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Tribune : La médecine libérale
doit voter Sarkozy !
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Opinion

Tribune : La médecine libérale doit voter Sarkozy !

Si Nicolas Sarkozy n'a pas répondu à toutes les attentes des médecins libéraux, il reste qu'il a mené des actions reconnues dans le domaine : création de maisons de santé pluridisciplinaires, augmentation du numerus clausus, création des contrats d'engagement de service public. Le programme de François Hollande se concentre lui sur l'hôpital public...

Christine Vahdat

Christine Vahdat

Christine Vahdat est gynécologue et obstétricienne.

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La santé n’aura pas été un thème particulièrement mis en avant durant la campagne. Pourtant, la crise n’est pas moins réelle dans ce domaine que dans d’autres. L'exercice libéral est devenu de plus en plus difficile. Les vocations se font de moins en moins nombreuses. Certains de nos confrères dévissent leur plaque. La relation avec le Gouvernement n'a peut-être pas toujours été sans nuage. On peut sûrement concéder que Nicolas Sarkozy n'a pas répondu à toutes nos difficultés. En cinq ans le pouvait-il seulement ? Mais les efforts ont été réels. Avec François Hollande en revanche, le réveil risque d’être douloureux. Ses déclarations d'intention sont une ode au secteur public. L’exercice libéral n’a pas sa place dans le programme socialiste. Alors moi, professionnel de la santé exerçant en libéral et ne reniant pas mon choix. Moi qui suis attaché à la médecine de proximité, je voterai le 6 mai pour Nicolas Sarkozy. Et voici trois raisons pour lesquelles il me semble que l’ensemble des médecins libéraux doivent en faire autant.

La position du candidat de gauche doit d’abord inquiéter par son ambiguïté. Alors que le programme socialiste parle de contraindre les jeunes libéraux à s'installer dans certaines zones, le candidat Hollande parle de limiter l'installation… Qui faut-il croire ? Notons de plus qu’il lui faut désormais compter avec Monsieur Mélenchon et Madame Joly. Monsieur Mélenchon ne veut-il pas « créer des centres de santé avec des médecins salariés, intégrés dans des réseaux de santé avec les hôpitaux » ? N'accuse-t-il pas les libéraux de tous les maux au point de vouloir très vite « développer une alternative à l’exercice systématique en libéral » ?

Pour répondre au défi de la démographie médicale, Nicolas Sarkozy a fait le choix de l'incitation, sans jamais dévier de cette ligne. Il a soutenu et amplifié la création de maisons de santé pluridisciplinaires que nous, libéraux, avions imaginées. Il a augmenté le numerus clausus. Nous le demandions. Il a créé les contrats d'engagement de service public pour encourager les jeunes diplômés à s'installer dans les territoires qui ont le plus besoin de leur présence. Des pistes sont tracées : le développement des stages en ambulatoire, la découverte de l'exercice libéral au cours des études, le soutien à l’installation. Il faudra d'autres mesures bien sûr. Il faudra parler de la rémunération aussi. Mais l'essentiel est là : le refus de toute forme de coercition et l'attachement à l'essence même du libéral.

Nous sommes par ailleurs nombreux à nous opposer, à raison, à l'hospitalocentrisme. Or le programme de François Hollande n’est rien d’autre qu’une louange à l'hôpital public. Il veut en effet le renforcer financièrement, en nous endettant toujours davantage, et en fait le « cœur du système de santé ». Il en est l'alpha et l'oméga. Hors les murs de l'hôpital point de salut. C’est là une erreur tragique. Lorsque François Hollande répète qu'il veut rassembler, il devrait commencer par refuser l’opposition stérile entre le secteur public hospitalier et le secteur privé. Faut-il rappeler que les missions de service public font l'objet de financements spécifiques et que les cliniques privées n'en bénéficient pas ou peu ? Or une clinique qui ouvre 24h/24 pour accueillir des urgences ne remplit-elle pas une mission de service public ? Les professionnels de santé ont tous le même idéal : soigner. Ils offrent sur chaque territoire une réponse aux besoins de la population et c'est ne pas rendre justice aux professionnels libéraux que de les stigmatiser.

Nicolas Sarkozy a lui compris que la diversité du système de santé constitue une richesse pour les patients. Il n'oppose pas l'hôpital à la ville. Il veut les voir travailler ensemble, davantage et mieux. Il veut un hôpital fort et une médecine libérale forte. C'est la voie qu'il a tracé durant le quinquennat.

Faire confiance à la médecine libérale, c'est lui donner la place qu'elle mérite dans le système de santé. Quel sera le visage du système de santé dans cinq ans si François Hollande est élu ? Qu’adviendra-t-il de nos métiers ? Reconnaissons une qualité à M. Hollande : l'habileté. Celle d’abandonner momentanément les références au projet socialiste pour mélanger dans son programme ce qui a déjà été mis en place par le Gouvernement actuel et les propositions de Nicolas Sarkozy. Mais ne nous leurrons pas : l'hospitalocentrisme se déguise. Et la lune de miel ne sera pas rose longtemps.

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