Les dessous de la stratégie des juppéistes pour prendre le contrôle du parti au lendemain de la primaire | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
En cas de victoire, Alain Juppé va devoir composer avec toutes les composantes du parti Les Républicains.
En cas de victoire, Alain Juppé va devoir composer avec toutes les composantes du parti Les Républicains.
©

En cours de réflexion

Les dessous de la stratégie des juppéistes pour prendre le contrôle du parti au lendemain de la primaire

Le maire de Bordeaux serait prêt à travailler avec les sarkozistes Eric Ciotti, Gérald Darmanin, Luc Chatel, Eric Woerth et même Brice Hortefeux. En revanche, il lui semble plus improbable de laisser la présidence du parti à Laurent Wauquiez qui, selon les juppéistes, "n'est pas sarkoziste" et a son propre agenda en tête.

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, Chronique d'une revanche annoncéeraconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

Voir la bio »

Ils ne sont pas superstitieux mais quand-même. Comme on hésite toujours à passer sous une échelle, c'est avec un frisson dans le dos que le camp Juppé évoque la victoire. "Ce qu'on fera après ? On s'interdit presque d'y penser, on ne veut pas penser à l'épisode suivant", avoue un proche du candidat. Bien entendu, il jure qu'il s'agit de rester concentré sur la prochaine haie, de ne pas brûler les étapes, mais on sent poindre, sous l’argument rationnel, la peur de tenter le sort. De contrarier les dieux en écrivant l'avenir à leur place. Et pourtant, une victoire, ça se prévoit.

Alors autour d'Alain Juppé on se force un peu à réfléchir à l'avenir du parti. "Nous avons eu trois bouts de discussion pas plus, autour d'un café, des propos assez allusifs", jure un conseiller qui ajoute, afin d'être bien compris, "nous n'avons jamais eu cette discussion avec Alain Juppé, nous ne lui avons jamais fait de note sur ce sujet, nous en sommes à une réflexion à voix haute qui est loin d'être aboutie".

Et cette réflexion non aboutie est complexe car l'avenir du parti s'écrit en deux temps, une première étape sera franchie après le second tour de la primaire et une autre après la présidentielle. A ce moment là, si Alain Juppé était élu président de la République, la présidence du parti serait laissée vacante. C'est ce qu'exigent les statuts des LR et c'est ce qui s'est produit durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. "Notre raisonnement est donc différent sur ces deux étapes", explique un proche du candidat qui poursuit, "pour la présidentielle il va nous falloir rassembler, si on ne place que des juppéistes, on ne rassemblera rien du tout".

Alain Juppé va donc devoir composer avec toutes les composantes des LR, toutes les sensibilités. Et bien évidemment, avec les sarkozistes. "La plupart sont juppéo-compatibles, bien sûr il y aura toujours trois irréductibles, mais on peut travailler avec 95% d'entre eux, explique-t-on chez le maire de Bordeaux. Eric Ciotti, Gérald Darmanin, Luc Chatel, Eric Woerth et même Brice Hortefeux sont juppéo-compatibles". Paradoxalement, c'est avec François Baroin, pourtant idéologiquement proche d'Alain Juppé, que les difficultés seront les plus grandes, car il y a une histoire personnelle compliquée entre eux.

Et quid de Laurent Wauquiez ? Le clan Juppé tient, en préambule, à souligner qu'il est difficile de le classer dans la case sarkoziste. Une case, qui, rappellent-ils, va être extrêmement mouvante en cas de défaite de l'ancien président. "Qui se revendiquera alors sarkoziste ? Qui va se poser en héritier, c'est une vraie question", explique-t-on boulevard Raspail.

Laurent Wauquiez pose donc deux problèmes majeurs aux juppéistes ; d'abord, il n'incarne pas le rassemblement car "il est sur un créneau bien à lui, à l'aile droite des LR", explique un proche du candidat, mais surtout, ajoute ce dernier, "il y a un problème de loyauté, on sait que Laurent va jouer son jeu perso pour 2022". Or, complète un autre, "comment confier le parti à quelqu'un qui va vous planter un poignard dans le dos dès le premier coup de vent". Le parti devrait donc échapper à son actuel président par intérim. Qui les juppéistes choisiraient-ils en cas de victoire ? Ils n'en ont, jurent-ils, aucune idée. Mais, à cette question ils répondent :  "Au fur et à mesure du temps, la tête du parti s'est mise à représenter une ligne et non plus la diversité du parti or c'est un parti avec des libéraux, des centriste, des gaullistes". A qui ce profil correspond-t-il ? L'énigme n'est pas simple à résoudre.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !