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Les Jeux olympiques de Londres s'achèvent ce dimanche.
Les Jeux olympiques de Londres s'achèvent ce dimanche.
©Reuters

Le goût de l'effort

Les Jeux Olympiques sont-ils "de droite" ?

Les Jeux Olympiques de Londres se terminent ce dimanche soir. Trois semaines d'efforts, d'abnégation et de volonté qui, pour Sophie de Menthon, ne sont pas sans rappeler certaines valeurs de la droite...

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Merci ! A tous ceux qui ont contribué et participé à ces Jeux Olympiques qui ont éclairé notre été, nous ont réconciliés avec la société toute entière, nous ont même fait aimer les médias qui ont vibré avec nous en toute sincérité.

Merci, de ce retour des valeurs, de ces sourires triomphants, de ces larmes ravalées, de ces efforts inhumains, merci de la fierté de ces athlètes, de leur désir de se dépasser, de leur respect des autres compétiteurs ! Oubliés les minus du foot qui à l 'inverse avaient réussi un retour à un monde sans civilisation ou seuls le fric, la mode, l'ego et le clinquant sont rois, renvoyant les peuples à l époque du "panem et circenses" au sens le plus restrictif du terme.

Au début on n'osait y croire, émerveillés par les premiers commentaires et en particulier par l'intelligence émotionnelle des nageurs, leur modestie, leur capacité à réfléchir quand on leur posait une question ( même si après un 200m il ne doit pas être évident de trouver quoi répondre sur le thème "A quoi attribuez-vous votre succès ? ").
Le bonheur : pas une seule fois on a entendu le fatidique "je me suis fait plaisir !" la satisfaction intellectuelle et systématique du footballeur ( quand il a perdu il ajoute : le principal c'est que je me suis fait plaisir) ou du people en général après un bide ...figurez-vous qu'ils voulaient tous, honorer leur pays, leurs supporters et être reconnaissants à ceux qui les soutiennent. On rêvait.

Ils savaient parler, ils étaient lucides, modestes, souriants, respectueux... Mieux, ils gagnaient pour nous, pour vous et moi; qui n' a pas eu les larmes aux yeux avec eux ou sans eux sur les podiums ?

Et puis ce geste magique, consistant à s'enrouler dans le drapeau national sitôt la victoire remportée, comme si, la France les prenait dans ses bras.

Un mouvement magnifique qui donne toutes leurs dimensions multiples aux Jeux Olympiques et qui, mine de rien, redonne du sens à ce qu'est la  fierté nationale, dépassant tous les relents de nationalisme souvent teintés de haine de l'étranger. Ce nageur tunisien si fier d' avoir permis que la Tunisie pour la première fois soit représentée dans sa discipline; les Éthiopiens qui effacent par leur suprématie toute la misère du monde...  Le patriotisme à l'état pur lorsque cette jeune Canadienne, éclatante de bonheur, remercie la France oú elle s'entraine depuis des années en ayant tout quitté dans son pays, et c 'est à la France qu'elle dédie doublement cette médaille.

Nos jeunes suspendus à leurs écrans et délaissant leur réseaux sociaux sinon pour twitter leur admiration. Ouf ! Enfin l'exemplarité comme on la voudrait en permanence... ils vont se mettre au sport c'est promis et d'ailleurs que de compétitions organisées à l 'improviste toute la journée sur les lieux de  vacances avec distribution de médailles en chocolat. Bon début, pourvu que ça dure.

Mais pourquoi des JO "de droite" me direz-vous ? Parce que j' y ai enfin vu érigé au dessus de tout, le goût de l'effort, du dépassement, j'ai retrouvé la noblesse de la compétition, la volonté de gagner (que l'on refuse souvent aux chefs d'entreprises !). Pas d'excuses pleurnichardes à la défaite, ce n'était la faute de personne : nos héros disaient simplement qu'ils n' avaient pas assez travaillé et que la prochaine fois ils seraient plus performants que l'autre, qui lui, avait excellé !

Pas de nivellement par le bas, pas d'égalitarisme dans le mauvais sens du terme, de mauvaise normalité.

De droite parce que personne ne comptait son temps ! On s’entraîne jour et nuit, la pénibilité érigée en vertu ! Même les organisateurs et tous ceux qui bossent travaillaient sans compter, la performance est contagieuse. L'opiniatreté, le sentiment que l'on ne doit jamais s'avouer vaincu, qu'il reste encore des ressources au bout de l'effort ; en cela le troisième essai de notre perchiste national et son sublime symbole de "relever la barre" (à 5m 97 excusez du peu) est un summum et entraîne un délire de phéromones pour tout le monde; oui à cette drogue là !



Et les entraîneurs aussi investis que leurs athlètes sont de formidables pédagogues...à l'envers. Ils ne passent rien, ils engueulent, ils exigent, ils sont intransigeants...et ça marche! 

Je me souviendrai toujours de ma fille ravie qui rentrait du basket et dont l'équipe avait gagné à je ne sais qu'elle épreuve "Bravo ! lui dis- je, vous avez gagné le prix ? "Non maman, répond-elle un peu déçue, ce sont les perdants qui l'ont eu : la maîtresse a dit que c'était pour les consoler car c'était  triste de perdre ! Et bien la France de cette compassion-là a du  prendre une vraie leçon de réussite et de bonheur de la compétition aussi dure et impitoyable soit-elle le secret de la croissance ?

Merci, merci merci !

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