Les PME sont-elles en train de s'en sortir sans les banques ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
Les PME sont-elles en train de s'en sortir sans les banques ?
©

Chacun sa route, chacun son chemin

Les PME sont-elles en train de s'en sortir sans les banques ?

Alors que les banques européennes sont encore soupçonnées de pouvoir faire exploser la zone euro, les PME, notamment françaises, pourraient bien être en train de se passer d'elles. D'autres canaux de financement trop peu utilisés pourraient même se révéler bien moins contraignants pour les entreprises.

Robin Rivaton

Robin Rivaton

Robin Rivaton est chargé de mission d'un groupe dans le domaine des infrastructures. Il a connu plusieurs expériences en conseil financier, juridique et stratégique à Paris et à Londres.

Impliqué dans vie des idées, il écrit régulièrement dans plusieurs journaux et collabore avec des organismes de recherche sur les questions économiques et politiques. Il siège au Conseil scientifique du think-tank Fondapol où il a publié différents travaux sur la compétitivité, l'industrie ou les nouvelles technologies. Il est diplômé de l’ESCP Europe et de Sciences Po.

Voir la bio »

Le financement de l'économie est un ingrédient essentiel du cocktail de compétitivité nationale. Si les entreprises peuvent se financer à des taux bas, la rémunération des créanciers et des actionnaires ne constitue pas un facteur limitant de la volonté d'investissement. Ceci est d'autant plus vrai en France où la faiblesse des marges des entreprises notamment industrielles a fondu ces dernières années, de 34% en 2000 à 22% en 2012, réduit les possibilités d'autofinancement, celui-ci étant passé de 82% à 64% sur la même période. Le taux d’autofinancement des sociétés françaises a même atteint un plancher depuis vingt-cinq ans.

Les études ont été nombreuses pour savoir quel type de financement prédominait en France, financement direct dans lequel le prêteur et l’emprunteur sont en relation par le biais des marchés de capitaux ou financement indirect où il existe un intermédiaire entre le prêteur et l’emprunteur. Le marché intermédié représente encore 67 % des encours contre moins d’un tiers pour le financement direct pour les sociétés non financières.

Cette importance du crédit bancaire est le fruit de la faiblesse des autres sources de financement l’apport de fonds propres extérieurs ou l’endettement obligataire. 550.000 entreprises ont été créées en France en 2012, soit autant qu'en 2011. Seulement 14% de ces entreprises ont débuté leur activité avec un capital supérieur à 40 000 euros et 21 % avec moins de 2 000 euros de capital. Pourtant l’endettement bancaire se révèle bien souvent un mode de financement plus contraignant que l’apport de capitaux propres du fait des demandes de et des clauses dans les contrats de dette.

Le capital investissement, investisseur au capital des entreprises, est relativement bien installé en France et les financements apportés exprimés en pourcentage du PIB situent notre pays dans la moyenne des pays européens. Mais là encore, la différence se fait dans la faiblesse des structures dédiées aux premiers stades de la vie de l’entreprise, capital-risque, capital-amorçage et capital-développement qui se situent loin derrière leurs compétiteurs internationaux.

Le FIBAMY (French Internet Business Angel Money Yardstick) a été créé suite au projet de loi de finance 2013 pour obtenir un indicateur objectif du niveau d’investissement dans l’Internet français. Le dernier rapport a montré une hausse de 80% des montants investis au premier semestre 2013, pour un montant total de 15 millions d'euros, alors qu'ils étaient en baisse de 40% au dernier trimestre 2012. Ce mouvement devrait se poursuivre dans les prochains mois alimenté par la croissance des levées de fonds qui ont doublé.

La médiatisation du mouvement des Pigeons a sans doute aidé ainsi que les signaux positifs envoyés par la réforme de la taxation des plus-values de cession. La création de nouveaux fonds soutenus par le Fonds National d’Amorçage a aussi contribué à ce mouvement. Au passage, la hausse des montants provenant des fonds ISF-PME apporte des éléments en faveur du maintien de ce dispositif.

Ces bons chiffres doivent être nuancés car le montant engagé est extrêmement faible. 20 milliards d’euros de l’épargne nationale servent au financement des entreprises françaises, les montants en question n’en représentent que 0,15% et ils ne concernent que les sociétés travaillant sur le développement d’Internet. Comme le précise Jean-David Chamboredon, en tête du combat des Pigeons, « A PIB égal, les investissement des business angels aux Etats-Unis sont 30 fois plus importants qu’en France ». En outre, les levées de fond auprès des investisseurs institutionnels sont en baisse or ils devraient être la porte d’entrée principale du financement des entreprises en croissance en orientant l’épargne longue des ménages.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !