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Marine Le Pen apparaît comme l’incarnation parfaite de la fascination du pire.
Marine Le Pen apparaît comme l’incarnation parfaite de la fascination du pire.
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Dans la tête des classes moyennes

La fascination du pire

Plus de 120 Français des classes moyennes scrutés pendant un mois : c'est l'étude qui vient d'être menée début 2011, sur la plateforme fermée FreeThinking. La France du milieu vue par elle-même : un feuilleton en cinq épisodes. Saison 1, épisode 2...

Véronique  Langlois et Xavier Charpentier

Véronique Langlois et Xavier Charpentier

Véronique Langlois et Xavier Charpentier ont créé en mars 2007 FreeThinking, laboratoire de recherche consommateur 2.0 de Publicis Groupe.

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Notre pays a peur. Peur de l’irréversible pour une minorité non négligeable, qui avoue avoir "lâché l’affaire". Dans notre étude, les membres de notre panel se lâchent : "ce qui va bien en France, je n’en sais rien !!!! Et je suis sur que ça ne va pas aller en s’améliorant en 2011!!! Parole d’une personne bientôt licenciée". Ceux-là  - 20% des contributions lors de la partie du débat qui y était dédiée - assument un pessimisme radical. Que faudrait-il faire pour aller mieux, ensemble ? Rien, c’est trop tard. Pour eux, la partie est perdue.

Le monde parallèle des élites

Peur pour la plupart d’être lâchés en rase campagne par des dirigeants qui les ont conduits dans l’impasse : "Je dirais juste que le système dans lequel nous vivons et que nous avons construit va droit dans le mur, et que ce mur est très épais". Lâchés par des élites – politiques, économiques  - qui sont en train de devenir à leurs yeux "les Autres", vivant non plus "au-dessus" mais littéralement dans un monde parallèle. Sans projet ni idée. Sans vraie envie de diriger non plus, vivant "le plus souvent pour ne pas dire quasiment toujours en totale déconnexion avec la réalité et les besoins réels du peuple".  Dans un "monde d’à côté".

Marine Le Pen : une "Ségolène Royal de droite"

Peur de la catastrophe d’un 21 avril bis aussi. Car la conséquence ultime de tout ceci, c’est le phénomène Marine Le Pen, qui apparaît comme l’incarnation parfaite de cette fascination du pire. 32% pronostiquent, sans le souhaiter, un duel entre Marine Le Pen et DSK ou Nicolas Sarkozy au deuxième tour de l’élection présidentielle. Convaincus que la perspective d’un 21 avril de droite ou de gauche est non pas plausible, mais probable, ils se sentent capables d’expliquer pourquoi : "Pour moi l’hypothèse du 2nd tour, sera Sarkozy-Le Pen avec un taux d’abstention record aux urnes".

Pour eux, non seulement Marine Le Pen est toujours un choix de rupture mais qu’au-delà de la provocation, elle devient une candidate de deuxième tour "réaliste", moderne, nouvelle, une "Ségolène Royal de droite".  Et surtout la représentante d’un parti qui est le seul à voir la société française telle qu’elle est et non telle qu’elle devrait être : "Il n’empêche que le FN pose les questions qui dérangent, dit les choses que certains d’entre nous pensent tout bas. En cela, cela prouve au moins que ce parti a le devoir d’exister".

Un Front National qui a "le devoir d’exister", un deuxième tour fantasmé impliquant Marine Le Pen : "ça va mal finir", une phrase qui a de l’avenir...

(2ème épisode sur 5)

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