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La situation européenne reste à la fois très déséquilibrée et très mauvaise. La reprise n'est donc pas pour tout de suite...
La situation européenne reste à la fois très déséquilibrée et très mauvaise. La reprise n'est donc pas pour tout de suite...
©Reuters

Mirage

Les 7 graphiques qui devraient calmer les ardeurs de tous ceux qui célèbrent (un peu vite) la reprise européenne

Les PIB remontent et les récessions ne seraient plus qu'un lointain souvenir. Même François Hollande l'a affirmé le 14 juillet, malgré des indicateurs économiques en demi-teinte. Simple optimisme ou méthode Coué ?

Bruno Bertez

Bruno Bertez

Bruno Bertez est un des anciens propriétaires de l'Agefi France (l'Agence économique et financière), repris en 1987 par le groupe Expansion sous la houlette de Jean-Louis Servan-Schreiber.

Il est un participant actif du Blog a Lupus, pour lequel il rédige de nombreux articles en économie et finance.

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Une tendance au ralentissement de la dégradation économique se dessine. Il faut s’en réjouir. Il convient cependant de la relativiser et de ne pas entretenir de faux espoirs, du moins à ce stade. Les erreurs de calcul économique coûtent chers pour les entreprises qui constituent des stocks qui deviendront des surplus, engagent des investissements qui seront inemployés ou même pour les particuliers qui joueront les cigales. L’indice Markit PMI analysé reste médiocre sinon mauvais et il n’y a pas de consistance autre que la pause dans les actions budgétaires de rééquilibrage.

La confiance des Français est au fond de l’abime, leur pouvoir d’achat ne progresse pas, sauf pour les fonctionnaires qui tournent l’austérité par la débauche de primes dites de technicité, et la création de crédit continu de chuter.

Ce que l’on ne vous dit pas, c’est que l’Allemagne n’a entrepris aucune mesure correctrice : on lui demandait de faire un peu plus de demande interne, et bien non, elle ne l’a pas fait, tout comme ses amis d’Europe du Nord. S'ils vont mieux, eux, ce n’est pas parce que leur demande interne a progressé , c’est parce qu’ils ont compensé la chute de la demande interne euro, celle des périphériques, par un effort accru à la grande exportation. Donc aucun bénéfice pour les pays déficitaires. Compte-tenu de la situation tendue du commerce global, on peut s’attendre à ce que cette pression accrue de l’Allemagne et de ses amis sur le marché mondial amène des mécontentements, sinon des rétorsions.

La situation européenne reste à la fois très déséquilibrée et très mauvaise. On vient de publier la statistique de M3 pour Juin. Elle est toujours mauvaise. La hausse n’est que de 2,8% sur 1 an. On continue de ralentir. Pire, la création de crédit privé, recule de 1,6% contre une baisse de 1,1% en mai, cela veut dire, avec cette 14ème baisse mensuelle consécutive, que la crise reste intacte : aucun dégel.

L’espoir des responsables de la conduite des affaires est que les agents économiques vont compenser la baisse de leur pouvoir d’achat, la hausse du chômage et l’austérité des finances publiques par le recours accru au crédit, cet espoir ne se concrétise pas. Draghi a beau pédaler comme un dératé pour avilir la qualité des papiers que la BCE met dans son bilan, peu importe, cela ne joue pas;  pas plus sur l’offre que sur la demande de crédit. Tout ce que cela fait, c’est pourrir un peu plus le bilan de l’institut d’émission garant de la monnaie.

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