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Le ministre de la Santé Olivier Veran et le Premier ministre Jean Castex avant une conférence de presse, le 9 décembre 2021.
Le ministre de la Santé Olivier Veran et le Premier ministre Jean Castex avant une conférence de presse, le 9 décembre 2021.
©LUDOVIC MARIN / PISCINE / AFP

Atlantico Business

Le variant Omicron commence à s’attaquer à l’économie

L’ampleur des contaminations liée à la 5e vague et l'arrivée massive du variant « Omicron » obligent donc le gouvernement à renforcer les mesures de restrictions, ce qui commence à saper le moral des Français sur le front de l’économie.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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« Ras le bol », « les Français en ont marre de chez marre », « qu’on nous vaccine tous et qu’on en finisse »...

Les manifestations de mauvaise humeur recommencent à se multiplier dans une France qui se croyait mieux protégée que ses voisins. En cette veille de Noël, la première conséquence de cette 5e vague a fait tomber le moral des Français dans les chaussettes, d’autant que le variant Omicron s’est invité au réveillon de Noël alors qu’on ne l’attendait vraiment pas. On s’était fait à l’idée de gérer le Kappa et le Delta, mais le petit dernier on ne l’avait pas prévu.

Du coup, branle-bas de combats du côté de l’exécutif, début d’affolement dans les hôpitaux et montée de fièvre et de stress dans les commerces de Noël.

Le gouvernement a visiblement engagé une course de vitesse avec ce variant Omicron qui, après avoir rodé à nos frontières, a trouvé le moyen d’arriver au périphérique et au cœur de Paris. D’où un conseil des ministres extraordinaire et un conseil de sécurité, dont l’issue inquiète toujours plus que le variant lui-même. Sauf que les Français sont prêts à tout accepter, pourvu qu’on se débarrasse de l’intrus. La vaccination va donc se généraliser, non seulement pour une 3e dose, mais aussi pour tous ceux qui pensaient échapper à la piqûre. La France découvre que plus de 5 millions d’entre eux n’étaient pas vaccinés, près de 200 000 avaient même fait ou acheté des fausses passes sanitaires. Quel pays, quelle pagaille !

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En attendant, les Français sont hantés par deux questions :

Première question : les hôpitaux vont-ils tenir ? Les personnels soignants se défendent comme des beaux diables de trier les malades et pourtant, les Français sont tellement furieux d’apprendre que beaucoup de ceux qui sont vraiment malades n’étaient pas vaccinés qu’ils sont prêts à les dénoncer pour protéger la place des vrais malades du cancer ou d’une maladie cardio vasculaire. Le débat sur le manque de moyens que les syndicats et l’opposition populiste essaie de ressortir, mais est occulté par un débat sur la responsabilité d’une partie des Français récalcitrants à la vaccination.

Deuxième question : l’économie, qui était repartie de façon très vigoureuse, va-t-elle retomber ? Actuellement, aucun institut économique n'a révisé à la baisse ses prévisions, sauf la Banque de France qui a réduit un peu son projet de croissance pour 2022. Mais 2022, c’est loin. Les Français vivent au jour le jour avec la progression vertigineuse des contaminations Omicron. Donc, tout le monde essaie de savoir comment les fêtes de fin d’années vont se passer.

1er point : Les dix jours qui nous séparent de la fin de l’année sont les jours les plus forts en consommation. La plupart des commerces spécialisés font, en fin d’année, le tiers de leur chiffre d’affaires annuel. C’est vrai pour le commerce de bouche un peu sophistiqué qui a peur de se retrouver avec de stocks de produits chers et périssables. Mais c’est vrai aussi pour le commerce de cadeaux utiles ou pas. De la confection à la bijouterie. Donc tout le monde espère qu‘on va échapper à des restrictions nouvelles d’activité pour les commerces ou les restaurants et tout ce que fait ou annonce le gouvernement vise à éviter les confinements ou les couvre-feu. Le variant le lui permettra-t-il ? Rien n’est sûr. La plupart de nos voisins européens ont choisi les confinements partiels et les couvre-feux.

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2ème point, la situation sanitaire peut nous obliger à donner un tour de vis. On peut donc, jeudi ou vendredi, nous annoncer un couvre-feu ou des fermetures de restaurants pour bloquer ou freiner la progression du virus et surtout, diminuer le risque de cas graves qui asphyxient l’hôpital.

3ème point, on sait déjà que la France ne va pas recevoir les millions de touristes anglais, allemand, suédois, hollandais, américains, russes ou chinois pour les fêtes de fin d’année. Beaucoup de voyages et de séjours ont été annulés. Les stations de ski vont tourner au ralenti, c’est une catastrophe parce que la clientèle étrangère dans les Alpes représente la moitié des skieurs de Noël. Les monuments, les musées de Paris et les palaces à Paris seront à moitié vides. EuroDisney, les châteaux de la Loire, Versailles et le Mont St Michel ne feront pas le plein. Les grands spectacles parisiens non plus !

Si le court terme est hypothéqué, l’année 2022 qui s’annonçait très bonne, va être handicaper par l’arrivée de ce variant Omicron. La réaction des gouvernements n’est pas suffisante pour embrayer la progression du variant. La transformation du pass sanitaire en pass vaccinal ne sera pas effective avant la mi-janvier si on veut respecter toutes les procédures démocratiques et encore, l’exécutif accélère beaucoup le protocole.

Début janvier, l’hôpital sera donc en risque d’étouffement et pour l’éviter, il donc va falloir accroitre les mesures de restrictions. Pas de confinement, mais recours au télétravail et nécessité de se réorganiser à la maison.

Ensuite, il y a des secteurs qui vont tourner au relatif et on les connait : les transports, le tourisme, les spectacles etc... On les connaît.

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Enfin, et c’est le plus grave, beaucoup d’entreprises ou d’investisseurs vont annuler ou retarder des projets, des investissements et des opérations.

Donc si pas de confinement, il faut accélérer la vaccination même si chacun commence à douter de l’efficacité du vaccin, tout le monde se dit qu’il permette d’éviter les cas graves. On protège les grand-mères mais pas que. De toute façon, on n’a pas le choix en attendant  fébrilement des nouveaux vaccins et des traitements.

Le gouvernement va évidemment reprendre la politique du quoi qu’il en coute, mais dans quelle mesure avec quelle ampleur, parce que ça va couter extrêmement cher. L’organisation d’une maîtrise de l’endettement va donc être reportée sans qu’on puisse savoir si le système de financement des dépenses publiques exceptionnelles tiendra un nouveau choc. Un premier choc, ça va. Un deuxième ça va encore. Mais un troisième ?

Sur le terrain politique, on va plonger dans l’incertitude la plus totale. D’abord, parce que le virus n’est ni de droite, ni de gauche. Il ne fait pas de politique. Il avance tête baissée. D’où le début de campagne électorale pour la présidentielle. La plupart des candidats reprennent le discours critique à l’encontre du gouvernement mais ça ne prend pas. Avant l’arrivée de l’invité mystère Omicron, Emmanuel Macron se retrouvait en position favorable parce que la situation économique était redressée et l’opinion considérait que finalement la crise avait été bien gérée. En dépit de tous les disfonctionnements administratifs du début.  

Mais si les choses se détériorent à nouveau, quelle va être la situation politique ?  Mystère ! La seule chose qui ressort avec certitude : l’opinion est globalement fatiguée de tout, y compris de ces drôles de Français qui refusent de respecter les règles sanitaires, sous le prétexte fallacieux que ces règles sont liberticides. Les Français, qui sont majoritairement vaccinés, sont aussi désormais majoritairement contre les opposants au vaccin.

Les responsables politiques sont donc obligés de prendre en compte la façon dont les Français acceptent les contraintes restrictives et du coup, ils adaptent leurs critiques à l’encontre de l’exécutif.

Les boussoles politiques sont un peu affolées.

Avant l’Omicron, la France était clivée entre les anti-Macron et les pro-Macrons. Aujourd’hui, elle est plutôt clivée entre les pro-vaccins (ultra majoritaires) et les anti-vaccins. Très logiquement, le vaccin et les mesures de restrictions qui étaient considérés comme des contraintes liberticides et insupportables sont devenus les outils inévitables de l’exercice des libertés individuelles. 

Le refus du confinement étant général, l’exécutif peut ressortir des mesures de contraintes collatérales. Et si La France a compris que le seul remède était la vaccination faute d’alternative crédible, il faut convaincre et obliger les non-vaccinés à changer d’avis. Par tous les moyens, y compris par la sanction. On découvre depuis une semaine que les primo- vaccinés encombrent les centres de vaccination qu’on pensait dédier aux troisièmes doses. 

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