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Drogue médicale

Les Français, biberonnés aux médicaments

Une étude du magazine 60 millions de consommateurs sur l’automédication et les Français fait apparaître deux tranches extrêmes, parmi les catégories : les accros aux médicaments et les réfractaires qui n'y touchent pas mais qui se reportent souvent sur des molécules "douces".

L’automédication a le vent en poupe. Selon une étude du magazine "60 millions de consommateurs", à paraître en janvier prochain, 8 Français sur 10 y ont recours. Paracétamol, ibuprofène ou aspirine sont autant de médicaments pris machinalement, au moindre petit symptôme. Sans ordonnance, ils s’achètent facilement en pharmacie. ‘’L’automédication est une bonne chose mais il faut néanmoins surveiller les doses et les interactions possibles qui peuvent s’avérer dangereuses’’ avertit Nicole Delépine, ancienne chef du service de cancérologie pédiatrique de Garches et auteure de ‘’La Face cachée des médicaments.’’

Les risques ? Ils n’arrêtent pas les Français qui sont les plus gros consommateurs de médicaments en Europe. En 2014, le panier moyen était de 95 euros, par an et par tête, devant les Italiens (76 euros) et les Allemands (68 euros). ‘’On les a tellement conditionné’’ se désole Nicole Delépine. ‘’Beaucoup n’imaginent pas que, lorsqu’on est bien portant, on n’a pas besoin de médicaments !’’

L’étude de "60 millions de consommateurs" met ainsi en exergue une tranche de population "extrême". Les ‘’accros’’ qui ne se passent plus de médicaments et qui se déclarent d’ailleurs "souvent malades". Ils font plus facilement confiance aux médecins et sont moins méfiants vis-à-vis des laboratoires pharmaceutiques. "Pourtant, les conflits d’intérêts sont énormes, notamment pour l’autorisation de mise sur le marché de certains médicaments"; insiste Nicole Delépine. Le magazine publie ainsi une liste de molécules en vente libre mais considérés comme dangereux car comportant ‘’trop de contre-indications ou d’effets indésirables, ou jugés inefficaces. "Il s’agit souvent de médicaments contre le rhume, régulièrement pointés du doigt dans les médias, sans que leur mise en vente ne soit véritablement inquiétée.

Mais cette collusion entre les autorités et les laboratoires écartent aussi de nombreux patients. C’est la seconde tranche ‘’extrême’’ : ceux qui ne touchent plus aux médicaments et qui adoptent un mode de vie plus sain. ‘’Les Français sont tellement conditionnées qu’ils se précipitent souvent vers d’autres médicaments alternatifs’’, souligne Nicole Delépine. Encore une fois, ce n’est pas sans risques. Ainsi le magnésium est un anti-déprimant naturel et efficace mais, consommé avec excès, il peut représenter un danger pour la santé. De la même façon, les comprimés multivitaminés peuvent entraîner des risques mortels chez les femmes âgées.

Entre les conflits d’intérêts et la variété des risques, comment s’y retrouver ? "Il faut faire confiance à son médecin, interroger son pharmacien et bien lire la notice", insiste Nicole Delépine. "Dans tous les cas, il faut faire attention aux mélanges. Surtout, ne pas oublier que le médicament sert à soigner et non à prévenir."

Une précaution à prendre, avant d’avaler un comprimé, sous peine de voir les pratiques "extrêmes" devenir la norme dans les années à venir. 

 

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