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Les nanotechnologies, nouvel espoir contre le cancer à l'avenir
©Commons.wikimedia.org

Santé

Les nanotechnologies, nouvel espoir contre le cancer à l'avenir

Une étude publiée dans le revue "Nature" a révélé les possibles apports de la nanotechnologies dans la lutte contre le cancer.

Laurent Alexandre

Laurent Alexandre

Chirurgien de formation, également diplômé de Science Po, d'Hec et de l'Ena, Laurent Alexandre a fondé dans les années 1990 le site d’information Doctissimo. Il le revend en 2008 et développe DNA Vision, entreprise spécialisée dans le séquençage ADN. Auteur de La mort de la mort paru en 2011, Laurent Alexandre est un expert des bouleversements que va connaître l'humanité grâce aux progrès de la biotechnologie. 

Vous pouvez suivre Laurent Alexandre sur son compe Twitter : @dr_l_alexandre

 
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Atlantico : A la lumière de cette étude et des recherches qui ont été présentées et malgré le stade de développement très peu avancé de ces technologies, peut-on désormais affirmer que les nanotechnologies sont un espoir dans la lutte contre le cancer ? Et que prédisent ces potentielles percées technologiques de l'avenir de la médecine à court ou moyen termes ?

Laurent Alexandre : Cette magnifique étude publiée dans la plus grande revue scientifique qu'est Nature montre que les biotechnologies en médecine ne sont pas qu'un fantasme. On entre dans une nouvelle aventure médicale où on va pouvoir avec des nano machines, des nano capteurs, des nano moteurs, agir à l'échelle de quelques nanomètres. C'est une des étapes qui va conduire le médecin à devenir un ingénieur du vivant agissant à l'échelle nanométrique à agir sur le vivant.

Effectivement on rendre dans l'ère de la nano médecine mais on en est encore au stade expérimental. Cela ne guérira pas le cancer avant de nombreuses années. Il y a d'autres voies qui vont guérir les malades bien avant les nanotechnologies.

Mais les nanotechnologies n'agiront pas que sur le cancer. Ce seront avec la génétique une arme de maitrise des maladies dans un premier temps et d'augmentation dans un second. C’est-à-dire que cette technologie va d'abord permettre l'Homme réparé et après elle permettra l'Homme augmenté. Cela va être un des grands instruments des transhumanistes pour aller vers l'Homme augmenté et in fine, l'Homme immortel. Ces technologies vont permettre de nettoyer, réparer les constituants cellulaires quand ils seront abîmés. Bref, cela permettra de dépasser nos limites naturelles.

Après il y a un débat qui est un débat philosophique et moral qui peut se résumer ainsi : "Est-ce que la médecine doit se limiter à réparer ou doit-elle aussi être l'agent des transhumanistes pour augmenter l'Homme". Le débat ne fait que commencer mais on voit déjà que les positions à l'intérieur du corps médical évoluent très rapidement. Benamid, le spécialiste mondial de Parkinson, l'homme qui a inventé les implants intracérébraux chez les parkinsoniens, dans Science et Avenir de juillet dernier a déclaré avoir changé sur la question.

Quels sont les risques inhérents au développement de ces nouvelles technologies notamment en matière de bioéthique  ou d'enjeux de privatisation de la santé.

Il y a d'abord des enjeux de risques médicaux. L'aspirine tue des gens chaque année en France, les gens peuvent mourir d'une anesthésie, il n'y a pas de médecine efficace qui n'ait pas d'effet secondaire. A un moment où elle a un effet thérapeutique, il y a des effets secondaires. Il n'y a pas de chimiothérapie qui n'a pas d'effets secondaires, il n'y a pas d'antibiotiques qui n'ont pas d'effets secondaires, il n'y a pas de traitement qui n'ont pas d'effets secondaires. La médecine cherche à faire des traitements dont les effets positifs soient très largement supérieurs aux effets négatifs.

Ces nanotechnologies auront des effets secondaires, il y aura des accidents.  Une fois que l'on a dit ça, il y a un deuxième thème à aborder qui est l'éthique. Toucher au vivant, est-ce que cela doit être encadré, comment l'encadrer, qui bénéficiera de ces technologies… Dans le dernier cas la réponse on la connaît, ce ne sont pas des laboratoires publics qui vont développer ces technologies-là. Les labo pharmaceutique publics n'existent pas, l'innovation est issue du secteur privé qui est encadré lui-même.

Il y aura dans le futur une réglementation comme il y a aujourd'hui pour les médicaments et ce n'est pas parce que les technologies sont issues du secteur privé qu'il n'y a pas de contrôle réglementaire.

Est-ce qu'aujourd'hui nos dirigeants sont conscients des enjeux qu'induisent le développement de ces technologies ?

Le risque médical d'effet secondaire bien sûr les gens le voient. En revanche la vassalisation technologique n'est pas perçue. En France les choses ont un peu changé du fait de la nouvelle équipe gouvernementale mais auparavant dans les équipes de Hollande ou Sarkozy, personne ne s'y connaissait sur ces questions. C'est aussi vrai en Europe, en juin dernier par exemple Junker s'est vanté de ne pas avoir de smartphones. Nous avons en Europe des élites technophobes qui ne comprennent pas la révolution technologique en cours.

La Grèce était une puissance mondiale il y a 2500 ans et sont depuis devenu un pays connaissant de grandes difficultés. Quand on cesse de se battre, on décline. Si l'Europe veut cesser de décliner, il faut qu'elle se mette à travailler sur ces enjeux.

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