. Le Code Noir, l’esclavage… Je sais maintenant que la seule façon d’effacer cette tâche honteuse est de raser Nantes et Bordeaux qui, au XVIIIème siècle, se sont engraissées avec la traite négrière. Mea culpa. Mais on me dit que je fais fausse route. Que vos ancêtres ont pendant des siècles, de razzias en razzias, capturé et vendu des millions d’esclaves africains. Je me suis égaré. Mea culpa.

Enfin je suis athée. Je n’ai pas de religion. Mais il m’arrive de visiter des églises qui sont belles. Je suis aussi, et parfois, entré dans des synagogues, beaucoup moins belles certes, pour des cérémonies de mariage d’amis à moi. En revanche je n’ai jamais mis les pieds dans une mosquée où souffle le vent divin de la vraie foi. Rassurez-moi, peut-être n’est-il pas trop tard pour le faire ? Mea culpa.

Voilà. Je voudrais espérer que vous lirez cette lettre et que vous serez sensible à ma sincère contrition. Mais en même temps je suis persuadé du contraire. Alors autant continuer dans la voie diabolique qui est la mienne. Comme dit l’Ecclésiaste il y a un temps pour tout. Pour moi voici venu le temps de la haine. Et je ne pense pas que quelques bombes sur Raqqa puissent suffire à l’assouvir. C’est chez nous, à St Denis, au Mirail, à Trappes, à La Courneuve qu’il faut aller. Telle est la règle du jeu. Et ce n’est pas nous qui l’avons fixée.

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