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"Faut qu’on arrête 
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Rumeurs Politiques

"Faut qu’on arrête ce petit jeu, ça va mal se terminer"

La polémique autour des propos de Luc Ferry, qui accuse un ancien ministre de pédophilie, n'a pas fini d'enfler. Aurait-il dû se taire ? Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Ile de France, répond sans concession à cette question.

Jean-Luc Romero

Jean-Luc Romero

Jean-Luc Romero est conseiller régional d'Ile-de-France, président de l'Association du Droit à Mourir dans la Dignité (ADMD), d'Elus Locaux Contre le Sida (ELCS), du CRIPS Ile-de-France. Il est l'auteur de 6 livres.

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Atlantico : Comment réagissez-vous aux propos de Luc Ferry qui fait état de rumeurs de pédophilie concernant un ancien ministre ?

Jean-Luc Romero : S’il a un nom, qu’il le donne. Ce qu’il fait est absolument terrible. Pour les gens qui surfent sur Internet aujourd’hui, le nom de deux ou trois ministres revient de manière récurrente. Si tout cela est faux, c’est terrible pour eux, car ils sont donnés en pâture. Et aujourd’hui, les gens en parlent, car, malheureusement sur le Net, même si ce n’est pas du journalisme et de l’information vérifiée, ces noms circulent avec des faits détaillés dont on ne connaît pas toujours l’origine. Si Luc Ferry connait des faits délictueux, qu’il le dise. Mais on ne peut pas entretenir un climat de suspicion comme ceci.

Il aurait dû ne rien dire ou donner un nom ?

Je me méfie beaucoup du climat délétère dans lequel on est, au prétexte que les journalistes et les politiques n’auraient pas fait leur travail pour les affaires DSK et Tron. Certains auraient su  des choses et n’auraient rien dit. Peu de gens ont envie, je pense, de couvrir d’éventuels faits délictueux. Mais s’il s’agit de dénoncer des libertins ou des gens ayant une double vie, on n’arrêterait plus. Ce n’est pas ce que les Français demandent. Ils attendent des élus qui soient en harmonie entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font.  Mais ils n’ont pas envie d’avoir des petits saints, plutôt des élus à l’image des Français. Faut qu’on arrête ce petit jeu car cela va mal se terminer. Je pense à ses élus homosexuels que j’ai eu au téléphone depuis quelques semaines. Evidemment, ils ne le disent pas pour des raisons qui leur appartiennent. On parle beaucoup de sexisme et d’homophobie dans ce milieu. Mais ces élus disent que, dans cette grande opération de transparence que les Ferry et autres sont en train de réaliser, on va finir, demain, par dénoncer ces gens-là.  Faudrait qu’on s’arrête avant qu’on aille trop loin. On sait où mènent ces dénonciations générales.

Faut-il tout dire sur les politiques ?

Qu’on se pose des questions aujourd’hui sur ce qu’il faut dire ou ne pas dire, c’est très bien. Sur DSK, certaines choses circulaient, dans le milieu journalistique, on faisait plus que des allusions. Aujourd’hui, faisons attention. Doit-on tout dire sur la vie privée des femmes et des hommes publics ? Je n’en suis pas persuadé. Chacun a le droit à son jardin secret. Se présenter à une élection n’est pas un sacerdoce. On n’a pas dit qu’on était des saints. Entrer en politique, ce n’est pas entrer en religion. Je n’ai pas envie qu’on copie les Américains ou encore les Anglais, bien que ces derniers soient en train de reculer. On voit que les tabloïds ne peuvent plus faire ce qu’ils faisaient avant. Ce serait au détriment de tout le monde. Il faut arriver à un juste milieu : l’information juste à donner. N’entrons pas dans les chambres à coucher des politiques ou seulement s’il y a cas délictueux. Il ne s’agit pas seulement de se contenter de menacer ou dire « je savais » ou « tout le monde savait » mais il faut donner des faits précis.

Faut-il légiférer sur la vie privée des politiques ?

Non. Il y a des lois relativement équilibrées en France, contrairement à d’autres pays, qui permet de dénoncer des faits délictueux et respecter la vie privée des politiques. Ne jouons pas le coup de l’émotion : « Il faut tout changer ». Il faut, en revanche, que le sexisme disparaisse dans le monde politique. Idem pour l’homophobie qui existe et dont je viens de parler dans un livre .

Pourquoi Luc Ferry s’est-il exprimé de la sorte ?

Il a voulu évoquer une rumeur qu’on entend partout : sur le Net, dans le milieu journalistique et politique, dans une mairie, en entreprise. C’est un ancien ministre qui a voulu dénoncer un autre se basant sur des propos qu’il a recueillis. Il faut qu’il fasse attention, le boomerang peut vite revenir. Si c’est calculé, c’est grave et idiot. C’est un ancien ministre qui a des responsabilités, un chroniqueur sur une grande télévision, il faut être sûr, avoir des preuves. Ce qu’il a dit n’a pas été confirmé par le Premier ministre avec qui il a pu travailler.

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