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« Va donc, eh, libéral ! »
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Zone franche

« Va donc, eh, libéral ! »

En France, le "libéral", c’est le type qui ne pense pas comme vous. Et peu importe ce qu’il pense, à vrai dire, du moment qu'il peut servir de punching-ball.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Nicolas Sarkozy, qui est un homme pondéré et tout en sobriété, c'est connu, n’aime pas beaucoup le « libéralisme sans frein et sans limite d’Alain Madelin ».

Je ne sais pas si ça correspond vraiment au credo du député d’Ille-et-Vilaine, qui me frappe davantage comme un centriste nord-européen standard qui aimerait bien que l’État se mêle un peu moins de nos affaires que comme un libertarien à la Ron Paul. Mais je suppose que c’est une question de simple bon sens : renouveler un bail à l’Élysée en acceptant d’être traité de libéral, c’est un peu comme tenter d’entrer à la Maison-Blanche en admettant douter de l’existence de Dieu.

L’omniprésident, pour autant, est tout sauf ça. Au moins aussi interventionniste que n’importe quel membre du bureau national du PS (et peut-être plus que certains, pour dire la vérité), il ne brille pas non plus pour son ouverture aux évolutions de la société en matière de mœurs.

Ce qui n’empêche toutefois pas François Bayrou d’en faire le mauvais génie de la mondialisation malheureuse et le champion de la main invisible smithienne ― mais bon, au royaume des aveugles… Notez qu’il a des raisons de chercher à montrer patte blanche antilibérale, le patron du Modem : rue de Solferino, il y a bien longtemps qu’on le traite carrément d’ultralibéral et ça va finir par lui porter préjudice.

Surtout depuis que le Parti Libéral Démocrate et le Mouvement des Libéraux de Gauche ont décidé de le soutenir, ces crapules sans cœur !

Mais voyons voir : Sarkozy se défend d'être un libéral madelinien, Bayrou ne veut pas passer pour un libéral sarkozyen, le PS se défend d’être sensible aux sirènes du libéral-bayrouisme, Mélenchon est en pétard contre le libéral-socialisme de ses anciens camarades, Nathalie Arthaud (LO) est convaincue que le Front de gauche est le faux-nez des libéraux du PS… Jusqu’à Marine Le Pen qui pourfend l’utra-libéralisme et sonne plus gauchiste encore qu’un militant du NPA depuis qu’elle a découvert qu’il restait davantage d’ouvriers que de petits commerçants à faire paniquer.

De fait, il n’y a guère que Madelin pour ne pas essayer de renvoyer la patate chaude de l’autre côté de la clôture pour mieux s’exonérer de tout ce qui fonctionne mal dans ce pays ― du chômage de masse à l'explosion des déficits publics ― et découle manifestement du libéralisme. Ah, on ne s’en rend pas compte, mais qu’est-ce qu’il a comme pouvoir, le député d’Ille-et-Vilaine.

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