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Les maths pour les nuls : il ne faut plus dire "problème" mais "phare" !
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Zéro pointé

Les maths pour les nuls : il ne faut plus dire "problème" mais "phare" !

C'est tout nouveau. Ça vient de sortir. Et il parait que ça a des vertus apaisantes…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Il y avait déjà un manuel imbécile pour les enfants de CE2 baignant tout entier dans le charabia de l'écriture inclusive. Il y a maintenant un manuel de maths idiot pour les mêmes où le mot "problème" est remplacé par le mot "phare". Car, expliquent les pédagogues à l'origine de cette trouvaille, le mot "problème" est anxiogène. 

L'enfant est en effet une petite chose fragile et délicate. Un rien le trouble, l'émeut et le bouleverse. Des générations et des générations d'écoliers ont été ainsi traumatisées pour toujours. Des millions et des millions de dépressions et de souffrances psychologiques. Sans parler de ceux d'aujourd'hui qui pour calmer leur anxiété se sont précipités sur le shit. 

Donc plus de problème. Tout va bien avec le phare. Un phare, c'est mignon, tendre. Et ça aide à comprendre pourquoi 2+2=4. Il reste que le phare, encore à ses balbutiements, pose encore quelques problèmes (désolé pour ce mot). Des enfants purs et innocents, rentrant chez eux à la maison se sont pris une paire de gifle pour avoir dit "Papa, Maman, vous pouvez m'aider à résoudre ce phare ?" Des réunions de parents d'élèves vont être organisées pour aider les papas et les mamans à sortir de leur pathétique ignorance…

Reste quand même une difficulté que nous ne pouvons pas dissimuler à l'heure de la féminisation obligée. Car un phare, c'est un évident symbole phallique. Les petites filles pourraient en être troublées et se sentir discriminées. Il y sera bientôt remédié. Sur les prochains manuels de maths, les phares virils et agressifs seront revêtus d'une jolie petite robe en dentelle. 

Nous attendons aussi avec une sérénité certaine les manuels d'histoire qui vont suivre. Nous y apprendrons qu'il y a eu jadis un personnage odieux du nom de Charles Martel. Un islamophobe, un tueur de musulmans. Et nous saurons que sa prétendue victoire lors de la bataille de Poitiers fut en réalité une tragique défaite pour l'avenir de notre pays. Eut-il perdu que nous vivrions aujourd'hui dans des villes ornées de très belles arabesques.

Inutile de dire que nous avons changé d'époque. Auparavant, la connerie s'avançait, honteuse, en catimini, en rasant les murs. Aujourd'hui elle marche d'un pas assuré, triomphante et sûre de son bon droit. Il est vrai que la France est dirigée par un phare de la pensée, Emmanuel Macron. Certains, dont je suis, pense que c'est un problème.

 

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