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Valérie Pécresse lors d'un meeting de campagne à quelques mois du premier tour de l'élection présidentielle.
Valérie Pécresse lors d'un meeting de campagne à quelques mois du premier tour de l'élection présidentielle.
©JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Campagne électorale

Le projet de Pécresse pour augmenter les salaires et baisser les charges

La baisse des charges salariales et celle des impôts de production sont deux réformes essentielles à mener. Elles permettraient de redonner aux salariés et aux entreprises 50 milliards d'euros en quelques années.

Sébastien Laye

Sébastien Laye

Sebastien Laye est PDG de la societe immobiliere Aslan Investissement. Chercheur associé en economie à l'Institut Thomas More, il est aussi president fondateur du Parti Quatre Piliers.

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Toute campagne électorale voit essaimer son florilège de promesses et de réformes : c’est le jeu habituel dont nos concitoyens ne sont pas dupes, car seules les mesures financées et crédibles dans leur exécution auront in fine une influence sur leur vote. Ce double sceau, celui de l’inventivité et de la crédibilité, est la marque de fabrique de la candidature Pécresse et d’un programme imaginé et conçu à l’aune de la nécessité du rassemblement d’une famille politique historiquement minée par trop de divisions stériles.

Au sortir du Congrès, le constat macroéconomique d’une France qui ne travaillait pas assez, sous perfusion du quoiqu’il en coute et d’une gestion dispendieuse des deniers publics, avec une croissance potentielle insuffisante pour les prochaines années, prévalait. Valérie Pécresse, à l’inverse des autres candidats actuels, est aussi consciente des déséquilibres macroéconomiques : les politiques des banques centrales et la crise du Covid ont généré une inflation qui menace désormais le pouvoir d’achat de nos concitoyens. Dans un contexte inflationniste, il faut s’assurer d’une augmentation continue des salaires. L’objectif de Valérie Pécresse est celui d’une augmentation de 5% par an pour les premières années du quinquennat. Les réformes liées au pouvoir d’achat sont destinées à accompagner et soutenir ce mouvement : elles sont au nombre de 3 : 1/ le travailler plus sans charges ni impôts supplémentaires, afin de sortir des 35 heures au rythme des entreprises 2/ le rachat de RTT 3/ la baisse des cotisations salariales. Cette dernière mesure, en réduisant l’écart entre le net et le brut sur la feuille de paye, augmente mécaniquement les salaires. L’objectif -conservé malgré les attaques des macronistes sur le sujet- est bien d’obtenir une augmentation d’au moins de 10% des salaires par cette méthode sur le quinquennat. Mais cette réforme s’articule aussi avec le cadre des finances publiques. Dès l’été 2022, l’Etat prendra en charge une première tranche de ces cotisations (2,4% de baisses de cotisations salariales soit ¼ de la progression proposée sur le quinquennat), assurant ainsi une augmentation de 3% des salaires, hors progression naturelle des salaires, immédiate. Pour un salarié à 2000 euros, c’est immédiatement 700 euros par an. Mais la droite ne fera pas, à l’inverse d’autres candidats, de propositions démagogues non financées. Avec cette baisse des charges en 2022, c’est une augmentation de salaires pour tous, mais du coté des entreprises, il y a aussi une baisse immédiate des impôts de production (C3S). Ces deux mesures coutent 10 milliards et sont déjà financées.

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Au-delà, à partir de 2023, il nous faut lier les deux mesures, et donc l’augmentation continue des salaires en contexte inflationniste d’une part, la poursuite de la baisse des impôts de production d’autre part. Chaque année, nous ferons le point sur l’évolution des salaires par rapport à l’inflation : si les entreprises parviennent à augmenter les salaires, assurant la progression des revenus de nos concitoyens, budgétairement il devient possible de continuer à massivement baisser les impôts de production. Si ce n’est pas le cas, l’Etat continuera en priorité à faire baisser les charges en deca du seuil de 2.2x le SMIC. C’est donc bien un pacte donnant-donnant entre le pouvoir d’achat et la réindustrialisation du pays, entre les salariés et les entreprises, que nous proposons.  In fine, et sur le quinquennat, notre ambition est bien de permettre une augmentation totale des salaires de 5% par an, une baisse de 10% des charges salariales sur la tranche inférieure à 2.2x SMIC, et une baisse massive des impôts de production jusqu’à 35 milliards (soit une division par 2, pour être au niveau des Allemands) en donnant de nouvelles recettes aux collectivités locales.

En économie, tout se tient, en particulier les baisses d’impôts ou de charges, la création de valeur économique (en réalité, certaines de ces mesures vont s’autofinancer en partie, car par exemple la baisse des impôts de production créera de l’activité économique et donc des recettes fiscales), le pouvoir d’achat des salariés, et le cadre des finances publiques. Avec la baisse des charges salariales et celle des impôts de production, la Droite a deux réformes systématiques qu’aucun de ses adversaires n’a su imaginer, et 50 milliards potentiellement à redonner aux salariés et aux entreprises en quelques années. Pour atteindre ce double objectif, il faudra piloter différemment l’Etat et ses dépenses opérationnelles, mais surtout bien calibrer le rythme des deux réformes avec la croissance et les différents budgets. Ce réalisme dans la réforme, ce doit être l’ADN de la candidature LR de 2022.  

Par Sebastien Laye. Diplômé d’HEC, de Sciences Po et du MIT, Sebastien Laye est un entrepreneur dans l’immobilier commercial. Il est aussi chercheur associé en Economie pour le think tank Institut Thomas More. Il conseille par ailleurs Valérie Pécresse sur les questions économiques.

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