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La Franche-Comté (illustrée ci-dessus par son célèbre fromage) est très durement impactée par la crise.
La Franche-Comté (illustrée ci-dessus par son célèbre fromage) est très durement impactée par la crise.
©wikipédia

Au nord, c'était le chômage

Le palmarès des régions qui ont payé le plus lourd tribut à la crise

Une étude des statistiques de l'Acoss sur la masse salariale permet de repérer les régions qui ont été les plus touchées par la crise depuis 2008 et celles qui ont été relativement épargnées.

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

Voir la bio »

Billet publié initialement sur le blog d'Eric Verhaeghe

En reprenant les statistiques de l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) sur la masse salariale, je me suis dit qu’il y avait peut-être matière à réaliser une rapide étude sur la souffrance des Français par région depuis la crise de 2008. Je me suis attelé dans les lignes qui suivent à essayer d’en dresser le portrait le plus objectif.

La masse salariale par régions

L’ACOSS a la bonne idée de publier des séries statistiques longues sous format Excel, ce que ni l’INSEE ni la DARES n’aiment faire. Ces séries regroupent la masse salariale du secteur privé, c’est-à-dire des grosso modo 14 millions de Françaises et Français qui travaillent dans le secteur privé et cotisent à la sécurité sociale.

Voici la répartition de cette masse par régions (cliquez pour aggrandir):





Ce graphique montre assez utilement que l’Ile-de-France représente 25% de la masse salariale française (rappelons qu’elle ne compte pas la rémunération des fonctionnaires, ni les dividendes des employeurs), et qu’un tiers de cette masse est réparti entre deux régions (Ile-de-France et Rhône-Alpes).

Les évolutions de la masse salariale depuis 2008

Si l’on examine les glissements annuels de la masse salariale région par région, on obtient le graphique suivant (cliquez pour aggrandir) :



Ce graphique répartit à gauche de la perpendiculaire les glissements annuels de la masse salariale région par région vers le bas, et à droite les glissements vers le haut. Autrement dit, une barre à gauche signifie que la masse salariale a reculé, une barre à droite signifie qu’elle a augmenté. Plus une région compte des barres à gauche, plus les mouvements de baisse ont été nombreux.

Ce repérage visuel permet immédiatement d’identifier que les deux régions qui ont le moins souffert de la crise sont les DOM et la Corse, suivies par Midi-Pyrénées, l’Aquitaine et Rhône-Alpes.

Si l’on se fie à l’amplitude des baisses enregistrées, on s’aperçoit également que la Franche-Comté, la Lorraine, la Picardie, la Champagne, ont connu des secousses d’une extrême puissance en 2008. En 2008 et 2009, en Franche-Comté, la masse salariale s’est contractée de plus de 4%, quand Midi-Pyrénées ou l’Aquitaine connaissaient des mouvements beaucoup plus modérés.

En réalité, ce graphique dessine une carte de France avec un grand Nord-Est marqué au fer rouge par la crise, et un Sud-Ouest globalement épargné.

L’indice de souffrance régionale

Pour calculer l’indice de souffrance régionale, je fais la somme des variations en glissements trimestriels de la masse salariale enregistrés depuis 2008 dans chaque région. Cette somme permet de calculer l’amplitude globale des pressions exercées par la crise sur la masse salariale.

Voici le graphique retraçant cet indice (cliquez pour aggrandir) :



Ce graphique montre clairement que, depuis 2008, quelques régions échappent au traumatisme d’une baisse continue de la masse salariale. La Corse, les DOM, l’Aquitaine, Midi-Pyrénées et, dans une certaine mesure la Provence, ont plutôt tiré leur épingle du jeu. En revanche, la somme des glissements trimestriels est supérieure à 6% de baisse de la masse salariale pour des régions comme la Picardie, la Lorraine, la Haute-Normandie, la Franche-Comté, la Champagne. Là encore, on retrouve un arc septentrional fortement marqué par la crise, pendant qu’un grand Sud-Ouest semble avoir évité le pire.

Il faudrait évidemment essayer de mettre des chiffres en rapport avec la géographie électorale. Dans tous les cas, il est manifeste que la crise n’a pas frappé partout de la même façon en France.

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