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Laurent Wauquiez estime qu'il faut encourager ceux qui réussissent.
Laurent Wauquiez estime qu'il faut encourager ceux qui réussissent.
©Flickr

Tribune

La France doit ré-apprendre à encourager ceux qui réussissent

Dans une tribune pour Atlantico, le député de Haute-Loire et vice-président de l'UMP estime que la priorité doit être d'encourager ceux qui réussissent et font des efforts au lieu de vouloir mettre en œuvre une politique fiscale confiscatoire.

Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez est un homme politique français, membre de l'UMP. Député de la Haute-Loire, il est également vice-président de l'UMP depuis janvier 2013.

 

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Si Flaubert réécrivait son Dictionnaire des idées reçues, il pourrait aujourd’hui aisément remplacer « Talleyrand » par « Riches » : « s’indigner contre », et surtout sans faire de distinction. En détruisant progressivement le rapport au travail et à l’effort, et en faisant d’une certaine catégorie de la population un véritable bouc-émissaire, il aura en réalité fallu deux ans au gouvernement pour qu’il finisse de sabrer le rapport -déjà quelque peu tourmenté- de notre pays à la réussite. Tant et si bien que la France est devenue malade d’un phénomène de plus en plus inquiétant : la stigmatisation systématique des plus aisés.

Si l'aisance matérielle ne doit en aucun cas être synonyme de passe-droit, s'il n’est évidemment pas question de s'apitoyer sur le sort des privilégiés, il convient de ne pas leur jeter trop vite l’opprobre et de traiter avec justesse tous ceux de nos compatriotes qui contribuent à la richesse de notre pays, créent des emplois, dynamisent ou financent l’économie, et encouragent l’innovation. 

Posons-nous les bonnes questions : l’urgence n’est pas à monter certaines catégories de la population les unes contre les autres, mais à se demander ce que nous devons faire afin que notre pays puisse redevenir attractif. La France doit ré-apprendre à encourager ceux qui réussissent, au lieu de vouloir mettre en œuvre une politique fiscale toujours plus confiscatoire, et d’être incapable de rompre avec les tabous autour de l’ISF, ou encore de l’idée inepte de taxer au même niveau le travail et le capital. 

Tout se passe comme si le refus délibéré de se poser les bonnes questions s’expliquait par la peur du gouvernement de faire face à ses propres errements –aberrations qui l’empêchent d’entreprendre les réformes essentielles que nous devrons pourtant mener autour de plusieurs enjeux majeurs : comment repenser le périmètre d’action de l’Etat afin de réduire la dépense publique et les déficits ? Comment adapter notre fiscalité à l’heure de la mondialisation ? Comment réformer un système social à bout de souffle ? 

Ceux qui, à entendre certaines déclarations récentes du gouvernement, ont cru pouvoir espérer un virage économique doivent s’attendre à de nouvelles désillusions : dans quel autre pays au monde le Ministre de l’Economie –et des Finances- se croit-il obligé d’ajouter le qualificatif « bonne » à finance – en provoquant tout de même un tollé ? Cela supposerait d’avoir un courage politique dont cette majorité manque définitivement, et de ne pas se contenter de railler trop vite les exemples étrangers, à l’image de la politique menée par David Cameron au Royaume-Uni. 

L’attitude de François Hollande est aujourd’hui suicidaire ; si elle se poursuit, elle conduira irrémédiablement à faire fuir ceux qui ne sont pas encore partis. La situation est d’autant plus dramatique qu’il est absolument essentiel de ne pas décourager la jeune génération qui est de plus en plus attirée par des horizons qui lui semblent plus attractifs : selon les dernières statistiques, un quart des jeunes diplômés souhaiteraient trouver un emploi à l’étranger. Combien en reviendront ?

Il ne faut pas sous-estimer le danger que représente pour un pays le fait de se vider de ses talents. Or, au moment où la France a besoin d'un renouveau profond de son modèle, où il est plus que jamais nécessaire de conjuguer les forces pour aboutir à un nouveau paradigme de société, il est d’autant plus important que chacun – y compris et surtout au gouvernement – fasse preuve de responsabilité et sorte des postures qui consistent à désigner des cibles trop faciles. 

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