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Les Français ressortent l’argent qu'ils ont caché en Suisse
©Reuters

L'Édito de Jean-Marc Sylvestre

Les Français ressortent l’argent qu'ils ont caché en Suisse

Selon les banquiers suisses, la quasi-totalité des Français détenteurs de comptes non-déclarés a choisi de se mettre en règle avec le fisc français. La peur du gendarme et de la prison sans doute. Le gouvernement ne sait pas quoi faire de cette information et ne sait surtout pas en assumer la responsabilité. C'est dommage car cet argent qui sort de l’ombre en cache un autre plus difficile à pister.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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L’argent dont on parle est détenu illégalement par des Français dans des banques suisses. Il représente environ 70 milliards d’euros sur quelques 80.000 comptes non-déclarés au fisc français. Cet argent était en Suisse parfois depuis très longtemps pour plein de raisons différentes mais souvent inavouables. Il pouvait s’agir d’un argent mal gagné ou volé, d’un argent sale de la drogue, de la prostitution ou des commissions occultes sur des contrats commerciaux. Plus souvent cet argent était un argent offshore, c’est-à-dire gagné par des Français mais à l’étranger et qu'ils ont préféré ne pas rapatrier en France pour ne pas payer d’impôt. Ça pouvait être le résultat de contrats sportifs, de cachets de show-biz, de dividendes sur sociétés étrangères ou de plus-values immobilières versées directement à Genève. Bref, toutes les combines sont possibles pour échapper à l’impôt. 

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Cet argent aurait donc été régularisé en quasi-totalité vis-à-vis du fisc français. Ces Français auraient-ils été pris soudainement d’un excès d’honnêteté patriotique ? Peut-être pour quelques-uns d’entre eux qui ont hérité de ces comptes et qui cherchaient une solution pour les utiliser sans être obligé de s’installer en Suisse. Mais pour la plupart, ils n’ont pas pu faire autrement. D’ abord les grandes banques suisses ont prévenu leurs clients que faute d’un blanchiment, elles ne pouvaient plus gérer les comptes et qu’elles allaient mettre cet argent à leur disposition. Libre à eux d’en faire ce qu’ils voulaient. Soit ils viraient les liquidités dans une autre banque dans un autre pays, soit ils prenaient le tout en cash, soit ils régularisaient. 

Il faut dire que le gouvernement français a réanimé une vieille idée de la régularisation à peu de frais. Le gouvernement n’a pas voulu d’amnistie, mais il a offert une régularisation low cost. Une amende supportable au regard du risque pénal encouru si le fraudeur se faisait prendre. Résultat, le fraudeur et ses héritées qui auraient refusé l’accord ne pouvaient pratiquement plus mettre les pieds en Europe. Donc tout le monde ou presque a signé. Ce qui prouve que le gouvernement, en étant intelligent, peut-être aussi efficace. Difficile de s’en vanter pourtant, car la gauche bien-pensante admet mal que l’on fasse ainsi un tel cadeau.

Surtout que cette opération de régularisation massive ne concerne pas les montagnes de capitaux qui se sont légalement expatriés dans les bagages de contribuables essorés. Rien n’empêche aujourd’hui un chef d’entreprise de déménager à Bruxelles ou à Genève ou même au Maroc avec ça fortune sur laquelle il ne paiera plus d’ISF et de droits de succession. Ce sont ces contribuables-là qui forment le gros des bataillons d’expatriés fiscaux. Le gouvernement peut toujours les vouer aux gémonies, mais faute d’un accord international ou même européen, il ne peut rien faire d’autre. La seule solution serait de baisser l’impôt de ceux qui le paient mais ça, c’est une autre histoire.

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