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Seulement 10% des investisseurs américains anticipent une amélioration de la situation économique française en 2013.
Seulement 10% des investisseurs américains anticipent une amélioration de la situation économique française en 2013.
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Pessimistes

La "reprise" vue d'ailleurs : 60% des patrons étrangers anticipent une dégradation de l'économie française

Le baromètre du moral des investisseurs américains en France, publié le 15 octobre, montre que seulement 10% d'entre eux anticipent une amélioration du contexte économique en 2013.

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann

 

Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.

Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

 

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Pour François Hollande et le Gouvernement, les mauvaises nouvelles continuent. Le baromètre du moral des investisseurs américains en France, effectué par la « American Chamber of commerce in France » et par Bain & Cie, était publié ce 15 octobre.

Ce rendez-vous annuel est publié depuis 1999 et permet ainsi de mesurer l’attractivité de la France au regard des entreprises américaines implantées sur notre territoire. Les résultats sont édifiants.

« Une baisse significative du moral »

« Seulement 10% des répondants anticipent une amélioration du contexte économique en 2013 et 60% anticipent une dégradation » « L’attractivité de la France en tant que destination d’investissement est également en forte baisse. Moins de 13% des répondants jugent que leur maison mère a une perception positive de la France, contre 56% d’opinions favorables en 2011. »

En effet, ce qui inquiète plus n’est pas le très faible niveau de confiance mais bien l’effondrement de celle-ci sur une courte période. La confiance en la France en qualité de destination économique subissait une amélioration entre 2010 et 2011, passant de 46% à 56%. L’année 2012 marque le pas en chutant à 22% de confiance, pour finir l’année 2013 à 13%.

Les principales raisons de ce désamour sont listées ; le manque de lisibilité politique du gouvernement, un manque de prévisibilité des changements de législation, et une complexité croissante de la législation fiscale et du travail.

Les membres du gouvernement avancent régulièrement le manque de confiance des Français dans leur économie pour justifier le manque de résultats, mais il semblerait que le manque de confiance se reporte plus volontiers vers le gouvernement pour les investisseurs américains.

Le rapport va plus loin en indiquant que seuls 9% des employés des sociétés américaines recommanderaient le pays à des salariés étrangers. Le niveau d’imposition, la bureaucratie, et le climat social sont les moteurs de cette défiance. L’accès aux services de santé et le système scolaire ont par contre la faveur des personnes interrogées.

Selon les auteurs, la France dispose pourtant de points forts : qualité des infrastructures, qualification de la main d’œuvre, sa situation géographique etc., mais ils ne suffisent pas à contenir le mécontentement.

Pour finir, « les nouvelles mesures du gouvernement n’ont pas eu d’impact significatif sur l’attractivité de la France ». « De manière générale, les mesures sont vues comme n’adressant pas les sujets les plus critiques tout en renforçant l’aspect complexe et opaque de la législation française »

La chambre de commerce achève le rapport de recommandations, priant le gouvernement de bien vouloir offrir plus de lisibilité et de stabilité fiscale, de baisser le coût du travail mais également de « mieux communiquer ses réformes à l’international ».

La défiance envers François Hollande et le Gouvernement de Jean Marc Ayrault ne pourraient être exprimée plus clairement.

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