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Le week-end noir de Sarkozy ? Panorama des réactions au dernier épisode du Sarkoshow...
©Reuters

2017

Le week-end noir de Sarkozy ? Panorama des réactions au dernier épisode du Sarkoshow...

Divisions, sondage, perte de leadership, remise en cause, petites phrases,... Le patron des Républicains a senti le vent du boulet ce week-end.

Eric Coder

Eric Coder

Eric Coder est journaliste.

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Nicolas Sarkozy n'est décidément pas à la fête et c'est un tombereau de petites phrases, de tacles et de commentaires en tous genres qui s'abattent sur ses épaules. L'autorité du chef des Républicains est désormais remise en cause ouvertement et plus personne ne prend de gants.

C'est Jean-François Copé qui a lancé la première salve

Après dix-huit mois d'abstinence médiatique, l'ancien président du parti Les Républicains, auteur du livre Le Sursaut français et qui vient d'échapper à une mise en examen dans l'affaire Bygmalion, a annoncé dimanche sa candidature à la primaire à droite sur le plateau du 20 heures de France 2. En face, sur TF1, Nicolas Sarkozy tentait de faire le service après-vente du Conseil national qui s'était tenu ce week-end. Autant dire que sa prestation a été sabotée dans les grandes largeurs. Jean-François Copé n'aurait pas apprécié que Nicolas Sarkozy court-circuite la sortie de son livre en publiant La France pour la vie quelques jours seulement après la parution du sien... Aussi a-t-il choisi le même soir que le président du parti pour faire cette annonce... Jean-François Copé a assuré que sa candidature n'est pas une revanche : « Ce n'est en aucun cas une candidature contre Nicolas Sarkozy », a-t-il affirmé. Les sarkozystes ne sont pas sur le même diapason : « Franchement, faire ça au moment où Nicolas parle du projet, c'est de la provocation », s'est étranglé Eric Woerth.

La seconde salve a été décochée par Jean-Pierre Raffarin

L'ancien premier ministre et sénateur de la Vienne a officialisé hier son soutien pour la primaire à Alain Juppé. Il a dressé, dans une interview  à La Nouvelle République du Centre-Ouest et Centre-Presse, un portrait en creux de Nicolas Sarkozy : « Je m'engage fermement et activement avec Alain Juppé, une personnalité forte, fiable et fidèle ». Fort « de son expérience, de son caractère, de sa puissance personnelle », « fiable parce que c'est un homme de parole, un homme droit, un homme qui respecte ce qu'il dit », « fidèle à des valeurs républicaines et européennes, de tempérance et d'équilibre ». Alain Juppé « a de la volonté » et il « n'est pas agité », a conclu Jean-Pierre Raffarin. Autant de qualités qui, sommes-nous laissés à comprendre, font largement défaut à l'ex-président de la République.

Un très mauvais sondage. Un de plus

Pour pimenter le tout, un sondage BVA pour Orange et iTélé, tombé samedi soir, donne encore et toujours Alain Juppé grand favori pour la primaire de droite. A la question de savoir quelle personnalité ils « préféraient » voir représenter le parti Les Républicains en 2017, 47 % des sondés ont répondu Alain Juppé, loin devant Nicolas Sarkozy, à égalité avec François Fillon à 11 %. Et selon ce sondage Alain Juppé arrive aussi en tête chez les sympathisants de droite, même si l'écart est un petit peu moins important : 48% contre 20%.

Un discours boudé par les ténors

De plus, Nicolas Sarkozy était bien seul dimanche, lorsqu'il a défendu la ligne des Républicains, réunis en Conseil national. Aucun des ténors, candidats ou futurs candidats, n'ont daigné assister au discours du patron qui clôturait la réunion. Un affront. Même Brice Hortefeux et Eric Ciotti ne l'ont pas épargné : « Il ne s’est rien passé, le Conseil national est donc une réussite », ont-ils déclaré en souriant. Cerise sur ce gâteau au goût de cendre, Luc Chatel, le candidat de Nicolas Sarkozy pour présider le Conseil national, n'a été élu que de justesse face à Michèle Alliot-Marie...

La primaire explique évidemment cette situation. Nicolas Sarkozy se veut rassembleur pour tenter de se présenter en chef de famille. Las, il est considéré avant tout comme un candidat, même s'il ne s'est pas encore déclaré. Et chacun affute ses couteaux car Nicolas Sarkozy n'est plus au centre du jeu, il n'est qu'un adversaire, une cible. Contesté dans son propre camp, Nicolas Sarkozy n'est pas non plus épargné au centre. François Bayrou a jugé hier, sur France 5, que Nicolas Sarkozy avait une attitude « agressive » qui l'amenait à « dire des bêtises plus grosses que lui », notamment sur le fait que le président du MoDem « vote à gauche ». Ambiance.

Une revue de presse très critique

Ce matin, les journaux et les éditorialistes s'en donnent à cœur joie. « Contre Sarkozy, Copé retrouve l'instinct primaire », à titré Le Parisien. « S'imposer en chef, Nicolas Sarkozy ne le peut plus. Aucune allégeance d'aucune sorte chez ses adversaires en interne » qui « ont rivalisé d'insolence, ce week-end », analyse Cécile Cornudet dans Les Échos. « Entre les poids lourds se bousculant au premier rang, les ambitieux trop pressés, les seconds couteaux revanchards et les candidatures de témoignage, la campagne tout juste entamée ressemble déjà à la mêlée brouillonne du combat des chefs dans Astérix. (Ou à la foire d'empoigne des socialistes.) », souligne Denis Daumin dans La Nouvelle République du Centre-Ouest.

Dans Sud-Ouest, Bruno Dive explique que « l'ancien chef de l'État comptait faire de la présidence du parti un atout majeur pour la reconquête de l'Élysée. Il aurait la machine, dicterait le projet, choisirait les investitures et rien ne saurait l'arrêter, pas même ces primaires auxquelles il avait fini par se résoudre. Mais ses rivaux, les Juppé, les Fillon, les Le Maire, sont en train de transformer l'appareil des Républicains en coquille vide. Et, loin de marquer l'unité du parti, ce conseil national aura commencé comme une réunion de famille un peu contrainte pour se terminer en meeting des seuls partisans de Sarkozy ». Dans le Figaro, Guillaume Tabard s'interroge : « Qui est Nicolas Sarkozy, le président des Républicains ou le candidat à l'élection présidentielle ? Les deux à la fois. Et c'est ce qui complique le jeu à droite. », juge-t-il.

« La défiance vis-à-vis du patron est patente » et « Nicolas Sarkozy n'est plus si fin manoeuvrier, souligne Alain Dusart dans L'Est républicain. Il veut imposer un préprogramme et avancer les investitures des députés. La ficelle est grosse. Ou plutôt élastique. Le boomerang lui est déjà revenu en pleine figure hier avec le ralliement du grand sachem Jean-Pierre Raffarin à Alain Juppé. »

Quant à Laurent Bodin dans L'Alsace, il estime que Nicolas sarkozy est « un individualiste patent, habitué à donner des ordres et à n'écouter que lui-même, voire une poignée de conseillers en cour. Et de se demander : «  Peut-il se transformer en capitaine modèle d'une équipe, chantre du collectif ? » Enfin, Yann Marec du Midi libre enfonce un dernier clou dans le cercueil : « Nicolas Sarkozy, rasséréné par ses centaines de signatures paraphées au bas de son livre, mésestime le degré de rejet à son endroit. »

La « guerre fratricide » redoutée par Laurent Wauquiez semble bel et bien avoir lieu.

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