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La PlayStation VR (née sous le nom de code de Project Morpheus) est la plus récente d’une longue série d'accessoires onéreux que les sociétés de jeux vidéo ont sorti pour prolonger la durée de vie de leur consoles déjà existantes.
La PlayStation VR (née sous le nom de code de Project Morpheus) est la plus récente d’une longue série d'accessoires onéreux que les sociétés de jeux vidéo ont sorti pour prolonger la durée de vie de leur consoles déjà existantes.
©OLIVER BERG / DPA / AFP

THE DAILY BEAST

Le nouveau jeu playstation I Am Batman hisse le jeu à un niveau génial de la réalité virtuelle

Avec le nouveau casque de Sony, les gamers vont désormais pouvoir découvrir la réalité virtuelle et l’expérience irréelle d’incarner le "Dark Knight" en personne.

Alec Kubas-Meyer

Alec Kubas-Meyer

Alec Kubas-Meyer est journaliste pour The Daily Beast.

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Alec Kubas-Meyer, The Daily Beast

Je suis Bruce Wayne, debout devant un piano à queue. Je tends la main, j'appuie sur quelques touches, et tout à coup, le sol se met à bouger. Je descends sur une plate-forme, je regarde tout autour de moi et je commence à me sentir claustrophobe avant que l’espace ne s’ouvre sur la Bat Cave, une énorme (et magnifique) structure souterraine. Et je me prépare, j’enfile les gants et ajoute les accessoires à ma ceinture. En tendant la main, je mets le masque et je le place devant mon visage. Je regarde dans le miroir. Batman me regarde.

Je suis un gangster, installé dans le siège passager lors d’une course-poursuite. Dans une main, je tiens un Uzi et le pointe à travers la fenêtre, je vise dans la direction d’un méchant sur une moto. Je tends mon autre main vers le tableau de bord - qui n’est plus dans mon champ de vision - et j’attrape un autre chargeur. Lorsque celui que j’utilise est vide, il tombe du pistolet, je claque mes mains, ce qui le recharge instantanément et je continue.

Je suis un être humain qui effectue des missions étranges exigées par un superviseur non humain ou invisible. Peut-être que je dépose des ballons de foot explosifs dans un tas de cartons de boissons énergétiques de la marque Energie Nucléaire, peut-être que j’étale du fromage et de la pulpe de pomme sur un morceau de pain afin d’obtenir un genre de pizza tout droit sorti d’un film d’horreur. Durant tout ceci, je suis assis (ou debout) dans mon appartement à New York, mais sur le moment, j’en viens presque à l’oublier.

Je porte un casque noir et argent couvert de vives lumières bleues, celui de la PlayStation VR. La PlayStation VR (née sous le nom de code de Project Morpheus) est la plus récente d’une longue série d'accessoires onéreux que les sociétés de jeux vidéo ont sorti pour prolonger la durée de vie de leur consoles déjà existantes : Kinect de Microsoft, PlayStation Move de Sony, Wii Balance Board de Nintendo, etc.

Mais alors que ces appareils manquaient de suivi technique, à la grande irritation de beaucoup d'acheteurs, il y a de bonnes raisons de penser que ce ne sera pas le cas pour la PlayStation VR. Au-delà de sa programmation de lancement, relativement robuste, et des promesses faites par les développeurs petits et grands pour le futur, la PSVR va marcher grâce à sa qualité. C’est de la réalité virtuelle pour les masses, ce dont nous avons tous rêvé depuis des lustres.

2016 est l’année de la réalité virtuelle, avec la sortie de la version finale de l’Oculus Rift, racheté par Facebook en 2013 pour 2 milliards de dollars, et la forte compétition que lui fait le casque HTC Vive, créé par le célèbre développeur-éditeur sur PC Valve. Le casque VR de Samsung en est à sa troisième version, et le marché est saturé par l'espèce de boîte en carton peu coûteuse que Google a développée, dans laquelle on peut insérer son téléphone pour regarder des vidéos à 360°. Mais ces dispositifs pour téléphones sont en fait un autre genre de produits. Ils sont bon marché et d’un usage limité. Vous pouvez vous en servir pour regarder tout autour de vous, mais vous ne pouvez pas vous déplacer.

De son côté, la PlayStation VR, comme la Rift et Vive, vous suit, vous et vos mouvements, particulièrement quand vous êtes relié aux manettes de la PlayStation Move (qui a fini par prouver qu’elle valait le coup). C’est du sérieux et à un prix raisonnable… Enfin, plus ou moins. Pour 400 dollars, vous pouvez avoir un casque. Sinon, avec le pack à 500 dollars, vous aurez un casque, une caméra PlayStation, et deux manettes Move, en plus d’un pack de cinq petits jeux qui ne sont pas le prochain "Wii Sports" mais vous permettront de vous familiariser avec votre nouveau jouet.

(Mon conseil : vous allez vouloir le pack à 500 dollars).

Bien entendu, si vous ne possédez pas la PlayStation 4, vous allez devoir rajouter 300 dollars - ou 400 si vous attendez la prochaine PlayStation 4 Pro. Mais la HTC Vive coûte 800 dollars et l’Oculus Rift 600, sans les 200 dollars pour la manette Touch qui suit votre main dans l’espace virtuel. Vous avez le pack PlayStation VR et le système qui le fait fonctionner pour le prix de ses concurrents (un ordinateur qui permet de faire fonctionner de façon satisfaisante un jeu en réalité virtuelle coûte au moins autant que les casques eux-mêmes).

Tout bien considéré, il est relativement simple de tout mettre en place. L'ensemble se présente dans un joli coffret avec un guide d’installation simple et des câbles où sont inscrits des chiffres en gros, pour que vous sachiez exactement comment tout brancher. Une fois que tout est installé, vous avez la caméra de la PlayStation pointée sur vous. Il est maintenant temps de mettre le casque.

Les premières minutes demandent un peu de bidouillage afin de trouver le bon ajustement. Le casque marche avec et sans lunettes, bien que ce soit plus facile et confortable sans. Le coup de main n’est pas long à trouver ; après la quatrième utilisation du casque, il ne m'a fallu que 15 secondes pour trouver le bon ajustement. Le casque a beaucoup changé depuis mon premier essai, lors d’un événement organisé par Sony en 2014. Mais dès lors, je savais qu’il s’agissait de quelque chose de spécial, et depuis, je suis emballé.

Ce qui vient à peine d'arriver dans les rayons est largement supérieur, c'est de loin le casque de réalité virtuelle le plus agréable que j’ai pu porter. Pour un gros engin tech que vous enfilez autour de votre tête, il est plutôt confortable. A plusieurs occasions, je l’ai porté plus d’une heure d’affilée. A part quelques marques rouges là où il appuyait contre mon visage, il n’y a eu aucun effet indésirable.

Après tous ces préparatifs, vous vous immergez dans le jeu. Et c’est à ce moment que tout change. Pour être vraiment franc. Tout. Change. Je me souviens avec précision de chaque essai d’un casque de réalité virtuelle parce que les sensations que j’ai ressenties m’ont toujours époustouflé, d’une façon ou d’une autre. Cette fois-ci aussi. Qu’il s’agisse de broyer du papier dans Job Simulator, de scruter les allées et venues d’un village miniature dans Allumettes, ou bien de détruire des bateaux en fil de fer dans Rez Infinite, j’ai ressenti une sensation d’osmose que je n'avais encore jamais ressentie auparavant pendant l'expérience. Il est difficile d’expliquer à quel point il est bizarre d’être assis dans sa chambre et d’avoir l’impression d’avoir été transporté dans une autre monde. Les programmateurs qualifient cette sensation par "présence". C’est magique.

Ce n’est pas comme si on ressentait les choses autour de nous pendant le jeu comme si elles étaient réelles. Par exemple, dans le jeu Headmaster, je n’ai pas eu l’impression que j’étais vraiment dans une cellule exiguëe, mais je n’avais pas non plus l’impression d’être dans ma chambre. La réalité virtuelle crée une troisième dimension : ni votre réalité, ni la réalité du jeu. C’est là, il me semble, la véritable réalité virtuelle. Nous sommes arrivés à un stade suffisamment avancé, qui permet de leurer le cerveau.

Lorsque la descente dans la Bat Cave a démarré, j’ai flippé au moment où le sol semblait se soulever autour de moi. Logiquement, je savais que je me trouvais dans un espace ouvert, mais mes tripes ne semblaient pas du tout en être conscientes.

Batman : Arkham VR est un jeu magnifique, et probablement le meilleur jeu de lancement de la PSVR, mais c’est également un très bon exemple de la façon dont les programmateurs essaient de travailler pour repousser les limites du système. La réalité virtuelle a besoin d’un niveau technique supérieur et pour rendre les jeux aussi bons qu'Arkham, les choses doivent êtres simplifiées. La portée du jeu est limitée et il n’y a pas de vrai mouvement intra-jeu. Cela dit, ce n’est pas un "vrai" jeu de la collection Arkham en VR. Et bien que les jeux sur PlayStation 4 Pro seront de meilleure qualité, ils ne sont pas de taille face aux ordinateurs pour jeux à plusieurs milliers de dollars qui font fonctionner un Oculus Rift ou un HTC Vive.

C'est cela dont nous parlons quand nous disons que la PSVR est de ''la réalité virtuelle de grande distribution". Ceci étant, lorsque vous êtes dans le jeu, l'apparence est beaucoup moins importante que vous ne le pensez. C'est de l’expérience en elle-même dont il est question. Il y a trois façons différentes d’interagir avec les jeux de la PSVR : avec le casque seul, avec une DualShock 4 classique, ou avec une manette Move (ou deux). Ces différentes options sont importantes parce que cela signifie que les développeurs ne sont pas limités à un seul type d’expérience. Certains jeux sont objectivement mieux avec une manette classique plutôt que la Move, et vice-versa.

Un exemple avec Headmaster mentionné plus haut, un jeu qui est un peu comme Portal dans lequel vous ne faites rien d’autre que de taper dans un ballon de foot avec la tête. Jouer à Headmaster ne nécessite pas une manette, DualShock ou Move. Il fonctionne parfaitement avec uniquement le casque de la PSVR. Pour sélectionner un nouveau niveau ou voir le menu, il suffit de tourner la tête d’un côté ou de l’autre. C’est facile à comprendre, c’est la raison pour laquelle je trouve que c'est le meilleur moyen de présenter la réalité virtuelle à mes amis.

Bien que je sois encore impressionné par ce dont est capable la réalité virtuelle, l’expérience n’est plus vraiment nouvelle pour moi. Alors j’ai voulu avoir des avis extérieurs. J’ai demandé à quelques amis qui n’avaient jamais utilisé la réalité virtuelle de l’essayer (l'un d'eux est un fan de jeux vidéos, l’autre non). Ils ont chacun essayé différents jeux. Tout ne leur a pas plu, mais une fois accrochés, ce fut l’amour fou.

Pendant qu’elle jouait à Job Simulator, l’une de mes amies s’est rendue compte qu’elle pouvait jeter tous les objets du jeu tout autour de son espace de travail virtuel. Son visage s’est illuminé et elle a commencé à attraper et à étrangler des objets virtuels dans tous les sens en utilisant la manette Move. Et pendant qu’elle y était, elle a dérivé sur la gauche avant de que sa main ne frappe le mur : "Oh mon dieu, j’ai oublié qu’il y avait un mur !".

L’autre s’est investie encore plus en jouant àHeadmaster. A un niveau donné, le tableau banal d’un "gardien de but" placé sur une grande planche de bois se trouve devant le joueur. En calculant mal l’angle, mon amie a frappé directement  le goal, il est immédiatement tombé à la renverse. Par réflexe, elle s’est excusée. Puis elle s’est reprise. "Attend, pourquoi ai-je dit pardon à ce morceau de bois ?".

Bien sûr, ce n’est pas tout à fait ça. Elle s’est excusée auprès d'un groupe de polygones et de pixels. Mais à ce moment-là, elle était sur le terrain de foot. Et lorsqu’elle a projeté sa tête en avant, elle a vraiment percuté directement avec le ballon ce morceau de bois et la forme humaine dessus. C'est ça, la "présence" dont les développeurs parlent. C’est ce qui fait de la réalité virtuelle quelque chose de si unique et de si séduisant;. Il n’y a vraiment rien de pareil.

Sony parie gros avec la PlayStation VR et a investi des tonnes d’argent dans ce produit et les jeux qui l’accompagnent. En faire des produits dérivés est risqué, mais par ailleurs, les bénéfices possibles qu'il y a à les rattacher à une console qui se trouve déjà dans dix millions de foyers sont énormes. Si vous avez une PS4, vous savez que vous pouvez vous servir de la PlayStation VR : ça va fonctionner. Et pour cette seule raison, c’est le meilleur casque que vous pouvez acheter en ce moment. La réalité virtuelle "de grande distribution'' est enfin arrivée, et c’est incroyable.

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