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La dette allemande lâchée par les investisseurs : mais où mettre son argent, désormais ?
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Zone franche

Les investisseurs fuient désormais la dette allemande : trop bien notée, elle ne rapporte plus que des clopinettes. Les riches ne sauront bientôt plus quoi faire de leur pognon…

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est écrivain et journaliste. Son dernier roman : La vie, au fond, Intervalles, 2022

 

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Riche et en bonne santé, est-ce que c’est forcément mieux que pauvre et malade ? Pas toujours. Témoin, l’incapacité du Trésor allemand à placer, hier mercredi, 6 milliards d’euros d’obligations d’État sur les marchés pour cause de taux d’intérêts insuffisamment élevés

Eh oui, l’investisseur est comme ça : trop de risque, il met les voiles ; pas assez de rentabilité, il met les bouts. La dette grecque, même ultra-rémunératrice sur le papier, il ne veut plus entendre parler, mais la dette allemande, authentique placement de père de famille, il commence aussi à s’en lasser.

Il faut dire qu’à 1,9% à dix ans (contre 3,5% pour la dette française), autant s'ouvrir un Livret A. C’est d’ailleurs à se demander si ce n'est pas la nôtre, de stratégie, qui est la plus maline : des fondamentaux pourris mais pas trop ; juste le bon mix de mauvaise gestion et d’attitude raisonnable.

Après tout, nos taux à nous n’ont jamais été aussi bas même si ce fichu triple A joue avec nos nerfs à longueur de journée.

D’ailleurs, même le vrai meilleur élève de la classe, la Suisse ― plus forte encore que l’Allemagne et ses constructeurs automobiles qui embauchent et ses baisses d’impôts ― finit par en prendre plein la poire avec sa monnaie qui s’envole...

De fait, l’Allemagne finit par jouer perdant à tous les coups : qu’elle récupère son mark chéri et fasse cavalier seul et plus personne n’achètera ses produits hors de prix ou sa dette à rien pourcent ; mais qu’elle reste borgne au royaume des aveugles et la cata n’est pas loin non plus.

Notez que ceux qui souffrent le plus, au final, et l’on n’entend pas grand monde les plaindre, ce sont bien les investisseurs. Ils ont du pognon à ne plus savoir qu’en faire et nulle part où le caser. Tiens, même l’or est en train de se casser la figure désormais, c’est dire. Il reste bien l’immobilier parisien, mais ça risque de ne pas suffire aux dizaines de milliards de brouzoufs coincés dans les paradis fiscaux des publicités humanitaires !

Franchement, si c’est dans ce contexte qu’on parle de mettre Liliane Bettencourt à l’amende au prétexte qu’elle se débrouille pour offrir un rendement raisonnable à ses économies, c’est plutôt un salaire de consultant qu’il faudrait lui verser pour en faire notre Warren Buffet nationale.

Et puis, "sage de Neuilly" comme surnom, ça aurait plus d’allure que Mamie Zinzin.

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