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Lutte contre le terrorisme : un étrange parfum de renoncement
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Le bloc-pol de Laurence Sailliet

Lutte contre le terrorisme : un étrange parfum de renoncement

Laurence Sailliet aborde cette semaine la question de la lutte contre le terrorisme et des moyens qui pourraient être déployés par le gouvernement alors qu'une attaque au couteau a été menée à Reading, au Royaume-Uni, dans la soirée de samedi, démontrant que la menace est toujours persistante.

Laurence Sailliet

Laurence Sailliet

Laurence Sailliet, ex-porte-parole Les Républicains, est chroniqueuse politique.

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L’attaque au couteau qui a coûté la vie à trois personnes samedi soir dans un parc de Reading, à l'ouest de Londres, vient rappeler à ceux qui feignent de l’oublier que le terrorisme islamiste tue encore. Le monde, l’Europe et la France ne sont et ne seront pas épargnés par ceux qui veulent détruire notre civilisation, nos modes de vie, nos libertés. 

Cette remarque pourrait paraitre incongrue si, par exemple, il y a quelques jours seulement, à l’Assemblée nationale, les députés ne venaient pas de supprimer en commission la possibilité de traçage électronique des détenus condamnés pour terrorisme sortis de prison. Quel dangereux dogmatisme ! Entre 2020 et 2022, c’est près de 150 d’entre eux qui vont être remis en liberté en France ! En liberté ! Juste un détail semblerait-il, pour certains ... Parmi les multiples arguments évoqués, souvent pathétiques et même honteux, nous nous souviendrons de ceux de Paula Forteza, Député Écologie Démocratie Solidarité : « le dispositif nous semble très intrusif, très privatif de libertés, il nous semble être une prison hors les murs ... ». Allez comprendre ce qui peut animer ainsi un élu de la Nation , le motiver à défendre les « libertés » de ces criminels responsables directement ou indirectement de la mort d’innocents, d’enfants même parfois, de la souffrance et du chagrin de tant de famille. 

Parmi les autres bonnes raisons évoquées, cette fois par la majorité, nous retrouvons l’habituel risque d’ « inconstitutionnalité » ou encore le manque d’efficacité du dispositif. Mais ces derniers arguments, d’apparence plus acceptables, ne sont en fait que l’expression d’un regrettable manque de courage politique. 

Ce même courage qui a manqué lorsqu’il s’est agi de décider de la mise en rétention administrative des individus les plus dangereux fichés au FSPRT (fichier pour le signalement pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste). Pourtant les propositions de la droite, suffisamment étayées pour être applicables, fixant les modalités de cette rétention qui pouvait s’appliquer à 4000 individus (sur les 20000 recensés) considérés comme très dangereux, se sont heurtées au mur de la lâcheté. Dans la même logique, les 3000 étrangers de ce même fichier ne se verront pas expulser. 

Et pourtant ces mesures ne manquaient pas du soutien des Français qui se sont exprimés très clairement en faveur de cet arsenal législatif destiné à les protéger. Un sondage Odoxa de mars 2018, démontre qu’ils sont 87% à soutenir la rétention administrative des fichés jugés les plus dangereux et 83% l’expulsion des étrangers appartenant à ce même fichier. Une volonté populaire aussi clairement exprimée aurait dû l’emporter sur l’incompréhensible frilosité des décideurs. Gardons espoir qu’un jour nos concitoyens seront entendus même si l’évolution de la proposition de loi des élus LREM Yaël Braun-Pivet et Raphaël Gauvain n’est pas un bon signal. 

Mais au-delà de l’évolution de l’arsenal législatif, il est urgent d’enrayer le délétère processus engagé, encore plus fortement depuis quelques mois : le désarmement physique et moral de nos forces de l’ordre. Alors qu’ils sont les principales cibles des terroristes, ils deviennent celles aussi de certains individus animés par des responsables politiques dont l’impudence n’a d’égal que l’indignité. Ces multiples attaques à leur égard, ces violences, quelles qu’en soit leur forme doivent prendre fin et ne plus jouir d’une certaine tolérance de l’état . La reconnaissance de la Nation qui leur est dû ne doit pas attendre le prochain hommage qui sera fait à celui d’entre eux qui aura laissé sa vie pour sauver un innocent. 

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