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Les JO pourraient-ils être la goutte d'eau qui fait déborder le vase de la dette explosive de la ville de Paris ?
©Pixabay

Finances à la dérive

Les JO pourraient-ils être la goutte d'eau qui fait déborder le vase de la dette explosive de la ville de Paris ?

​La Chambre Régionale a détaillé la façon dont la Ville de Paris, depuis la gestion Delanoë a progressivement perdu ses marges de manoeuvre. Les JO pourraient bien faire empirer cette dette.

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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Atlantico : Alors que la Cour Régionale Des Comptes tirait la sonnette d'alarme en 2016 sur l'état des finances de la villes de Paris et dans un contexte de baisse de dotation à l'égard des collectivités territoriales, quel est le risque financier pris par la ville en organisant les JO de 2024 ?

Éric Verhaeghe : Standard And Poor's estime à 23 ans la durée de désendettement de la ville, quand le seuil d'alerte est franchi à 12 ans. On peut donc considérer que la dette de la Ville est deux plus importante qu'elle ne le devrait pour être viable. Or les JO coûteront à la Ville de Paris au moins 1,5 milliards€ d'investissement. Ce chiffre est à prendre avec des pincettes. Il sera sans doute très supérieur puisque les vrais budgets des JO sont généralement entre le double et le triple des prévisions. Rappelons que le budget de la Ville est proche de 7 milliards annuels soit, grosso modo, le coût global des JO. Autrement dit, pour la ville, ces jeux sont une vraie prise de risque financière dont les Parisiens risquent de se repentir longtemps.

Le fait que la croissance des revenus de la ville de Paris ait reposé essentiellement sur ses ressources immobilières (droit de mutation), quels sont les risques structurels encourus à terme par la municipalité ?

​Soyons clairs: la ville assied sa survie financière sur l'inflation des prix immobiliers. C'est probablement la seule municipalité en France qui a un besoin aussi crucial d'avoir des prix au mètre carré supérieurs à 10.000€. On ne le dit pas assez, mais Anne Hidalgo a beau faire de grandes déclarations de gauche, elle a un besoin structurel de maintenir des prix du logement élevés. Elle mène, pour le coup, une vraie politique tournée vers les riches. En cas de stagnation des prix ou d'éclatement de la bulle immobilière, la situation de la ville sera dramatique. 

En quoi la gestion actuelle de la municipalité est-elle en cause dans ses difficultés financières ?

​La municipalité a multiplié les investissements lourds qui ont plombé les comptes de la ville. C'est par exemple le cas avec la construction du tram, dont la ville assume la majeure partie de l'investissement. Celui-ci coûte plusieurs centaines de millions par ligne, dont chaque fois un ticket important pour les Parisiens. Mais le plus symbolique est probablement l'opération des Halles et de sa canopée dont le coût global est estimé à 1 milliard€. Encore ces choix sont-ils des investissements ponctuels. Mais que dire de l'inflation de structures publiques qui supposent des recrutements de fonctionnaires sous statut pour assurer le fonctionnement quotidien. C'est le cas avec le développement des crèches, dont la gestion est désastreuse: les grèves y sont fréquentes pour des tarifs pratiqués supérieurs à ceux des structures privées.

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