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Ce mardi, le soldat franco-israélien Gilad Shalit devrait être échangé contre 1207 prisonniers palestiniens.
Ce mardi, le soldat franco-israélien Gilad Shalit devrait être échangé contre 1207 prisonniers palestiniens.
©Reuters

Le troc de Gaza

Libération de Gilad Shalit : les Juifs sont nuls en maths !

Ce mardi, le soldat franco-israélien Gilad Shalit est échangé contre 1207 prisonniers palestiniens. 1=1207 !! Misères de la mathématique…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Au piano (et au piano seulement) une blanche vaut deux noires… En Égypte, la vie d’un Copte ne vaut pas grand-chose… En Syrie, celle d’un manifestant encore moins… A la bourse de New York, 1 euro vaut 1,37 dollars… Un peu partout dans le monde 1=1 et 2+2 font 4. Mais à Gaza, ou du moins pour ceux qui contrôlent cette enclave, un Juif vaut 1207 Arabes !

Dans le monde en général, les mathématiques passent pour une science exacte. Mais pas ici, où c’est le Hamas qui fixe la manière dont il convient de compter. Et comme ce sont les Arabes qui ont inventé les mathématiques, on ne va quand même pas pinailler l’organisation islamiste dans ce domaine. Reste que, quand 1=1207, on peut s’interroger sur ce que cette équation dit de la valeur d’un être humain. Ce troc, et cela quel que soit le bout par lequel on le prend, dévalorise les 1207 et sur-valorise évidemment le 1. Les chiffres sont les chiffres et ils sont cruels. Pour les justifier, on objectera, bien-sûr, que les Israéliens détiennent des milliers de Palestiniens et que le Hamas n’avait dans ses geôles qu’un seul prisonnier israélien. C’est facile mais c’est humainement, philosophiquement et moralement indéfendable.

Car le Hamas, qui a édicté ces nouvelles règles mathématiques aurait pu, non pas se grandir (cela ne fait pas partie de ses ambitions), mais grandir l’image et la valeur de l’homme palestinien en appliquant le 1=1. C’était faisable. Le plus célèbre des prisonniers palestiniens détenus en Israël s’appelle Marwan Barghouti. Un leader charismatique, compagnon de combat de Yasser Arafat. Marwan Barghouti contre Gilad Shalit… Les Israéliens auraient à coup sûr accepté : dans le lot de ceux qu’ils libèrent il y a une quantité non négligeable d’assassins, autrement moins recommandables que le leader palestinien. 

Mais les dirigeants du Hamas ont préféré faire du chiffre, avoir du nombre. Ils comptent à leur façon. Et, manifestement, les Juifs, ceux d’Israël, ne savent pas compter. En tout cas pas de cette manière. Quand on pense que pendant des siècles les Juifs, ont eu une sérieuse réputation d’usuriers et de prêteurs sur gages… Les Israéliens sont fâchés avec les chiffres. Une seule chose compte pour eux, et il s’agit là d’une obligation nationale : ramener, vifs ou morts, et cela quel qu’en soit le prix, ceux des leurs qui sont aux mains de l’ennemi.

Il y a de cela quelques années, un autre échange a eu lieu à la frontière israélo-libanaise. Contre les corps de deux de leurs soldats enlevés, puis abominablement torturés par le Hezbollah, les Israéliens libérèrent Samir Kuntar. Ce dernier avait été condamné à la prison à la vie, pour avoir, lors d’une attaque terroriste, massacré une famille israélienne, y compris - ce détail a son importance - une petite fille de quatre ans dont il fracassa le crâne contre un rocher. L’opinion publique israélienne révoltée, protesta et hurla son écœurement. Mais les familles des deux soldats voulaient récupérer leurs corps. Elles eurent gain de cause.

Quand Samir Kuntar rentra au Liban, il fut là-bas triomphalement accueilli par les autorités du pays, tant l’emprise du Hezbollah était forte. Un tueur d’enfants couronné de lauriers comme un héros national. Des mathématiques, le Hezbollah a à peu près la même conception que le Hamas : 1 assassin psychopathe = 2 cadavres. Au XVIIe siècle, Shakespeare écrivit Le Marchand de Venise. Il y mettait en scène l’usurier Shylock qui réclamait sa livre de chair. L’usurier était juif. En 2012, Shylock n’est plus juif, et on sait désormais où il exerce son métier.

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