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Le mouvement de manifestation des chefs d’entreprise déclenche rires et sarcasmes du côté du gouvernement.
Le mouvement de manifestation des chefs d’entreprise déclenche rires et sarcasmes du côté du gouvernement.
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L'Edito de Jean-Marc Sylvestre

Mais pourquoi les patrons ne pourraient-ils pas manifester comme tout le monde ?

Le mouvement de manifestation des chefs d’entreprise déclenche rires et sarcasmes du côté du gouvernement. Comme si ces manifestations étaient complètement illégitimes. Peut-être le font-ils mal, mais les patrons ont des raisons de protester qui ne méritent pas ce procès en supercherie.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Il y a tout d'abord un phénomène bizarre. A écouter le Premier ministre, il faudrait s’étonner de ce type de manifestations. Quand les fonctionnaires de l’Education nationale, ou les salariés d'Arcelor Mittal défilent, c’est normal. Quand c’est le charcutier du coin, l’artisan peintre ou le maçon, ce n’est pas normal.

Ensuite, il y a une position étonnante à considérer que tous les chefs d'entreprise sortent du même moule. Il ne faut pas confondre les patrons du CAC40 avec un manager d’une entreprise familiale, aucun rapport. Le patron du CAC travaille sur le marché mondial. Son seul problème c'est de payer des impôts en France, et encore, il étudie des formules pour optimiser sa facture. C’est-à-dire pour en payer moins. Rien à voir avec l’artisan.

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Tous ces patrons aux profils très différents n’inquiètent personne. Les gouvernants et les observateurs peuvent donc sourire mais ils ont tort. Quand les pigeons se mobilisent sur un problème précis, en l’occurrence les impôts sur les plus values de cession, ou quand les patrons de PME menacent de faire une grève de l’impôt, tout le monde se bouge. Une grève de patrons ça soulève normalement autant de questions qui peuvent être contagieuses et contaminer toute la société.

Les patrons protestent contre leurs conditions de vie professionnelle et contre des réformes qui seraient très difficiles à mettre en œuvre. La simplification administrative doit bien, quand même, être possible à obtenir. L'abrogation du compte de pénibilité qui va empoisonner la vie de beaucoup de chefs d’entreprise, et qui ne rend aucun service aux salariés, ça doit bien être possible à amender.

Au-delà de toutes ces revendications ponctuelles et administratives, les chefs d’entreprise réclament une seule chose. Que l'administration reconnaisse que c’est dans l’entreprise que se créer de la richesse. Pas ailleurs. Les conditions sont actuellement favorables à la reprise. Les taux d’intérêt sont très bas, le prix de l'énergie est en baisse et le prix de l’euro est plus qu'abordable. Logiquement, les entreprises devraient investir.

Si elles n'investissent pas, c’est pour deux raisons. D’une part, parce que les patrons ont peur de se secouer et de se planter. Tout change tout le temps. Comment faire des plans et des programmes dans ces conditions ? Deuxième raison, les chefs d’entreprise n’en ont pas envie parce qu'ils ne sont pas assuré pas d'en toucher les bénéfices.

Bref, l’écosystème de l’entreprise ne lui est pas favorable. Le gouvernement a tort de prendre cette manifestation à la légère parce que l’opinion publique a désormais beaucoup plus de sympathie pour les patrons qu’avant. En témoigne le sondage OpinionWay - Le Figaro - BFM Business publié lundi matin où l'on apprend que "59% des Français comprennent la mobilisation des patrons".

C’est la bonne nouvelle de la semaine. La pédagogie sur l’entreprise a fait d’énormes progrès. Le prochain candidat à la présidence ne pourra plus raconter n’importe quoi. L’opinion ne peut plus le croire et l'opinion n’en a plus envie.

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