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L'essayiste et journaliste politique français Eric Zemmour assiste à une table ronde lors du quatrième sommet démographique à Budapest, le 24 septembre 2021.
L'essayiste et journaliste politique français Eric Zemmour assiste à une table ronde lors du quatrième sommet démographique à Budapest, le 24 septembre 2021.
©ATTILA KISBENEDEK / AFP

Libre Parole

Les très, très singulières considérations d’Eric Zemmour sur l’affaire Dreyfus

Le célèbre capitaine avait pourtant un prénom français ce qui aurait dû plaire à l’auteur de « La France n’a pas dit son dernier mot ».

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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De tout temps, il n’a pas été facile d’être Juif : massacres, persécutions, pogroms… Certains Juifs ont renié leurs origines croyant ainsi échapper au funeste destin de la race maudite. D’autres, beaucoup moins nombreux, sont devenus antisémites espérant s’affranchir de l’ancestrale malédiction.

Eric Zemmour s’était déjà fait remarquer en rendant grâce au maréchal Pétain d’avoir, selon lui, sauvé les Juifs français. Dans sa démonstration, il avait opportunément oublié que ce même maréchal avait promulgué un infâme statut des Juifs.

Dans la même lancée, Zemmour attaqua la famille Sandler lui reprochant d’avoir fait enterrer en Israël les enfants assassinées à Toulouse par Mohammed Merah. C’était aller très loin dans l’ignominie.  

Ces déclarations ont éclipsé d’autres déclarations sur l’affaire Dreyfus que Zemmour avait fait auparavant. Il a dit à propos du bordereau envoyé à l’attaché militaire allemand : « on ne saura jamais si c’était ou non l’écriture de Dreyfus ».

Et il est allé plus loin en ajoutant « pour l’armée française Dreyfus était allemand » ! Un absolu mensonge historique : le capitaine était un patriote qui avait quitté l’Alsace occupée pour rester français.

En ces années-là, Drumont éditait « La Libre Parole », un journal d’une terrifiante violence antisémite. Zemmour n’a certainement pas trouvé le temps d’aller à la Bibliothèque Nationale pour compulser les exemplaires de ce torchon. Mais il a  certainement lu le livre de Bernanos qui de la première à la dernière ligne est entièrement consacré à la gloire de Drumont.

En ces années-là, le commandant Henry fabriqua un faux destiné à accabler Dreyfus. Ce fut découvert. Et la presse anti-juive de l’époque, ne reculant devant rien, parla d’un «  faux patriotique ».

En ces années-là, Barrès écrivit qu’il « déduisait la culpabilité de Dreyfus de sa race ». Et il ajoutait que si le capitaine était déclaré innocent, cela équivaudrait à déclarer que «  la France était coupable ». Zemmour doit beaucoup au commandant Henry, à Barrès et à Bernanos…

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