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Quand la perte d'un emploi est vécue comme un manque de reconnaissance sociale
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Enjeu affectif

Quand la perte d'un emploi est vécue comme un manque de reconnaissance sociale

Même dans une conjoncture économique difficile, trouver un emploi dépend en partie de soi. Partant de ce constat Sarah Famery, experte dans l'accompagnement personnel de chercheurs d'emploi, vous aide à mettre toutes les chances de votre côté, grâce à son guide "Trouver plus vite un emploi". Extraits (2/2).

Sarah Famery

Sarah Famery

Sarah Famery est coach et psychothérapeute. Fondatrice du  cabinet Evolution Conseil, spécialisé dans le repositionnement  professionnel et personnel, elle est partenaire de sociétés  d'outplacement et intervient fréquemment dans le cadre "d'antennes Emploi".

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Le fait d’être sans emploi et en recherche est facilement vécu comme une perte de reconnaissance, ce qui entame forcément la confiance en ses moyens, a fortiori si on était en relative situation d’échec et/ou si on en a l’impression.

En effet, si on est souvent aussi fragilisé, c’est qu’au-delà des inquiétudes au plan financier, qui ont bien sûr toute leur importance, il existe un enjeu affectif, très profond.

Le besoin de reconnaissance légitime et universel est une déclinaison, tout comme celui d’avoir une place, du besoin primaire d’amour. Pourquoi sinon, dans notre vie en général et dans notre milieu professionnel notamment, si ce n’est justement pour être « aimé », chercherions-nous tous autant à « plaire », à convenir et à donner la meilleure image de nous-mêmes en nous conformant ? Pourquoi, si ce n’est pour s’assurer de continuer à être « aimé », aurions-nous tant de mal à nous affirmer, à dire « non », à gérer les conflits, à prendre des décisions, à dire ce que nous avons à dire ?

Un enjeu affectif profond

Ainsi les personnes qui réagissent particulièrement mal à une perte d’emploi, allant parfois jusqu’à la dépression, vivent la plupart du temps cet événement comme une véritable perte d’amour. Perdant temporairement et symboliquement une reconnaissance sociale, elles ont le sentiment et la peur de perdre en même temps l’« amour des autres », et s’en trouvent complètement déstabilisées.

Il s’agit la plupart du temps de personnes qui n’ont pas été ou ne se sont pas senties reconnues, aimées pour ce qu’elles sont.

Doutant de l’amour qui leur a été porté, elles doutent alors, certes de manière irrationnelle, de l’amour qui peut à nouveau leur être porté. Ainsi risquent-elles de perdre toute confiance dans leur capacité à retrouver.

Sans aller jusque-là, un simple doute énoncé par exemple, sur l’intérêt de ses compétences, masque plus souvent qu’on pourrait le penser, un doute à intéresser tout court, à plaire, en d’autres termes, à pouvoir regagner au moins la considération d’un nouvel employeur.

Une dépendance contre-productive

Plus le besoin de reconnaissance est fort, plus il risque de fragiliser même temporairement l’individu en recherche d’emploi en lui faisant perdre une partie de ses moyens. En effet, à partir du moment où l’« autre » ne nous reconnaît pas, on est alors forcément enclin à penser que l’on a peu de valeur !

Pour être réintégré et de ce fait se sentir reconnu plus rapidement, on risque aussi de ne pas prendre le temps nécessaire pour prendre du recul et réfléchir parfois, à ce que l’on souhaite vraiment.

Par ailleurs quand on pense avoir perdu la « reconnaissance », a fortiori l’« amour », on a tendance à tout faire pour les regagner : dépendant alors du regard de l’autre, on cherche coûte que coûte à lui « plaire », au risque de rester lisse quand il serait préférable pour l’intéresser, de mettre en avant une motivation, un atout, une spécificité.

En se soumettant ainsi inconsciemment au pouvoir en partie imaginaire de qui peut nous accepter ou nous exclure, on n’ose pas toujours non plus, ne serait-ce dans un premier temps, qu’à soi-même, exprimer une envie, une idée, affirmer ce que l’on désire, ce qui peut aussi mettre sur la bonne voie.

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Extraits de Trouver plus vite un emploi, Eyrolles (5 avril 2012)

 

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