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La France face à la perte de la maîtrise de son territoire : ces victimes oubliées de la vague criminelle en cours
©Hegor

Victimisés et abandonnés

La France face à la perte de la maîtrise de son territoire : ces victimes oubliées de la vague criminelle en cours

Selon le criminologue Xavier Raufer, la France "périphérique" est aujourd'hui le "parent pauvre de la sécurité", dans lequel se développe une insécurité croissante, mal traitée par les médias. Il écrit notamment : "Pour ces bobo-journalistes, le crime et ses victimes sont d'"anxiogènes" et négligeables faits-divers." Quatrième et dernier volet d'une série sur la sécurité en France.

Xavier Raufer

Xavier Raufer

Xavier Raufer est un criminologue français, directeur des études au Département de recherches sur les menaces criminelles contemporaines à l'Université Paris II, et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. Dernier en date:  La criminalité organisée dans le chaos mondial : mafias, triades, cartels, clans. Il est directeur d'études, pôle sécurité-défense-criminologie du Conservatoire National des Arts et Métiers. 

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Territoires Ô combien incontrôlés, ces quartiers dits "difficiles" dans l'officielle rhétorique-Bisounours. En réalité, les ghettos vivant de l'économie souterraine ; d'abord, du trafic de stupéfiants. Sur ce front là, policiers et gendarmes du terrain, agents municipaux - même, les travailleurs sociaux intègres - sont unanimes. Le deal de quartier est impossible à éradiquer (quand on agit comme aujourd'hui), il se reconstitue sur le champ. 

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> Lire aussi l'épisode 1 : Maîtrise du territoire et autorité de l'Etat : la descente aux enfers de la France

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> Lire aussi l'épisode 2 : La France face à la perte de la maîtrise de son territoire : la justice en perdition

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> Lire aussi l'épisode 3 : La France face à la perte de la maîtrise de son territoire - l'explosion de "braquages" de proximité

Un gang de dealers démantelé, une autre le remplace. Les "nouveaux" manquent de main d'œuvre ? Ils recrutent des "intérimaires" dans les cités voisines. Autour des lieux de deal des cités, les bandits contrôlent toujours l'identité des passants - il faut montrer sa carte d'identité pour rentrer chez soi ! Le travail policier souffre de l'agilité de malfaiteurs ayant compris que leurs portables les trahissaient, et les délaissent. Les talkie-walkie sont de retour. 

Les zones de sécurité prioritaires ? Effet de déplacement et communication disent ces acteurs de terrain. A l'échelle du "bassin de criminalité" d'une métropole, l'effet est quasi-nul. 

Flagrante, la criminalisation des couronnes métropolitaines n'est cependant pas la seule. Il en est une autre, insidieuse mais grave, celle de la "France périphérique", comme le dit la géographie humaine. Parsemé de centaines de villes petites ou moyennes - 33 000 communes, 58% de la population métropolitaine - ce vaste espace périurbain et rural est le parent pauvre de la sécurité. 

Les villes ? C'est la police. La campagne profonde ? La gendarmerie. Entre les deux, une friche sécuritaire : peu d'effectifs, ni doctrine ni vision, nul plan sérieux de retour à l'ordre. Une population modeste et laborieuse toujours plus consciente d'être seule face à l'insécurité.

Le mépris qu'éprouvent les salariés de la presse-des-milliardaires pour ces modernes manants aggrave les choses. Pour ces bobo-journalistes, le crime et ses victimes sont d'"anxiogènes" et négligeables faits-divers. Agents d'ambiance de la DGSI (Davos-Goldman-Sachs-Idéologie) plus que journalistes, ils ont pour mission de présenter comme agréable, une réalité qui, pour la France périphérique, l'est toujours moins.

En majorité, la classe politique conçoit mal ce que vit la France périphérique. Il ne faut pas être "clivants"... ni "jeter de l'huile sur le feu". Voici peu, un responsable libéral du Nord qualifie Mme. Taubira de "femme courageuse qui fait honnêtement son travail". Combien de politiciens perpétuent les chatoyantes âneries d'un Victor Hugo (le gentil coupable... le méchant juge), de celles qui parsèment par exemple le "Dernier jour d'un condamné" : "On regardera le crime comme une maladie et cette maladie aura ses médecins qui remplaceront vos juges ; ses hôpitaux qui remplaceront vos bagnes. La liberté et la santé se ressembleront.". Pauvre Victor.

La population vit tout cela très mal. D'abord, ses politiciens : (sondage de juin 2015) "incapables de proposer des solutions efficaces" : oui, 91% ; "loin des préoccupations des français" : oui, 90%

Depuis deux ans ainsi, sondage après sondage, des Français exaspérés exigent moins de laxisme, plus d'ordre.

(mars 2013) "perpétuité réelle sans libération possible pour les crimes les plus graves" : tous les Français oui, 92% ; de gauche, oui, 88%

(octobre 2013) "la justice doit être réformée en profondeur" : oui, 59%

(mars 2014) "la justice fonctionne mal" : oui, 77% - "les juges sont soumis au pouvoir politique et pas assez sévères" : oui, 62%.

Tout éloigne désormais la caste-bobo de la population : les statistiques ethniques ? les Français sont pour. La peine de mort ? Une majorité y est désormais favorable (mai 2015) - même 36% des sympathisants du PS ! 

Le "racisme" obnubile les bobos ? Deux-tiers des Français s'en fichent (avril 2015). (Octobre 2015) "expulsion systématique à l'issue de leur peine des étrangers condamnés pour crime" : oui, 83% ; sympathisants PS 73 %.

Pendant ce temps, les médias-des-milliardaires retombent dans leur soixante-huitarde enfance. En juin dernier, "Libé" s'exalte ainsi du retour d'une des plus sinistres pitreries de la contre-culture, cette antipsychiatrie qui ravagea longtemps la clinique des pathologies mentales : un "cortège bariolé ... unique, loufoque, courageux" de cas pathologiques et patients divers. Le titre "Fadas et fiers de l'être". Ainsi disparaît le réel, d'abord le réel criminel, de la presse bobo.

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