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Éditorial

La politique du zig zag fiscal permanent ou la majorité prisonnière de son surmoi marxiste

En opposition totale avec ce que promettent les discours officiels du gouvernement et face aux exigences de Bruxelles, on voit soudain resurgir à tous propos des impôts et des taxes nouveaux pour réduire les déficits. En découle un climat anxiogène préjudiciable à l’économie française.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Que penserait-on d’un navigateur qui changerait continuellement de cap ? Qu’il ferait du surplace ou risquerait de s’échouer sur un banc de sable faute de bien tenir son gouvernail.

C’est pourtant la politique que suit le gouvernement avec même une tendance à l’accélération qui crée un climat délétère et fait plonger à nouveau la cote de popularité des deux têtes de l’exécutif tout en semant le trouble dans l’opinion.   

Alors que la stabilité des prélèvements était devenue l’alpha et l’omega du discours officiel, on voit soudain resurgir à tous propos des impôts et des taxes nouveaux, ou la suppression de certains abattements autorisés, pour tenter de réduire les déficits face aux exigences de Bruxelles. Derniers en date : la taxe sur les risques systémiques à laquelle sont assujetties les banques ne sera plus déductible de l’impôt sur les sociétés. Et puis cet amendement ravageur proposé par un député et voté par ses pairs soumettant à cotisations sociales les dividendes des dirigeants actionnaires des sociétés, ce qui concerne la plupart des patrons de PME qui se seraient vus taxer entre 60 et 75%. Si les banques ont fait profil bas devant cette nouvelle attaque, un vent de panique a saisi le monde de l’entreprise devant une telle décision en opposition totale aux discours officiels, et le gouvernement a décidé immédiatement de faire machine arrière. Mais comme le texte a été voté en première lecture par l’Assemblée, il suivra le cheminement législatif ordinaire, ce qui signifie que pendant des semaines, le Premier ministre devra mener une véritable guérilla pour s’assurer que la mesure sera vraiment rapportée. Le climat empoisonné va donc continuer de régner, d’autant que sur le chantier de la concertation pour tenter un minimum de réformes, le dialogue de sourds ne connaît pas de trêve : aucune éclaircie n’est en vue pour rapprocher syndicats ouvriers et patronaux. Tout cela n’est pas de nature à rassurer les chefs d’entreprise, car il existe toujours au sein de la majorité actuelle un courant qui entend "casser du patron", car il voit dans la distribution des dividendes une appropriation abusive de la richesse créée par les salariés, en refusant de tenir compte du risque que prend l’entrepreneur lorsqu’il investit alors que le succès n’est jamais garanti, surtout dans une période de croissance zéro telle que nous la vivons présentement.

Malheureusement, une grande partie des parlementaires manque totalement de la moindre notion des mécanismes économiques et conserve des réflexes issus de la période marxiste, sans voir que le monde a changé. Vouloir aligner la fiscalité du capital sur celle des salaires est une hérésie, qui va à l’encontre de l’emploi. Mais le terme de capital continue d’être diabolisé par la majorité des députés, et pas seulement à gauche. Et il trouve un écho favorable au sein de l’administration, qui, bien souvent, torpille les initiatives gouvernementales en échafaudant des règlements aussi complexes qu’inapplicables, comme si son rêve était de transformer le monde de l’entreprise en une administration bureaucratique, en clair d’opérer sans le dire une sorte de nationalisation rampante du secteur privé qui ne pourrait s’en sortir qu’en se soumettant à la tutelle de l’Etat.   

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