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©PHILIPPE LOPEZ / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

Les 3 semaines les plus coûteuses de l’histoire

Le gouvernement a déployé de nouvelles mesures afin de poursuivre la lutte contre la Covid-19 et pour réduire le nombre de contaminations lors de la période des fêtes de fin d'année. De nombreuses entreprises resteront fermées. Les restaurants, les bars, les salles de sport et le secteur de la culture vont être fortement touchés par ces mesures.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

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Ce matin j’écoutais Laurent Géra. Son imitation du premier ministre est plus vraie que nature. Les humoristes ont toujours su déceler la supercherie chez le politique, chez les stars en général, et mettre en avant le ridicule avec ce détachement que nous devrions tous garder pour éviter (ce qui est très difficile avec cette gestion calamiteuse) la neurasthénie. Ils savent détacher ce geste, cette posture, que seuls les caricaturistes savent exagérer pour mieux nous décrire la réalité. Ce sont des révélateurs aussi puissants que ceux qu’utilisent les photographes pour révéler leur prise de vue. Celle de Castex est saisissante, avec ce costume trop grand pour lui, cette maladresse qui pourrait faire rire en temps normal, et, à sa décharge, le fait qu’il ait été choisi comme aux temps lointains, pour être le « bouffon du Roi », simple mais maladroit messager, qui laisse la part belle à son « commanditaire » pour se débarrasser de décisions que l’on finit par attribuer à Castex, alors qu’elles ne sont pas les siennes.

Il viendra un temps, où le Président pensera même à mettre tout sur le dos de son PM, par un tour de passe-passe que les institutions ont permises, en forgeant ce paravent de pacotille, ce souffre-douleur, qu’est en France, dans la 5ème République, le Premier Ministre (sauf en cas d’alternance, le temps d’avant, et encore, « remember » Chirac/Mitterand).

La décision de report du relâchement du confinement, en le reportant du 15 décembre au début Janvier, restera dans 1 an, au moment du bilan de l’année 2021, l’instant tragique qui aura fait basculer notre économie dans le précipice. Il était déjà bien préparé, savamment creusé, semaine après semaine, mais cette fois, ces 3 petites semaines resteront un petit pas dans le calendrier, et un pas de géant vers la récession.

L’ouverture, que nous aurions pu tolérer, même au risque d’une légère reprise des hospitalisations, aurait pu tout changer. Si nous avions ouvert, le monde de la culture, de l’évènement, de la restauration, du tourisme, aurait pu utiliser le « plâtre » que constitue les aides et le plan de « relance » (traduisez de colmatage partiel), pour tenir vaille que vaille, coûte que coûte, et passer l’année 2021. Ils auraient pu « serrer les fesses » et, bénéficiant de report de charges ou d’annulations partielles ou totales, qui auraient coûté bien moins cher, nous offrir une économie en sursis, sur une pente dangereuse mais pas fatale. Nous n’avons pas fait ce choix.

La BCE est en train de préparer un plan « incitatif » (au sens bâton plus que carotte du terme) pour que les banques laissent le robinet ouvert en 2021, car elles prévoient, des faillites monumentales, des défaillances terribles, des impasses budgétaires sans pareil, et souhaitent forcer la main aux banques pour continuer à prêter, à ce condamné à mort qu’on appelle l’Europe, et que l’on enterre pourtant un peu plus chaque jour sous terre. Nos gouvernants tuent l’économie et les banques devraient en payer le prix. On commence à voir poindre les chiffres insupportables du nombre de liquidations d’entreprises, pour le moment engluées dans les méandres administratifs de décisions judiciaires reportées, afin de ne pas alerter le bon peuple afin qu’il accepte ces mesures supplémentaires qui les condamnent. Jusqu’ici tout va bien, comme le veut la blague du suicidé, qui passe devant le 10ème étage de la tour de laquelle il s’est jeté.

Le Gouvernement menace toutes les fédérations d’entreprises de couper crédits et aides, s’ils osaient manifester. Ainsi, dans une négociation entre les professionnels des salles de sport et le gouvernement, ce dernier leur a indiqué que s’ils souhaitaient être aidés, il fallait « la fermer » et ne pas descendre dans les rues ou crier au micro des journalistes. La dérive autoritaire dont on parle en ce moment, se manifeste à tous les étages de cet état, qui comme l’indiquait le philosophe allemand la semaine passée, dérive par confort vers un régime aussi autoritaire que le Chinois dont ils se moquent si facilement. Toutes les professions, prises à la gorge, sont priées de se taire, sous menace de se voir privées d’aide. Le croyez-vous ? En France ? En 2020 ?

Ces 3 semaines, nous aurait permis de remettre un peu de baume au cœur des Français, et des Européens, et ne pas continuer à sacrifier 68M de français pour une courbe d’hospitalisation qui augmenterait un peu. La France et l’Allemagne se sont mises au diapason, pour éviter à la France de paraître isolée, mais cette dernière n’est jamais passée sous les 70% d’activité, contrairement à nous. Elle se remettra mieux que nous. Ces 3 semaines, nous allons les garder en travers de l’estomac, bien plus durement que les excès alimentaires de fêtes gâchées, où personne n’aura à cœur de célébrer. Nous avons manqué la dernière chance qui nous était donnée, préférant garder la dernière balle pour le suicide, plutôt que pour percer le mur qui nous sépare d’un avenir possible. Joyeuses fêtes à tous !!

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