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Le camp Sarkozy sème le vent du tout-sauf-Juppé
©Reuters

Qui récoltera la tempête ?

Le camp Sarkozy sème le vent du tout-sauf-Juppé

L'équipe de Nicolas Sarkozy tente de retourner le tout-sauf-Sarkozy contre son principal bénéficiaire, Alain Juppé. Affirmant que les électeurs finiront par voter en faveur de l'ancien chef de l'Etat pour éviter le maire de Bordeaux. Une sorte de tout-sauf-Juppé qui a, pour l'instant, du mal à prendre.

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, Chronique d'une revanche annoncéeraconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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La formule a été inventée par l'un de ses adversaires d’aujourd’hui. Il en connaît la puissance et les nuisances. Cette faculté qu'a, une idée bien résumée, à se diffuser à la vitesse de la lumière, à capter l'attention et à pourrir le débat. Le Tout Sauf Sarkozy lancé par François Fillon en 2004 colle encore aux bask' de l'ancien Président. Lorsqu'il s'en croit enfin débarrassé, le TSS revient comme un boomerang obstiné. A chaque étape de sa vie politique : 2004, 2006, 2011, 2014... En 2016, le TSS est de retour. Il les entend, ces observateurs, ses sondeurs, analyser la popularité d'Alain Juppé. Et s'accorder pour dire que cette popularité repose, en grande partie, sur le rejet de l'autre. Et l'autre... c’est lui. Juppé ne suscite pas l'enthousiasme, mais tout est mieux que Nicolas Sarkozy, chantent en cœur les sondeurs. Satané TSS, encore et toujours.

Mais depuis quelque temps, Nicolas Sarkozy a décidé de retourner l'arme, depuis si longtemps braquée sur lui, contre son adversaire bordelais. L'ancien Président vient d'inventer le TSJ. Ça sonne moins bien, certes, mais l'idée peut-être redoutable. Il n'y a qu'à écouter les proches de l'ancien chef de l’État marteler : "Les électeurs vont finir par réaliser que Juppé n'est pas celui que l'on croit. Juppé en 1995, il a reculé quand-même", répètent les soutiens du candidat quand d'autres insistent sur son impopularité chez les médecins. "Ils ne veulent plus le voir, ils me disent : on n'en veut plus du tout", insiste un membre de l'équipe de campagne.

Tous insistent aussi sur l'idée que la politique d'Alain Juppé c'est du hollandisme bis alors que "Nicolas Sarkozy, lui au moins, assume d'être de droite or les gens ont envie d'un discours musclé". D'autre font tourner cette brève, publiée dans le Canard Enchaîné, qui raconte que le président de la Région Grand-Est, Philippe Richert, qui souhaite entrer au gouvernement si la droite retourne au pouvoir, est allé voir Alain Juppé pour l'assurer de son soutien si... ce dernier lui promettait un ministère. Réponse de l'édile bordelais : "je ne peux rien promettre". "C'est tout Juppé, racontent les sarkozystes, les types qui veulent le soutenir repartent humiliés. Parfois, il ne les reconnaît même pas".  Et d'en conclure que ces élus finiront par voter Nicolas Sarkozy, non pas parce qu'ils l'apprécient mais pour éviter Juppé. L'homme cassant qui ne promet jamais rien.

A cela, Juppé a répondu, dans un documentaire réalisé par Franz-Olivier Giesbert, "je les emmerde, s’ils ne sont pas contents qu’ils aillent voir ailleurs, on ne demande pas aux Français de choisir avec qui ils partiraient sur une île déserte". Du Juppé tout craché. Alors qu'à les entendre : "Nicolas Sarkozy a la capacité à vous emmener derrière lui. Durant son quinquennat, parfois, lorsqu’il proposait un projet de loi que les députés n'appréciaient pas, il les invitait à l’Élysée, leur parlait, et ils en ressortaient reboostés. Alain Juppé c'est l'inverse de ça". Reste que si le TSS survit au bout de 12 ans, le TSJ a du mal à prendre si l'on en croit les sondages qui, hier, encore, confirmaient l'avance du maire de Bordeaux. Mais la guerre psychologique n’est pas terminée, car le TSJ commence, aussi, a être entonné par l'autre partie de l'échiquier politique. Les proches de François Hollande l'ont repris à leur compte. "Cassant",  "froid", les mots sont les mêmes. Et d'ajouter : "Juppé c'est Balladur, il n'incarne pas cette droitisation de la société qui est en cours. S'il est désigné candidat de la droite à l'issue de la primaire, Marine Le Pen va faire un carton", explique un intime de François Hollande. Bref, Alain Juppé n'en a pas fini de se battre, contre sa droite et contre sa gauche.

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