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Les SMS, c'est (déjà) fini ?
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La fatigue du texto

Les SMS, c'est (déjà) fini ?

Après des années de hausse ininterrompue, le nombre de SMS échangés en France commence à légèrement décliner. Le SMS, bien que restant encore très utilisé, a peut-être son âge d'or derrière lui.

Catherine Lejealle

Catherine Lejealle

Catherine Lejealle est docteur en sociologie et ingénieur télécom (ENST Bretagne). Elle est professeur à l'ISC Paris et co-fondatrice de la Chaire Digital BusinessSes domaines de recherche couvrent les usages des TIC (téléphone portable, Internet, médias sociaux…)

Elle a publié La télévision mobile personnelle : usages, contenus et nomadisme,  Les usages du jeu sur le téléphone portable : une mobilisation dynamique des formes de sociabilité  aux Editions L'Harmattan et J'arrête d'être hyperconnecté ! : 21 jours pour réussir sa détox digitale chez Eyrolles.

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Atlantico : Pour le deuxième trimestre consécutif, les échanges de SMS ont baissé dans l'Hexagone puisque "seulement" 44,7 milliards d'entre eux ont été échangés sur les derniers mois de 2013. Faut-il voir dans cet affaissement le début de la lente disparition des textos de l'univers des télécoms ?

Catherine Lejealle : En effet, pour la première fois depuis son apparition, on observe une baisse du nombre de SMS envoyés qui reste tout de même conséquent avec 213 SMS mensuels en moyenne recensés par l’ARCEP. L’observation des usages communicationnels sur le long terme indique qu’aucun dispositif ne vient jamais remplacer les précédents et qu’il n’existe quasiment pas de disparition de dispositif. Le fax et le telex restent encore ponctuellement utilisés, même si bien entendu leur fréquence s’est massivement effondrée par rapport aux années 80. Le SMS n’est pas amené à mourir mais à se stabiliser sur des niches d’usages pour lesquels il répond à un besoin spécifique. Pour les informations de micro-coordination que sont les codes d’immeuble, les montants d’un achat, une heure de rendez-vous et autres informations exprimables en quelques chiffres ou mots, le SMS est idéal. On n’a pas toujours besoin de transmettre une photo.

Les adolescents sont réputés comme friands de ce mode de communication relativement économique. Sont-ils moins nombreux a utiliser les SMS actuellement ?

Justement, si on schématise les deux grands besoins qui sont de transmettre soit du texte soit de l’image, on peut dire que le SMS reste idéal pour le texte. Avec les forfaits illimités, il est peu coûteux. Avec la grande qualité des réseaux mobiles 3G et 3G+ et 4G, il est quasi immédiat et peut donner lieu à des échanges quasi synchrones comme une conversation. L’écriture T9 et la suggestion de mots utilisés par l’usager dans les SMS précédents facilite la rédaction. Enfin, l’archivage des SMS par destinataire permet une tracabilité et une relecture. Autant d’atouts qui parlent en faveur du SMS. Pour l’autre besoin qui est de transmettre une émotion captée sur le vif, la photo est plus adaptée. Et c’est justement un besoin que les jeunes ont plus fréquemment. Ils ont alors la possibilité d’envoyer des MMS en prenant une photo depuis leur mobile. Mais depuis peu, des services concurrents et ludiques viennent concurrencer le MMS notamment snapchat. Et pour cet usage, snapchat ajoute une dimension plus ludique, de pochette surprise à durée éphémère. 

Quels sont les supports les plus privilégiés pour remplacer les textos ?

Snapchat et ses avatars constituent autant de supports qui répondent mieux à la motivation. Il s’agit d’un envoi souvent groupé pour partager de l’émotion sur l’instant et interagir avec ses amis. Le fait que ces services soient accessibles et interconnectés avec les médias sociaux les rend plus attractifs pour les jeunes. Il existe aussi des services qui permettent à chacun d’ajouter une image ou du texte et de constituer une chaîne ludique partagée. On comprend bien que le besoin est différent de l’envoi d’une information (code d’immeuble…) à un seul destinataire.   

Peut-on parler, avec ces nouveaux supports, d'une évolution vers l'image de nos modes de communications au détriment du texte ?

Non il me semble que ce sont deux logiques d’usages différentes, l’une individuelle et l’autre collective. L’une concerne une information texte utilitaire alors que l’autre est ludique. Ce sont plutôt des usages concurrents. 

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