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©OZAN KOSE / AFP

Leviers face à la crise

Le Bitcoin, l’anti-COVID-19 ? Certes le virus avance et mute, mais les vaccins sont injectés. L’économie regarde de meilleures nouvelles : croissance en Asie, signature du Brexit, arrivée de Biden, mais est-ce que ceci suffira ?

Jean-Paul Betbeze décrypte les conséquences de la pandémie sur les marchés financiers, les principales devises et notamment sur le Bitcoin.

UE Bruxelles AFP

Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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1 – 27 500 dollars environ : le prix d’un Bitcoin le 27 décembre contre 7 600 début janvier. Faut-il dire Merci Papa Noël, merci virus qui fait peur, merci inventeurs anonymes de cet actif, merci Banques Centrales qui permettent de l’acheter pour rien et de spéculer ?

Bitcoin : qu’est-ce qui le fait monter et jusqu’où ?

2 - Pandémie : les chiffres continuent d’être alarmants, 81 millions de cas et 1,8 million de morts dans le monde. Le chiffre fatidique de 1000 morts par million d’habitants, 1 mort sur 1000, est désormais franchi par les États-Unis (1024), derrière l’Italie (1185), le Pérou (1127), l’Espagne (1065) et le Royaume-Uni (1034). La France, avec 958 morts par million et 2,55 millions de cas, 5ème en termes absolus, n’est malheureusement pas loin. La question est partout la suivante : les fêtes, avec leurs voyages et réunions, vont-elles amener une recrudescence des cas ?

Monde : vers une quatrième vague de cas de COVID-19, après les fêtes? Cas par jour et moyenne sur 7 jours glissants (27 décembre 2020)

3 – Les bourses regardent ailleurs. Les vaccins soutiennent les innovations et les entreprises les plus en avance, bénéficiant au Nasdaq, par une sorte « d’effet Moderna » renforçant les valeurs high-tech : 20 dollars le 26 décembre 2019, 123 le 23 décembre 2020. Le Nasdaq, ainsi propulsé par les nouvelles technologies dans le domaine de la santé, continue son avance et convainc finalement le Dow Jones, toujours soutenu par les liquidités venant de la Fed. En même temps, les bonnes nouvelles d’Asie s’ajoutent : les profits des industries chinoises montent de 2,4% de janvier à novembre cette année, par rapport aux onze premiers mois de 2019, la croissance du Vietnam (lieu de production et d’exportation chinois vers les États-Unis) accélère à 4,5% : l’indice de Shanghai monte de 11% et le Nikkei de 15%. Le DAX allemand bénéficie à son tour des exportations vers la Chine. Le CAC 40 demeure à la peine, avec une reprise en novembre qui semble s’arrêter, son niveau étant de 7,9% inférieur à celui de janvier 2020. La question à venir est celle de la bourse anglaise, toujours inférieure sur un an (-13,7%) : en fait, les marchés avaient déjà anticipé la signature de l’accord, il leur reste à mieux en évaluer la portée.

4 – La désinflation est partout, bientôt la déflation en Chine ? Les prix baissent dans une grande partie du monde, zone euro (-0,3%) et Chine maintenant (-0,5%), avec une remontée aux États-Unis qui est maintenant en jeu, à partir d’un maximum à 1,4% il y a trois mois, à 1,2% depuis octobre. Dans ce contexte, les Banques Centrales n’ont qu’une chose à faire : continuer à acheter des bons du trésor pour faire baisser les taux longs, même si les déficits budgétaires se creusent partout, pour permettre la baisse des taux sur les obligations privées et les crédits bancaires. Elles doivent alimenter la machine à faire des crédits pour que remonte la croissance, l’emploi et les anticipations d’inflations, armes cruciales contre un risque déflationniste. Pour l’heure, avec le COVID-19, la partie n’est pas jouée.

5 – Le soja est la valeur qui monte, sous l’effet de la reprise chinoise qui en est grande consommatrice, puis vient l’or – toujours refuge, puis le blé, du fait des baisses de rendement liées au réchauffement climatique. En même temps, avec la lente reprise, le pétrole réduit lentement ses pertes.

6 - Le dollar continue sa baisse pilotée. D’un côté, la Fed annonce qu’elle va poursuivre ses achats de bons du trésor américain, soutenant la politique budgétaire en cours, et permettant ensuite son augmentation (mais rien ne sera facile avec les Républicains). En même temps, le Trésor piste les monnaies qui manipuleraient leur change, autrement dit ne lui permettraient pas de monter assez vis-à-vis du dollar. Ce sont l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie - donc l’euro, le Japon, la Malaisie, la Corée du Sud et le Vietnam - donc la Chine sans trop le dire, et la Suisse, obsédée par le risque d’être la monnaie refuge du monde, au risque de la suffocation. Pour des raisons politiques, l’étude du Trésor n’est pas sortie : on attend Biden ! D’un autre côté, les monnaies qui ont le plus baissé doivent revoir leur politique monétaire en haussant leurs taux (Turquie), attendre la montée du pétrole et des matières premières (Russie) ou espérer le FMI (Afrique du Sud). La question brésilienne est ouverte. Pour l’essentiel, il faudra donc attendre l’inauguration de Joe Biden.

7 - Dans le cas français, la question se pose toujours d’un troisième confinement et de ses effets sur l’emploi alors que le moral des entrepreneurs remonte, sans pour autant atteindre sa « normale » antérieure. Tout cela est donc très fragile.

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