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Non, le manque d'argent n'est pas responsable des mauvais résultats du foot français !
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Ballon qui tourne pas rond

Non, le manque d'argent n'est pas responsable des mauvais résultats du foot français !

Retour à la Ligue 1 ce samedi pour les clubs français. La semaine fut morose, avec la défaite 2-0 de l'OM face au Bayern Munich en Ligue des champions. A croire que le foot français est désormais incapable de triompher en Europe.

Philippe David

Philippe David

Philippe David est cadre dirigeant, travaillant à l'international.

Il a écrit trois livres politiques : "Il va falloir tout reconstruire", ouvrage qui expliquait le pourquoi du 21 avril,  "Journal intime d'une année de rupture", sorti en 2009 aux éditions de l'Ixcéa, qui retrace les deux premières années de présidence Sarkozy et  "De la rupture aux impostures", Editions du Banc d'Arguin (9 avril 2012). 

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« Les faits sont têtus » disait Lenine. Cette affirmation vaut pour le football aussi puisqu’il est désormais certain qu’une fois de plus il n’y aura aucun club français parmi les ½ finalistes des coupes d’Europe de football.

L’affaire était entendue en Ligue Europa depuis l’automne et les fiascos conjoints du PSG et de Rennes, elle est désormais certaine en Ligue des Champions avec la déroute de l’OM sur sa pelouse mercredi soir face au Bayern Munich (0-2). Après l’élimination du champion de France, Lille, dès les poules (alors que son groupe n’était pas particulièrement relevé) et l’exploit de l’Olympique Lyonnais qui est arrivé à devenir le premier club français éliminé par un club chypriote dans l’histoire des coupes d’Europe de football, on ne peut pas dire que les résultats soient particulièrement brillants. On peut même affirmer qu’ils sont purement et simplement désastreux.

Il est bien loin le début des années 90 qui fût la meilleure époque pour les clubs français en coupe d’Europe, période précédée d’un désert de résultats et suivie depuis 2004 d’un autre désert de résultats.

1956 : La première coupe d’Europe a lieu et voit le Stade de Reims perdre de justesse en finale face au grand Real Madrid. Rebelote en 1959 avec une défaite logique en finale, les Merengue dominant 2-0 les Champenois.

De 1959 à 1976, aucun club français n’atteint une finale de coupe d’Europe, les mythiques « Verts » brisant la malédiction en arrachant leur qualification pour la finale lors d’un match d’anthologie sur la pelouse du PSV Eindhoven. Ce soir là Curkovic, le gardien yougoslave de Saint Etienne, réussit le match parfait. Cette année là, les Verts méritaient le titre. Comme l’écrivit le journal « Marca » le lendemain de la finale : « le meilleur n’a pas gagné ». Les poteaux carrés de Hampden Park en avaient décidé autrement. Bastia réalisa deux ans plus tard une fabuleuse épopée européenne en s’inclinant en finale de feu la coupe de l’UEFA face encore au PSV Eindhoven.

De 1978 à 1991, nouvelle traversée du désert avec aucune qualification pour une finale alors que l’équipe de France de Platini, Giresse, Tigana et Bossis fait rêver la planète football.

Puis vinrent les années 90 avec un club en finale en 91 (l’OM battu par l’Etoile Rouge à Bari), un en 92 ( Monaco défait en finale de feu la coupe des coupes face au Werder Brême le lendemain du drame de Furiani), un en 93 (avec la victoire de Marseille face à l’AC Milan), deux en 96 (PSG vainqueur de la coupe des coupes et Bordeaux défait par le Bayern en finale de la coupe de l’UEFA) et un en 97, le PSG battu par le Barça encore en finale de coupe des coupes. Depuis, excepté les deux finales perdues par Monaco et Marseille en 2004, plus rien.

En clair les clubs français ont réussi à atteindre autant de finales en 7 ans que lors des… 49 autres années de compétition.

Comment, alors que l’équipe de France a tout gagné depuis 1984, sommes nous tombés aussi bas aujourd’hui ? On nous répondra « arrêt Bosman», « fiscalité des clubs et des joueurs » mais il n’y a pas que ça.

Comment font les clubs portugais pour éliminer systématiquement nos clubs depuis des années alors que le budget du Benfica Lisbonne, brillant bien que battu face à Chelsea mardi, ne représente que le ¼ du budget de Paris, Lyon ou Marseille (40 millions d’euros contre environ 150 millions d’euros pour les 3 clubs les plus riches de France) ? Comment l’Apoël Nicosie, au budget de 18 millions d’euros peut sortir l’Olympique Lyonnais ? Comment le Red Bull Salzburg a pu sortir un PSG bourré de pétrodollars qataris ?

Si seul l’argent faisait la loi, nos clubs ne seraient pas des clubs de troisième zone dans les compétitions européennes. Il manque l’envie, l’audace, la hargne, la haine de la défaite et l’amour du maillot chez nos joueurs.

Pour ce qui est de nos entraîneurs, ils jouent avant tout pour ne pas perdre avec souvent des tactiques à un seul attaquant qui rendent le spectacle aussi affligeant vu le niveau technique des joueurs qu’inintéressant vu la tactique adoptée sur le terrain.

Pourtant, nos joueurs et nos entraîneurs sont parmi les mieux payés d’Europe, les revenus des clubs étant dopés par les fameux droits télés qui atteignent encore 660 millions cette année et qui devraient encore augmenter pour les quatre années qui viennent avec l’arrivée de la chaîne Al Jazira.

Dans la période de crise que nous vivons, ces chiffres peuvent paraître fous. Comment en effet expliquer que des entreprises privées peuvent dépenser chaque année 660 millions d’euros pour un championnat qui ne vaut pas un kopeck…

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