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La seule chose à relocaliser d’urgence ? C’est une intelligence de la proximité
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Les entrepreneurs parlent aux Français

La seule chose à relocaliser d’urgence ? C’est une intelligence de la proximité

Vous l’avez remarqué, après avoir passé 40 ans à tuer les riches et les chasser de nos frontières, à tuer les prix et chasser nos emplois, à tuer la recherche et la laisser se faire aspirer par les pays émergents comme la Chine. Après 40 ans à tuer le long terme, et faire du journal de 20H le centre de la pensée d’un pays. Ils aimeraient nous redonner un zeste de souveraineté et d’indépendance. Magique non ?

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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D’un coup de baguette magique et surtout en parole, car les paroles coûtent peu et ne réclament pas beaucoup d’imagination. Sur le terrain, c’est plus complexe, la réalité dicte le temps et l’action, et les vœux pieux s’y enfouissent plus surement qu’un déchet nucléaire. Alors avant de continuer les grandes messes et les appels fiévreux, les bras tendus vers un avenir que nous nous sommes refusés dans un passé encore proche, commençons par privilégier l’intelligence, au service d’une vision, basée sur un principe fédérateur : La proximité.

Ce dont nous avons le plus besoin c’est d’intelligence. Pas de quotient intellectuel, mais une intelligence de vie. Nous sommes gouvernés par des QI, nous aurions dû remarquer, que les neurones c’était très surévalué et totalement survalorisé. Il est temps de laisser le pouvoir aux gueux, à ceux que l’on pourrait appeler les QT, les Quotients de Terrain (ou les Q terreux comme on disait chez moi en Normandie). Des neurones moins lisses, et des mains plus rugueuses, pour les mettre à la pâte un peu plus souvent que dans les bréviaires réservés à ceux qui veulent impressionner leurs maîtres lors des grands oraux et sortir dans la botte. Une botte qui leur permet de fouler le terrain de la vie réelle et d’en subir les éclaboussures pour nous les laisser en héritage

L’intelligence consisterait à comprendre que le principal enjeu est de repartir à la conquête du temps long. C’est pour cela que l’idée d’un commissariat au plan est loin d’être si idiote. Les Chinois prouvent avec allégresse que le plan, éclairé et bien mené, cela vous transforme une nation inexistante ou presque il y a 50 ans, en un dragon de course, qui domine le monde. Évidemment il y a une notion de casting. La même idée qui peut se révéler brillante, entre des mains habiles et avisées, peut se révéler nocive entre de mauvaises mains. Laisser cela à Bayrou, c’est choisir l’échec. Il dit qu’il réfléchit, prions pour qu’il arrive à la même conclusion que nous, et qu’il dise non. Les Chinois à la tête du plan sont ingénieurs de formation, pas littéraires. Chacun son métier. Le Béarn, malgré le respect que l’on doit avoir pour une belle terre agricole, n’est pas la silicon valley et Jobs n’avait pas François pour prénom. Mais un plan bien dessiné, avec un soleil et des gens qui sourient, portés par la croissance et une chance de s’enrichir, cela pourrait réussir à la France. Elle pourrait à nouveau s’offrir le privilège d’exploser les frontières étouffantes de l’échéance électorale.

L’intelligence serait de redonner de la valeur au temps long. En investissant massivement sur ces technologies et « business models » qui conforteront les USA dans leur place mondiale avec la Chine comme partenaire de bal, faisant de l’Europe et du reste du monde, une tranche de jambon bien fine.

L’intelligence sera de réaliser qu’il faudrait tout mettre sur les impairs bien rouges, que sont les PME et ETI françaises. Rouge vif, à l’instar de leur compte d’exploitation et trésorerie des derniers mois et des 24 mois à venir. Pour ceux qui survivront si longtemps. La presse peut bruisser de ces plans sociaux qui vont secouer le cocotier de l’emploi. Ils peuvent nous faire bondir au journal de 20H devant ce qu’ils estiment être un cataclysme, avec des chiffres en milliers ou dizaine de milliers supprimés par des grands groupes en difficulté. Mais la réalité, c’est que l’intelligence devrait porter nos regards sur les centaines de milliers de PME ou TPE, qui certes, individuellement, ne réalisent pas le score minimum pour avoir le bonheur faire la une du journal du soir, car qui se soucie de la PME de Corrèze qui perd 3 emplois ? Mais si l’intelligence est mathématique, elle devrait permettre, même à des commentateurs plus tournés vers les lettres, de faire une opération simple, faite de chiffres, et de multiplier 2 ou 3 emplois, par 100 ou 2000 entreprises. On réaliserait enfin que les chiffres cumulés de licenciements des grands groupes feraient office de « nains », face à ces chiffres proches du tsunami !!

Il faut donc se donner le temps, miser sur les bons soldats et leurs petits chevaux, les PME et les ETI et être obsessif sur la proximité. La proximité consiste à miser sur les forces d’un terrain particulier, pour lui donner une réussite unique, et un avantage concurrentiel, doublé d’un impact sociétal et humain incomparable. La proximité consiste à donner aux hommes ce dont ils ont le plus besoin, là où ils vivent, c’est-à-dire l’emploi. L’emploi, et la croissance, qui en est la mère nourricière, ne se nourrissent que de proximité. Il faut donc mettre la commande publique, la commande privée, l’investissement et le financement, au service de la proximité. Favoriser les entreprises de son territoire, non pour leur garantir une rente, mais pour leur garantir un chiffre d’affaire, assortit d’une marge réelle, qui leur permette de faire des profits, de les investir dans la recherche et l’innovation, la conquête de l’international et le digital. 

Au passage, la proximité est garante d’une agriculture et donc d’une alimentation de qualité, d’un moins fort impact climatique, tout en rendant les gens fiers de leurs entreprises championnes régionales, et confiants dans leur avenir, ce qui est loin d’être le cas à ce jour. A raison.

Pour faire tout cela, il faut des hommes et des femmes portés par une vision d’avenir, et rendre leur action transversale. Évidemment, avec un syndicaliste, artisan taxi qui devrait être logiquement à la retraite, à la tête du Ministère des PME, on s’éloigne manifestement du profil type nécessaire au rebond des PME vers le nouveau monde. Ce n’est pas dans les vieux plats qu’on fait la bonne croissance. Malgré le respect que j’ai des seniors, dont je suis certainement le plus fort soutien en France depuis 2012 et l’invention du premier incubateur intergénérationnel. Et malgré mon respect total pour les taxis, qui sont des bosseurs remarquables, mais dont la profession a montré son aveuglement face aux nouveaux modèles économiques, qui ont failli les décimer.

Évidemment, sans même un homme ou une femme du numérique dans un gouvernement pourtant mené par un Président quadragénaire, on réalise que la vieillesse n’attend pas le nombre des années… Bref, nous prononçons les bons mots, sommes prêts à tenter les bonnes recettes, mais pas avec le bon casting. Et tous ceux qui financent des entreprises savent bien que tout est dans l’exécution et non dans l’idée. Mal servie, elle périclite aussi certainement que la mauvaise quand elle est mal pilotée. Le pilote dans l’avion doit être au service de la proximité. Voir loin en voyant au plus près, est une compétence rare, revoyons le casting ?

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